• Pour ne pas perdre le nord (minuscule en général, majuscule quand il s'agit de la région d'un pays) ; pour ne pas donner du mister (Mr) à monsieur (M.) ni de trait d'union à saint Jacques, sauf quand c'est le nom d'une église ( Saint-Jacques-de-Compostelle); pour distinguer le Premier ministre du président de la République, même si l'un rêve toujours d'être l'autre; pour laisser leur minuscule au roi et à l'empereur sauf en cas de mégalomanie (Napoléon); pour ne pas écrire 1ère mais 1re; pour conserver l'accent sur les capitales, donc la lisibilité d'un texte en dépit de toutes les paresses et de toutes les pressions numériques... bref,pour ne pas se perdre, un seul fil d'Ariane, le Lexique des règles typographiques. C'est la bible de tous les académiciens quand ils rédigent le Dictionnaire, la règle du jeu de la langue française. Le jeu en vaut la chandelle.

  • Un puissant cheval

    André Houot

    Dans une période lointaine de l'Antiquité, deux frères jumeaux d'une cité grecque se retrouvent séparés lors de l'attaque de leur convoi dans les confins de la steppe.
    L'un est fait prisonnier et tente de survivre dans un pays aux moeurs inconnus, tandis que l'autre brave les dangers pour rejoindre sa patrie perdue, animé par la soif de vengeance.
    Cette formidable épopée se mêle au récit des aventures d'un pilleur de tombes en URSS au milieu du XXe siècle, qui fait par hasard une étrange découverte... La profanation à laquelle il se livre le conduira un court instant dans l'impossible espace temporel de deux mondes que deux mille cinq cent ans séparent.

  • Le mouvement des couleuvres, premier recueil de Gabrielle Roberge, s'ancre dans le quotidien d'une jeune femme vivant à la campagne avec ses enfants. Naviguant entre le vers et la prose, au plus près du réel, l'écriture de Gabrielle Roberge est traversée par les manifestations de la nature, par un animisme et une mystique tous personnels en lien avec le monde animal et végétal. Avec en filigrane une réflexion sur la maternité et la simplicité, sur la place et la représentation du corps féminin au quotidien, Le mouvement des couleuvres est un livre qui fait du bien. Le soin, la douceur et la patience sont au coeur de ce recueil.

  • Te dire où

    Sara Dignard

    Sara Dignard se lance en quête de ses propres origines. Dans une suite de poèmes brefs, elle rend hommage à sa propre hérédité. Sur les traces de sa mère, et de sa grand-mère qui s'est ôté la vie juste avant sa naissance, Sara Dignard interroge son propre rapport à la maternité, à la fragilité et à l'épuisement du corps et de l'esprit. Un second recueil d'une grande maturité, qui relève haut la main le pari de la mise en danger, et ose, sans pathos, parler de vulnérabilité.

  • Belleville Mamie Blues retrace l'histoire de la grand-mère de l'auteur, de sa naissance dans un shtetl des environs de Tarnów en 1911, au Belleville de Willy Ronis, qui l'accueillit à l'aube de ses dix-huit ans. Ce furent les années folles, un bonheur entraperçu, puis vinrent la guerre, l'exil, la peur, avant la libération et une vie à reconstruire. Remontant le temps à la recherche de ses racines, l'auteur s'interroge sur l'héritage laissé par cette grand-mère.

  • Bienôt déjà hier

    Danielle Bastien

    • Academia
    • 4 Septembre 2020

    Une femme, errant sur la plage, est découverte par une nuit glaciale de novembre à Berck-sur-Mer, au nord de la baie d'Authie. Elle est frappée d'amnésie. Elle ne sait plus qui elle est et ne possède qu'un petit sac contenant des lettres manuscrites qu'elle ne reconnait pas. Antoine Dambron, jeune gendarme berckois, est chargé de l'enquête. Démarre alors un thriller psychologique qui va surprendre les lecteurs pour les amener à tisser la résolution des énigmes, mais aussi à découvrir ce qui, dans l'histoire longue de chacun de nous, a construit notre identité sans que nous le sachions.

