Philippe Rey

  • Le chant d'amour à la poésie par un grand écrivain contemporain

    Je suis entré dans la poésie Tang presque à l'improviste, mais non par hasard, en lisant un poème de Li Bai, qui met face à face un homme et une montagne. Le poète décrit un lieu d'immobilité et de majesté devant lequel l'être humain, dans sa faiblesse et son impermanence, ne peut que s'asseoir et regarder.

    Li Bai m'apportait autre chose, à quoi je n'étais pas préparé par mon éducation et par mon langage : une plénitude, une paix intérieure. Cette paix n'était pas difficile à atteindre. Il suffisait de s'asseoir et de regarder.

    La poésie Tang est sans doute le moyen de garder ce contact avec le monde réel, elle nous invite au voyage hors de nous-mêmes, nous fait partager les règnes, les durées, les rêves.

    J.M.G. Le Clézio

  • Un livre puissant et bouleversant, nécessaire à notre époque troublée

    Libraire à Acapulco, au Mexique, Lydia mène une vie calme avec son mari journaliste Sebastián et leur famille, malgré les tensions causées dans la ville par les puissants cartels de la drogue. Jusqu'au jour où Sebastián, s'apprêtant à révéler dans la presse l'identité du chef du principal cartel, apprend à Lydia que celui-ci n'est autre que Javier, un client érudit et délicat avec qui elle s'est liée dans sa librairie... La parution de son article, quelques jours plus tard, bouleverse leur destin à tous.

    Contrainte de prendre la fuite avec son fils de huit ans, Luca, Lydia se sait suivie par les hommes de Javier. Ils vont alors rejoindre le flot de migrants en provenance du sud du continent, en route vers les États-Unis, devront voyager clandestinement à bord de la redoutable
    Bestia, le train qui fonce vers le nord, seront dépouillés par des policiers corrompus, et menacés par les tueurs du cartel...

    Porté par une écriture électrique,
    American Dirt raconte l'épopée de ces femmes et de ces hommes qui ont pour seul bagage une farouche volonté d'avancer vers la frontière américaine. Un récit marqué par la force et l'instinct de survie de Lydia, le courage de Luca, ainsi que leur amitié avec Rebeca et Soledad, deux sœurs honduriennes, fragiles lucioles dans les longues nuits de marche...

    Hymne poignant aux rêves de milliers de migrants qui risquent chaque jour leur vie,
    American Dirt est aussi le roman de l'amour d'une mère et de son fils qui, au cœur des situations tragiques, ne perdent jamais espoir. Un roman nécessaire à notre époque troublée.

  • Oates explore brillamment les longs échos de la violence, du sexisme et du racisme dans la vie d'une jeune Américaine

    Doit-on être loyal à la justice ou loyal à sa famille ?

    Rejetée par ses proches, Violet Rue Kerrigan revient sur son passé. Sa faute ? Avoir dénoncé pour meurtre ses grands frères, tortionnaires d'un jeune Africain-Américain. Lors de leur accès de violence raciste, elle avait douze ans.

    Dans un récit émouvant, Violet se remémore son enfance en tant que cadette d'une fratrie dysfonctionnelle d'origine irlandaise, durant les années 70 dans l'État de New York. Une famille où la parole du père ne souffre aucune contestation et où les garçons ont plus de valeur que les filles. La jeune femme raconte comment elle est passée du meilleur au pire : elle était la préférée des sept enfants Kerrigan, elle est maintenant celle qui " a cafardé " et entraîné l'arrestation de ses frères. Une décision qui lui a valu d'être exilée, chassée par ses parents, ses frères et sœurs, son Église...

    À partir de ce bannissement, Joyce Carol Oates analyse les souffrances de Violet, mais aussi comment elle s'est émancipée de l'emprise familiale pour partir en quête de sa propre identité. En définitive, c'est une vérité douloureuse qui parcourt ce roman sombre et sensible: les émotions les plus tendres peuvent changer en un instant. Vous pensez que vos parents vous aiment ? Êtes-vous bien certain que c'est vous qu'ils aiment, et pas juste l'enfant qui est le leur ?

  • Ady, soleil noir

    Gisèle Pineau

    Le roman solaire de l'histoire d'amour entre Man Ray et la jeune Ady Fidelin.

