Sous-sol

  • PRIX FEMINA ETRANGER 2020

    Deborah Levy revient sur sa vie. Elle fuit à Majorque pour réfléchir et se retrouver, et pense à l'Afrique du Sud, ce pays qu'elle a quitté, à son enfance, à l'apartheid, à son père - militant de l'ANC emprisonné -, aux oiseaux en cage, et à l'Angleterre, son pays d'adoption. À cette adolescente qu'elle fut, griffonnant son exil sur des serviettes en papier. Telle la marquise Cabrera se délectant du "chocolat magique', elle est devenue écrivaine en lisant Marguerite Duras et Virginia Woolf. En flirtant, sensuelle, avec les mots, qui nous conduisent parfois dans des lieux qu'on ne veut pas revoir. Ce dessin toujours inédit que forme le chemin d'une existence.
    Ce que je ne veux pas savoir est une oeuvre littéraire d'une clarté éblouissante et d'un profond secours. Avec esprit et calme, Deborah Levy revient sur ce territoire qu'il faut conquérir pour écrire. Un livre talisman sur la féminité, la dépression, et la littérature comme une opération à coeur ouvert.

  • L'oeuvre de Deborah Levy est marquée par un vaste projet autobiographique, dont Le coût de la vie, constitue le volet central. Dramaturge, poétesse et romancière anglaise, l'autrice revient sur sa vie.
    À l'âge de 50 ans et après des décennies d'une vie de famille au nord de Londres, Deborah Levy se retrouve à la dérive, et sans aucune envie de revenir en arrière. Faussement simple, passionnant d'intelligence, le récit avance pas à pas, dévoilant peu à peu un projet d'autobiographie vivante. L'histoire banale et tragique parce que répétée d'une femme qui s'est jetée à corps perdu dans la quête de l'amour et du travail pour créer un foyer, univers qui s'avère répondre aux besoins de tous sauf d'elle-même. Pas tant un récit qu'un manifeste de ce que Déborah Levy appelle « une nouvelle façon de vivre », Le coût de la vie est un livre puissant et magnifique sur la féminité, la maternité, la liberté, l'écriture, les normes et le chemin d'une vie. Entre Maggie Nelson et Annie Ernaux, Deborah Levy devrait marquer la rentrée littéraire avec la parution en simultanée du premier volet de sa trilogie autobiographique, Ce que je ne veux pas savoir.

  • Alegria

    Manuel Vilas

    Je suis arrivé par la douleur à la joie, écrit le poète José Hierro.

    De chambres d'hôtel en aéroports, assailli par une profusion de souvenirs, Manuel Vilas poursuit la mise à nu de son narrateur. Il orchestre la symphonie de la mémoire et enrichit son tableau de nouveaux motifs comme celui de l'allégresse. Toujours entouré de ses musiciens, ombres de son passé, en dialogue incessant avec les doubles de ses fantômes, auxquels il ajoute Arnold (pour Schnberg), sa part sombre, son ange de la dépression. Le passé coule partout, vague sans cesse rabattue, il est dans les machines à presser les oranges, dans les chemises jamais assez blanches, dans les cours d'eau, comme sous le sol que l'on foule.
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    La joie venait toujours après la peine, chante Apollinaire, Alegría tend résolument du côté de la lumière et Manuel Vilas offre, après Ordesa, un grand livre solaire. Son audace littéraire et sa capacité à transfigurer l'intime en universel le désignent comme un de nos écrivains contemporains majeurs.

  • Des premiers rougissements de l'émoi amoureux aux reproches de la rupture, des regrets de sentiments cachés à la joie de passions vécues, des courriers du coeur aux bons soins de, de Simone de Beauvoir à Frida Kahlo, de Zora Neale Hurston à John Steinbeck, de Nelson Mandela à Mark Twain, ce sont toutes les facettes de l'amour qui sont ainsi rassemblées par Shaun Usher. Florilège de courriers historiques, inattendus et farfelus, Au bonheur des lettres : Amour réunit des missives poignantes et amusantes, inspirantes et tragiques, où toujours l'amour est au coeur, comme l'on jouerait à détacher des pétales d'une fleur, il m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout...

  • De la terreur des bombardements à l'horreur des combats, de la violence et l'atrocité au courage et à la compassion sur le champ de bataille, des courriers d'Alexander Hamilton à ceux de Kurt Vonnegut, de Mehmed IV au Mahatma Gandhi, ce sont sur tous les théâtres d'opérations que les lettres ici rassemblées par Shaun Usher affluent.
    Au bonheur des lettres : Guerre réunit des missives poignantes et amusantes, inspirantes et tragiques, où toujours le vacarme des batailles révèle les hommes et leurs sentiments, à la guerre comme à la guerre !