  • Ce livre est un élan de tendresse envers une petite cité ouvrière, celle de Chedde, au pied du Mont-Blanc, où toute une vie sociale s'est peu à peu éteinte sous les coups impitoyables de la désindustrialisation et de la financiarisation de l'économie. Ce récit impressionniste qui repose sur les souvenirs d'enfance de l'auteur, nous livre des bribes de cette mémoire sociale. C'est aussi un cri d'indignation et de colère. La petite cité, toujours considérée comme une verrue au pays de l'or blanc, est en effet aujourd'hui sacrifiée servilement pour répondre aux basses besognes de l'économie touristique du Pays du Mont-Blanc.

  • Comme je me sens fatiguée, usée et disgracieuse. Jamais je ne me suis trouvée aussi pitoyable. Je ne suis pourtant pas une vieillarde : pas même quinquagénaire ! Je sais que je ne devrais pas me mettre dans un état pareil. J'essaie de me raisonner, mais c'est plus fort que moi. J'avais pourtant fière allure, avec ma façade arrondie et mon parterre de roses grenat, sur lesquelles tous les passants se retournaient. J'étais toujours impeccable et pimpante. Maintenant, j'ai l'impression que ma vie est derrière moi, que je suis au bout du rouleau de mes ressources physiques et psychiques. Que vais-je devenir ? Tous ceux qui m'ont chérie sont partis. Quel triste sort ! J'ai si peur de l'avenir. Qui va vouloir de moi ? Au centre du récit : la maison des grands-parents paternels. Chargée d'objets, d'histoires, de souvenirs, elle est un personnage à part entière et n'hésite pas à prendre la parole. Entre elle et l'autre narratrice, unique petite-fille et dernier maillon vivant de cette branche familiale, s'amorcent un dialogue, un pas de deux et une transformation réciproque. Le récit, qui met aussi en scène une galerie d'humains et quelques chats, s'approche par instants de la frontière entre le monde des vivants et celui des disparus.

  • Au cours d'une expérience de mort imminente, le narrateur prend conscience de ses natures multiples. Dans l'oisiveté de sa convalescence, il développe un regard libéré du pré-formatage du cerveau humain pour son appréhension de la réalité. À partir de principes de physique non classique, il transcende les échelles de grandeur, abordant des phénomènes qui nous intriguent par une approche différente. Solidement scientifique et à la fois doucement romanesque, Déstructuration nous ouvre des possibilités infinies et nous initie à appréhender notre propre univers comme nous ne l'avons jamais fait.

  • Florence, Italie. Un couple de collectionneurs décide de vendre un mystérieux tableau dont il a hérité. Persuadés de détenir une oeuvre de Caravage, les époux placent tous leurs espoirs en Sarah, experte en peinture de la Renaissance, afin de réaliser un projet culturel d'ampleur. L'impatience des collectionneurs, les enjeux financiers et les rivalités inhérentes au monde de l'art déstabilisent Sarah, qui doit également dissimuler ses sentiments naissants et incontrôlés envers Lucas, l'argentier du couple. Peu à peu, la découverte de l'oeuvre laisse place à des révélations sur l'histoire mystérieuse de la famille. Caravage aurait-il dissimulé un message dans ce tableau inconnu aux yeux de tous ?
    L'ombre de Caravage dépeint une histoire fictive et intrigante sur les secrets des grands peintres, l'ambition des experts et les méthodes pour valider l'authenticité d'une oeuvre, dans un paysage florentin séduisant.