    Lorsque Man Ray, quarante-quatre ans, et Adrienne Fidelin, dix-neuf ans, se croisent au Bal colonial de la rue Blomet dans le Paris des Années folles, naît entre eux une histoire d'amour intense, qui durera quatre années avant d'être brutalement interrompue par la guerre. Des années de complicité et de passion qui les marqueront tous deux à vie.

    Gisèle Pineau, par la voix d'Ady, fait revivre ce temps suspendu du bonheur. Obligée de quitter sa Guadeloupe natale à l'âge de quinze ans pour s'installer à Paris, la jeune femme spontanée séduit bientôt Man Ray et se voit entraînée par le grand artiste américain dans la vie de bohème qu'il mène avec ses amis. Car, à Montparnasse, comme durant les étés à Mougins avec Paul et Nusch Éluard, Pablo Picasso et Dora Maar, Lee Miller et Roland Penrose, les instants sont d'une liberté sexuelle et intellectuelle sans pareille : les corps nus s'exposent au soleil ou à l'objectif de Man ; Ady, Lee et Nusch s'accordent tous les plaisirs désirés. C'est un âge d'or que raconte Ady, un temps de nouveauté et de création, une vie volcanique dont les protagonistes sont des géants de l'histoire de l'art.

    Gisèle Pineau a écrit le roman vrai d'Ady, une muse éblouissante, le " soleil noir " de Man Ray – une femme toute de grâce, dont Éluard aurait assuré qu'elle avait " des nuages dans les mains ".

  • Le roman éblouissant d'une implacable manipulation

    Giorgia et Filippo forment depuis trois ans un couple apparemment normal. Filippo a renoncé à une carrière de journaliste pour reprendre le bar de ses parents. Giorgia, qui souffre de troubles psychiques, voit en lui le garant de sa stabilité. Pour affronter leurs difficultés financières, elle abandonne ses études et s'accommode d'un emploi de caissière dans un supermarché. Agrippés l'un à l'autre, ils se racontent jour après jour une version supportable de leur vie, sorte de parenthèse avant la réalisation de leurs rêves. Mais quand réapparaît Mauro, l'ancien professeur de théâtre de Giorgia, la fiction qu'ils ont construite commence à vaciller, car avec ce talentueux metteur en scène ressurgit un passé que la jeune femme s'est efforcée de dissimuler. Cependant, elle accepte le rôle qu'il lui propose dans sa nouvelle pièce malgré les dangers qu'un tel engagement comporte pour elle.

    Mauro et Filippo font alliance pour la soutenir. Tour à tour complices et rivaux, ils ont l'idée de la soumettre à un " exercice ", initiative qui les conduira tous les trois sur des chemins imprévus...

    Ce premier roman éblouissant raconte l'histoire d'une implacable manipulation. Claudia Petrucci y explore avec audace les frontières qui séparent la folie de la normalité, la fiction du réel, l'amour de la possession...

  • Une plongée intrigante dans les univers troubles de personnages aux limites de la folie

    Une célèbre peinture d'Edward Hopper prend vie : il est 11 heures, une femme nue, chaussée de talons hauts, le regard tourné vers une fenêtre, attend un homme. Au même moment, celui-ci est en route pour honorer ce rituel quotidien, tandis que le lecteur pénètre l'esprit des deux amants, chacun empreint pour l'autre de désir, de dégoût et de haine...



    Ces six nouvelles qui composent ce recueil sont des prodiges. Une épouse jalouse invite une étudiante à se joindre à elle pour le thé et initie un funeste jeu de roulette russe : entre une

    infusion corsée et un assortiment mortel de médicaments, qui boira quoi ? Dans un autre récit, une jeune femme se retrouve cobaye malgré elle d'un comité de recherche scientifique

    dont le projet est de créer une espèce hybride. Dans un autre encore, hommage à H. P. Lovecraft, un jeune marginal se croit hanté à la suite du décès de son père, atteint de syphilis.

    Joyce Carol Oates ausculte brillamment les thèmes de l'abus physique, psychologique et émotionnel. Chaque nouvelle se lit comme une flèche empoisonnée logée en plein coeur.

    Personne, ni les personnages ni le lecteur, n'en sortira indemne.

  • Un roman subtil sur la décomposition d'un couple dans Paris confiné

    Bernard est libraire dans le neuvième arrondissement de Paris. Marié depuis quinze ans à Corinne, directrice d'une agence de voyages qui se rêvait autrefois pianiste, il trouve dans son couple l'harmonie d'une vie paisible. Jusqu'à ce mois de mars 2020 qui les oblige à se calfeutrer avec leurs deux enfants, Cédric et Laure, dans leur appartement situé au-dessus du magasin de Bernard.

