Récit

  • épiphanie

    Peggy Beyer

    «On ne fait jamais son deuil d'une mère, je crois. On la porte en soi comme elle nous a porté. On enfante de sa mort, dans un corps recréé, visité par ce que l'on a cru percevoir au moment de son départ.
    Tout s'entremêle, tout est lié.
    Commencer par la fin me donne envie de te redonner vie, comme une conteuse le ferait à partir de ce qu'elle a entendu, reçu, avec mes mots, mon histoire, ce que tu m'as raconté, ce que tu as omis, ce qui m'a échappé et ce qui me reste de ton passage.»

    Un premier livre tout en pudeur, adressé aux mères toujours trop tôt disparues.

  • « À nous, parents inquiets et ignorants, la recherche fébrile dans les dictionnaires médicaux, le décryptage impossible des graphiques d'électro-encéphalogrammes et l'interprétation plus que hasardeuse des
    bilans biologiques. Le regard froid et technique des médecins blasés, leur arrogance expérimentée, hautaine et fuyante. De l'autre côté, la maladresse et l'extrême compassion des amis et de la famille n'arrangeaient rien. Leur compassion maladroite et pesante nous hérissait, on s'empêchait de les repousser avec brusquerie, ce n'était pas le moment de parler ou de partager, c'était juste le moment de comprendre et de se battre. C'était le moment de crier en silence. »

    Un jour, en rentrant de vacances, Alexandre, 8 ans, fait une crise. Panique générale. La vie bien ordonnée de sa mère s'effondre. Qu'importe le chemin retrace le combat à contre-courant d'une mère et de son fils. Diagnostiqué épileptique, Alexandre sera un petit garçon fragile et sensible, puis un jeune homme en proie à de lourdes addictions qui lui feront connaître les tourments de la rue et la violence de l'enfermement psychiatrique. Sa mère sera présente à chaque instant. Sans jamais céder au désespoir ni au fatalisme, Martine Magnin livre un témoignage poignant et sincère sur l'amour d'une mère face à un enfant en dérive.

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