L'école des loisirs

  • Ses parents viennent de mourir dans un accident de voiture. Désirant accomplir leur dernière volonté d'être enterrés dans leur village natal, la jeune physicienne Ruth Schwarz entreprend les démarches nécessaires. Mais elle est bientôt confrontée à une série d'obstacles qu'on dirait surgis d'un cauchemar.

    Le village en question, Groß-Einland ? Il ne figure sur aucune carte, personne ne le connaît, c'est comme s'il n'existait pas.

    Quand elle finit par le trouver, à force d'acharnement et aidée par le hasard, elle découvre un lieu étrange, dissimulé dans la montagne, à la fois figé dans un passé féodal et terriblement mouvant, bâti sur une cavité gigantesque, une mine d'argent désaffectée qui, telle une bête souterraine, ne cesse d'ouvrir des fissures dans les rues, de fendre les murailles et de faire pencher les places vers son gouffre béant.

    Le sujet semble totalement tabou parmi les habitants. Les trous du sous-sol seraient-ils aussi des trous de mémoire sur lesquels on a coulé le béton du mensonge par omission ? Qu'a-t-on caché dans ces galeries souterraines, quel massacre a-t-il été perpétré dans ces lieux, et par qui ?

    La mystérieuse comtesse qui règne sur la bourgade embauche bientôt Ruth pour ses talents de physicienne, afin qu'elle prépare le colmatage du sol et des secrets.

    Mais comment arrêter la vérité quand elle sort enfin du puits ?

    À seulement trente ans, avec ce premier roman puissant et burlesque, Raphaela Edelbauer se livre à une exploration onirique et fantastique des souvenirs refoulés de l'Autriche, dans la lignée des plus grands auteurs du pays : Gustav Meyrink, Franz Kafka et Thomas Bernhard.

  • La fracture

    Eliza Griswold

    Stacey rêve. Cette petite ferme de trois hectares où vit sa famille depuis cent cinquante ans, elle aimerait pouvoir la transmettre en bon état à ses deux enfants, avec toute la ménagerie, âne, chèvres, cochons, poules et lapins. Pour réparer la grange branlante, son salaire d'infirmière divorcée ne suffit pas.
    Stacey espère. De nombreux habitants de la région dévastée des Appalaches se sont récemment enrichis en louant leurs terres aux entreprises d'extraction de gaz de schiste. Après avoir fourni en abondance du pétrole et du charbon pour les aciéries, leur sous-sol n'a pas dit son dernier mot.
    Stacey relève la tête. Comme beaucoup d'Américains, elle en a marre de voir des jeunes partir faire la guerre en Irak pour le pétrole. Et si l'indépendance énergétique de la patrie était pour demain ?
    Stacey signe, le 30 décembre 2008, un bail avec Range Resources, l'entreprise leader de fracturation hydraulique. Deux ans et demi plus tard, son fils de quinze ans pèse cinquante-sept kilos pour un mètre quatre-vingt-cinq. On lui diagnostique un empoisonnement à l'arsenic. Stacey rencontre Eliza Griswold venue assister à une réunion d'agriculteurs inquiets. Il faudra sept ans d'enquête patiente, acharnée et scrupuleuse à la journaliste pour poser toutes ses questions et établir non pas une, mais des vérités qui dérangent.

  • Un travail intéressant, une vie intellectuelle, des amis... Mais un célibat involontaire qui dure depuis trente ans : amours déçues, refus, rebuffades, questions indiscrètes, solitude profonde, conseils déplacés, condescendance... Malin Lindroth a cinquante ans quand elle réalise qu'elle n'aura pas d'enfants. C'est l'occasion pour elle de réfléchir à son histoire qui est aussi celle de ces millions de femmes qui continuent de chercher « une vie à soi » tout en se confrontant aux normes de la vie de couple. Car, dans le monde occidental, la vie à deux constitue non seulement la plus haute expression de l'amour, mais la seule et unique. Vivre seule est vu comme un échec, ou une parenthèse en attendant mieux. Que faire de cet échec ? Se laisser inspirer par le kintsugi, peut-être, cet art japonais de la réparation qui consiste à souligner à la poudre d'or les cicatrices des porcelaines et des céramiques brisées. La peur de la solitude et tout ce que nous faisons pour y échapper est bien souvent plus blessant que la solitude elle-même. « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier », écrivait le suédois Stig Dagerman. Malin Lindroth lui donne tort avec ce livre éblouissant d'humanité qui, comme La Femme de trente ans de Balzac en son temps, donne aux femmes le droit d'être reconnues par la société en dehors des diktats de l'époque et de la loi du marché. Tout à la fois essai et témoignage, La Fille de cinquante ans pose une question essentielle : quelle place reconnaître aux femmes seules qui aiment toujours autant vivre et aimer ? Au siècle dernier, en Suède - pays pionnier du féminisme -, elles avaient plus de droits que les femmes mariées.

empty