    Entre inquiétude et ennui, l'heure de la promenade devient vite le rendez-vous le plus important de la journée. Bernard en profite pour aller avec son fils jusqu'aux limites de son quartier, explorer la Nouvelle-Athènes à la recherche des innombrables célébrités littéraires et artistiques qui l'ont habitée. De Bizet à Zola, de Berlioz à Tourgueniev, de Van Gogh à Claude Nougaro, c'est un quartier méconnu qui s'offre aux protagonistes dans le silence des rues parisiennes. Tandis que lui se promène, Corinne, dont les sorties se bornent à faire les courses et à observer les nouvelles règles du commerce, supporte de moins en moins bien la solitude et la privation de tout rapport social...

    Avec délicatesse, Dominique Fernandez interroge la nature des sentiments de deux êtres surpris dans leurs habitudes et confrontés de manière inattendue aux confins de leur amour.

  • Les itinéraires poétiques d'un intellectuel africain à travers le monde

    Ce texte célèbre le voyage et son charme essentiel : la rencontre de l'inattendu. Felwine Sarr y évoque les lieux qu'il découvre lors de ses pérégrinations, mais aussi les paysages intérieurs que ceux-ci dessinent en lui. Car si le voyage est une déambulation sensible sur les chemins du monde, il est parfois immobile et se fait au point nul de l'errance.

    Des endroits de son enfance au Sénégal jusqu'aux villes visitées – Kampala, Douala, Mexico, Mantoue, Le Caire, Istanbul, Port-au-Prince, Cassis... –, l'auteur donne à voir, à sentir et à entendre le quotidien, ses angles morts et ses lignes de fuite : les seaux pleins de mollusques portés par des femmes qui " marchent sur l'eau " vers l'île de Kooko, le rythme d'un fado entonné dans une rue de Lisbonne, ou la saveur toute particulière des derniers mètres d'une course à pied... Justesse d'une poésie oubliée du monde, rugosité de ses échos troublés.

    L'île de Niodior est la matrice, un point d'ancrage et de désancrage où Felwine Sarr revient périodiquement. Car si les voyages provoquent l'émerveillement face à l'ailleurs, ils sont surtout un retour à soi-même, et une invite à écouter ses voix les plus intimes.

  • Un livre salutaire et accessible, qui invite à prendre soin de soi par temps difficiles

    Dans un monde où l'activité humaine maltraite l'environnement et malmène l'individu, où les crises économiques et sociales se succèdent, comment rester lucide sans être désespéré ?

    Inspiré par les grands penseurs de l'Antiquité, eux aussi confrontés en leur temps à cette même question, Jean-Yves Leloup propose un ensemble de conseils pour construire une vie libérée de l'inquiétude. Son enseignement, soutenu par une quinzaine de méditations accessibles à tous, nous appelle à surmonter les obstacles, vivre avec nos maux, écouter notre corps, respecter nos émotions et nos désirs.

    Dans cet ouvrage lumineux, Jean-Yves Leloup nous apprend à prendre soin de nous-même et à vivre en harmonie avec notre être profond.

  • La quête de sens bouleversante d'une femme en soif d'amour et d'absolu

    Poète culte, Marie-Maude Pranesh-Lopez est une énigme, tant pour ses adorateurs que pour ses détracteurs. Pourquoi cette graphomane n'a-t-elle laissé qu'un unique recueil devenu best-seller partout dans le monde ? Et pourquoi sa biographie recèle-t-elle tant de zones d'ombre ?

    Fille ingrate, mère indigne, amoureuse revêche, trafiquante d'armes, mais aussi altruiste qui accueille les marginaux du Québec, Marie-Maude semble avant tout être une femme malheureuse. En sempiternelle fuite, elle est à la recherche d'elle-même, rongée de l'intérieur par un " trou blanc " innommable. Mue par des passions féroces et une soif d'aimer, elle vit des tragédies et des situations rocambolesques. " Une vie de funambule unijambiste progressant sur un fil barbelé ", pour son principal biographe.

    Dans ce roman polyphonique aux multiples rebondissements, David Goudreault entraîne le lecteur au cœur du mystère d'une femme. De son écriture forte, drôle et d'une constante tendresse pour ses personnages, il sème des textes épars, brillante constellation dont le sens apparaîtra dans les dernières pages, révélant alors une bouleversante vérité.