  • Des miaulements écrits aux pattes de chats tamponnées sur papier à en-tête, des siamois aux chats angora, du chat de gouttière à l'aristochat, d'une lettre d'Elizabeth Taylor à son félin disparu, de Charles Dickens à Anne Frank, de T. S. Eliot ou Raymond Chandler à John Cheever, de Rachel Carson à Jack Lemmon et tant d'autres, ce sont toutes les vies (plus de neuf c'est promis) ici rassemblées par Shaun Usher.
    Au bonheur des lettres : Chats réunit des missives poignantes et amusantes, inspirantes et tragiques, où toujours les matous ronronnent, car c'est bien connu, tout le monde veut devenir un cat !

  • 2015, un barman ayant fait voeu de chasteté s'intéresse malgré lui à une cliente qui s'appelle tantôt Oscara, tantôt Fanny ou Cléopâtre. 1999, sous la pluie de bonbons d'une piñata, un adolescent tombe amoureux de sa tante. 1899, au nord des États-Unis, dans un village reculé, un pasteur récite à ses fidèles des passages salaces de la Bible. 2027, trois jeunes femmes se moquent en secret du gourou de leur communauté d'extinctionnistes. Quelque chose ne colle pas, n'a jamais collé dans le rapport entre sexe, amour et procréation. Des générations de personnages, coincés par les normes sociales, testent tour à tour les limites de la décence. Mais entre le tabou et l'acceptable, la frontière n'est pas aussi claire qu'on aimerait le croire. Pas plus qu'entre la vérité et le mensonge...
    Fresque vaste et captivante, La Trajectoire des confettis, premier roman de Marie-Ève Thuot, déchiquette en une pluie de confettis le grand cliché des romans d'amour, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.

  • Des partitions d'opéra aux standards de jazz, de la cacophonie à l'harmonie, des octaves aux doubles-croches, d'un éloge de Baudelaire à Wagner aux lettres de Keith Richards, de Beethoven à Verdi, des saillies de Nick Cave, John Lennon ou Leonard Cohen, c'est tout un orchestre éclectique et bruyant réuni ici par le maestro Shaun Usher.
    Au bonheur des lettres : Musique rassemble des missives poignantes et amusantes, inspirantes et tragiques, où toujours le bruit des instruments résonne avec pour seul métronome ces quelques mots de Verlaine : de la musique avant toute chose.

  • Geoff Dyer hait les voyages et les explorateurs... Anti-récit de choses vues aux confins du monde, voici un singulier mélange de carnets de route, de reportages et d'essais. Que ce soit dans les rues de Los Angeles, en plein désert du Nouveau-Mexique, devant la tombe de Gauguin en Polynésie ou aux portes de la Cité interdite, ce n'est pas tant l'exotisme ou la découverte qui prévalent ici qu'une drôle de façon de répondre à l'unique question, au fond, qui taraude le voyageur : qu'arrive-t-il lorsqu'on sort de sa zone de confort pour affronter l'imprévisible ? Comparable aux récits de John Berger, ce recueil inédit d'un écrivain majeur et pourtant méconnu nous offre, au fil de ses pérégrinations, une leçon d'écriture autant qu'un réjouissant petit traité de désinvolture.
    Brillant, drôle, assez désabusé, follement intelligent, Ici pour aller ailleurs est un livre rare où l'auteur s'acharne à être là où on ne l'attend jamais, un bréviaire pour voyageurs en fauteuil.

    « Le point essentiel, c'est ce que ce livre n'exige pas d'être lu à l'aune d'une prétendue ligne de démarcation entre la fiction et la non-fiction - entre certaines formes et les attentes qu'elles engendrent - et de la distance à laquelle il serait censé se situer par rapport à celle-ci. À cet égard, Ici pour aller ailleurs est à la fois motif au centre du tapis et une zone vierge sur la carte. »

    « Geoff Dyer est un des écrivains les plus drôles, les plus tristes et les plus addictifs qui soient. Je parle d'expérience : j'ai lu tous ses livres et j'attends qu'il en paraisse un nouveau comme on attend des nouvelles d'un ami - un mélange improbable et irrésistible de Thomas Bernhard et Woody Allen. »

    Emmanuel Carrère

    Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Pierre Demarty

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