  • En mai 2019, Évelyne Frank pose une question au professeur Maloisel, oncologue : « Enseignante, puis-je acheter mon cahier de texte pour septembre ? ». Souriant très doucement, il répond : « Vous pouvez acheter votre cahier de texte pour septembre. Je crois même qu'il y aura plusieurs cahiers de texte encore. » Elle parlait, ici, de son outil de travail. Mais il y eut aussi ce « cahier de textes », avec « texte » au pluriel : l'auteure a mis par écrit des réflexions au fil des jours, quelques mois avant l'atteinte de la France par le coronavirus et ceci jusqu'à l'entrée en confinement.

  • Il y a dans la limaille des mots de ces bouts de fer qu'aucun estomac à la tête ne digère sainement. De ces limaces de mots qui rampent dans la phrase, qui embarrassent l'auteur mais contre lesquelles il ne peut rien. L'image construite est une image d'ailleurs. Et pour aller chercher l'ailleurs, force est de briser le lieu commun de l'image tenue dans les rets d'une langue standardisée. Mon travail consiste à faire basculer l'image dans ce monde-ci. Pour le plaisir des yeux et de l'écoute.

  • Ce recueil rassemble sept histoires d'artistes dont les vies s'inscrivent dans le désordre international et l'étau de la lutte hégémonique au Proche et Moyen-Orient. Là où l'information prend le pas sur la vie, il existe une frontière ténue que seule la fiction peut oser franchir. Raconter comment et pourquoi certaines femmes et certains hommes se révoltent, rêvent et agissent face à l'adversité du monde : c'est montrer que même dans l'ombre peuvent naître des jardins. Inspirés de voyages, de lectures et de maintes revues de presse, les parcours présentés ici interrogent le lecteur sur les vies qui se cachent derrière les brèves qu'ils consomment à la chaîne.

  • Qu'avons-nous traversé durant cinquante-cinq jours d'un printemps confiné ? L'auteure observe à la loupe le quotidien et l'intimité d'un couple, à travers un récit qui s'apparente davantage à un carnet de voyage qu'à un simple journal de bord. Elle suit les jours qui s'égrènent et zigzague aussi dans le temps passé ou à venir, brouillant parfois les repères auxquels il a fallu renoncer. Elle interroge le couple, le sien, dans cet isolement forcé pour survivre au virus. Mais son récit déborde largement ce cadre et questionne notre rapport aux autres, à l'absence et peut-être au silence des brèves promenades autorisées.

  • De courtes nouvelles, de courts récits. Des impressions dans le sens photographique ou typographique. Moments qui marquent leur empreinte et modifient parfois le futur. Mais seulement des impressions. Peu de certitudes. Toute la place laissée à l'ambiguïté, à la multiplicité des lectures.

  • Après dix premières années sur scène en Pologne et de nombreux essais et romans, Gabriela Zapolska fait un séjour de six ans à Paris (1889-1895). Cet ouvrage regroupe des traductions d'articles qu'on ne retrouve plus en librairie - sur la vie théâtrale du Paris de cette époque, avec des portraits bien brossés, et sur l'Exposition universelle.

  • Qu'a-t-on le droit de dévoiler des autres à travers une oeuvre d'art ? Au risque de tous les abandons, Odile est devenue peintre. Quel mystère dissimule son dernier portrait ? Deux familles dont les vies s'entremêlent. Des rencontres qui reniflent la part de soi chez les autres. Des liens fraternels suspendus à un fil. Des amitiés reconstructrices. Un roman choral aux entrelacs de couleur, de guitare et de secrets.

  • Si vous la voyez

    Anne-Catherine Deroux

    • Academia
    • 29 Janvier 2021

    Et vous, si vous aviez trouvé votre bonheur, sauriez-vous le conserver ?
    Marc a trouvé le sien. Une petite ville, bâtie sur la Sambre namuroise, dont il est tombé amoureux. Pour elle, il se sent prêt à tout, jusqu'à lui sacrifier tous ses revenus. Il s'y sent si bien. Marc veille jalousement sur son secret. Mais saura-t-il en prendre soin ? Car cette ville a une singularité : elle est invisible. Personne ne sait qu'elle existe.