  • Un document passionnant sur l'édition et la vie intellectuelle des quarante dernières années

    Enfant de Mai 68, Olivier Bétourné entre aux Éditions du Seuil en 1977 alors que la maison, toujours dirigée par ses fondateurs, vit la fin des temps héroïques : si l'ombre de Jean Cayrol plane encore sur le comité littéraire, d'autres personnalités, comme Philippe Sollers ou Denis Roche, s'imposent peu à peu rue Jacob tandis que François Wahl érige, à l'écart du comité, un monument unique dédié aux sciences humaines. Mais c'est auprès de Jacques Julliard, éditeur d'essais politiques, que le jeune homme, entré comme simple lecteur, apprend le métier. En 1984, à trente-trois ans, Olivier Bétourné devient le numéro 2 de la maison. À la suite du changement de direction, il quitte en 1992 la rue Jacob pour rejoindre Claude Durand chez Fayard. La réussite du tandem est spectaculaire avant de se briser, huit ans plus tard, sur la retentissante affaire Renaud Camus. Accueilli en 2006 chez Albin Michel comme directeur général, Bétourné y poursuit son travail d'éditeur tout en s'attachant à percer le secret d'une maison réputée pour son exceptionnel savoir-faire commercial. Il revient finalement au Seuil en 2009, invité par son nouveau propriétaire à prendre la barre d'un paquebot à la dérive, défi qu'il relève en quelques années, parvenant – grâce à l'embauche d'éditeurs de talent, aux succès commerciaux et au retour de la maison dans la course aux prix littéraires – à redonner son éclat à sa maison, celle de ses débuts, la seule où il se soit toujours senti chez lui.

    Voici le parcours intime et professionnel d'un homme pleinement engagé dans son temps et dans son métier. Le récit s'ouvre sur une évocation très personnelle de ses années de formation au sein d'une famille libre et peu banale. S'ensuit la chronique, rapportée sur le mode épique, de la traversée par gros temps de l'édition française de ces quarante dernières années, le narrateur multipliant anecdotes et portraits nourris par l'abondante documentation qu'il a constituée lui-même : lettres, notes, procès-verbaux de réunions, mémos en tous genres, etc. Ce livre fera date pour la façon si personnelle qu'a son auteur d'inviter le lecteur à pénétrer dans les coulisses d'un monde hanté par le secret, à comprendre l'enjeu des joutes intellectuelles du temps et à revivre les crises auxquelles il a lui-même été confronté. S'attardant à saisir la personnalité des éditeurs qu'il a côtoyés (Paul Flamand, Michel Chodkiewicz, Jérôme Lindon, François Maspero, Claude Cherki, Claude Durand, Francis Esménard, Richard Ducousset, Hervé de la Martinière...), des figures fondatrices de sa maison de cœur (Jacques Julliard, Jean Lacouture, Philippe Sollers, Denis Roche, François Wahl...), des écrivains devenus ses amis (de Julien Green à Viviane Forrester et François Bon), des grandes figures intellectuelles dont il aura été l'éditeur (de Pierre Bourdieu à Jacques Derrida en passant par Alain Touraine et Elisabeth Roudinesco), Olivier Bétourné prend un plaisir manifeste à mettre son expérience en scène, échecs et insuffisances compris. Comme une invitation à poursuivre aujourd'hui le combat au nom d'une certaine idée de l'édition et de la culture.

  • Une ode enchantée, documentée et colorée à la Méditerranée, mer de métissage.

    Ici s'exprime une passion pour la Méditerranée, sa nature, sa culture et la richesse de ses civilisations. Le texte invite à la cueillette, entre fleurs de jasmin et amertume du moka, sous les voûtes des grottes, ou à l'ombre des remparts de Rhodes. Historien de la biodiversité marine, Daniel Faget étaye ses propos d'une connaissance approfondie des paysages naturels et humains de la Méditerranée, tout en puisant dans ses souvenirs personnels et poétiques.

    Ce livre appelle à l'invention de nouvelles relations avec le monde du vivant, loin de tout catastrophisme. L'auteur inscrit sa réflexion dans un espace méditerranéen conçu comme un condensé des défis d 'aujourd'hui, indispensable laboratoire d'un humanisme contemporain. L'
    Éloge vagabond de la Méditerranée est le manifeste d'un insoumis pacifiste qui engage les lectrices et les lecteurs à choisir le sentiment amoureux pour la mer Intérieure comme remède à la désespérance.

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