  • La Guyane a été confinée à partir du 17 mars 2020, puis a gardé un couvre-feu strict chaque jour à 17 heures jusqu'aux « grandes vacances » : aucune école, aucun collège, aucun lycée n'a ouvert ses portes aux élèves de mars à juillet. Aucune structure sportive ou culturelle n'a pu non plus les accueillir. Comment renaître après six mois de limites de nos libertés ? Dans ce deuxième tome, de nombreux élèves de 11 à 19 ans ont exploré la capacité du langage à dire le monde complexe, à s'échapper du réel ou au contraire à mieux le comprendre et à dépasser le simple constat du manque et de l'absence : ils nous livrent des contes, des récits d'aventures, des déclarations d'amour, des analyses de ce que ce temps a changé en eux.

  • De la bibliothèque de son enfance, où elle puisa le goût des mots, Françoise Loiret nous fait partager des lectures éclectiques et sans a priori : d'Albert Camus à Dorothée Letessier .
    Fascinée par le monde de l'édition, le saint des saints, elle y devient standardiste et rencontre ainsi de nombreux auteurs dont François Cheng, Jeanne Champion, Philippe Murray, Régine Deforges et tant d'autres !
    Dans ce récit, Françoise Loiret brosse notamment un émouvant portrait de Claude Durand, l'inoubliable éditeur de Cent Ans de solitude, et nous fait découvrir « personnellement » un milieu éditorial méconnu
    Julien Cendres évoque le parcours de son amie dans une « lettre » à Pierre Assouline, qui fut à l'origine de l'aventure singulière racontée « au fil de ces pages »

  • « Kan moin la tandi lo roi dan lé boi, la rèn la arivé... J'ai entendu le roi dans les bois, la reine est arrivée... Lancinant, agressif, le son du roulèr et du kayanm. Mépris proche du dégoût pour ces soirées d'oubli et de liesse où se retrouvaient les déshérités du quartier. Danse de sauvages, maloya qui faisait se trémousser son père et sa mère ! Dans un livre, la légende sous l'image : « Les esclaves africains se réunissaient parfois pour danser sur des rythmes qui n'avaient rien perdu de la sauvagerie de l'Afrique.» Elle n'avait vu ni roi ni reine, avait déchiré la page du livre. Elle avait honte. »

  • Cette pièce a été écrite à partir de la tragédie Horace de Pierre Corneille, dont le cinquième acte est entièrement dédié au procès d'Horace. Elle entremêle alexandrin classique, langage juridique et prose introspective. Cette pièce interroge notre soif de justice, nos barrières morales, le regard que nous portons aux victimes et le redoutable instant où nous croyons nous reconnaître dans le coupable que nous accusons...

  • L'amour 1900

    Eliane Kherris

    Une adaptation théâtrale sur le thème du couple, réalisée à partir de scènes ou de pièces d'auteurs de la seconde moitié du 19e siècle et du tournant du 20e : Eugène Labiche, Henry Becque, Anton Tchekhov, Georges de Porto-Riche, Jules Renard, Tristan Bernard, Georges Feydeau, Sacha Guitry. Au-delà de la peinture d'une société révolue et d'un voyage dans le temps de la Belle Époque, une analyse subtile des sentiments qui donne à ces « folies bourgeoises » des résonances très modernes.

  • "Selon « Notes en patins à roulettes » Nina Zivancevic nous fait entendre qu'il s'agit bien de quatre langues sur lesquelles elle sinue de vivants qui l'ont quittée en morts qu'elle rejoindra comme chacune, chacun, un jour de promesses aux dieux. [...] A travers ce recueil, nous faisons connaissance et/ou re-connaissance de, avec Nina Zivancevic, un être du souci d'elle a-travers l'aimance des autres dont elle ne lâche rien pour le meilleur de leur mémoire en nous, le plus tendre de notre adresse silencieuse à eux : philosophes, poètes, comédiens, artistes, anonymes de lettres."
    Philippe Tancelin

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