Editions L'Harmattan

  • Belleville Mamie Blues retrace l'histoire de la grand-mère de l'auteur, de sa naissance dans un shtetl des environs de Tarnów en 1911, au Belleville de Willy Ronis, qui l'accueillit à l'aube de ses dix-huit ans. Ce furent les années folles, un bonheur entraperçu, puis vinrent la guerre, l'exil, la peur, avant la libération et une vie à reconstruire. Remontant le temps à la recherche de ses racines, l'auteur s'interroge sur l'héritage laissé par cette grand-mère.

  • Ce livre est un élan de tendresse envers une petite cité ouvrière, celle de Chedde, au pied du Mont-Blanc, où toute une vie sociale s'est peu à peu éteinte sous les coups impitoyables de la désindustrialisation et de la financiarisation de l'économie. Ce récit impressionniste qui repose sur les souvenirs d'enfance de l'auteur, nous livre des bribes de cette mémoire sociale. C'est aussi un cri d'indignation et de colère. La petite cité, toujours considérée comme une verrue au pays de l'or blanc, est en effet aujourd'hui sacrifiée servilement pour répondre aux basses besognes de l'économie touristique du Pays du Mont-Blanc.

  • Comme je me sens fatiguée, usée et disgracieuse. Jamais je ne me suis trouvée aussi pitoyable. Je ne suis pourtant pas une vieillarde : pas même quinquagénaire ! Je sais que je ne devrais pas me mettre dans un état pareil. J'essaie de me raisonner, mais c'est plus fort que moi. J'avais pourtant fière allure, avec ma façade arrondie et mon parterre de roses grenat, sur lesquelles tous les passants se retournaient. J'étais toujours impeccable et pimpante. Maintenant, j'ai l'impression que ma vie est derrière moi, que je suis au bout du rouleau de mes ressources physiques et psychiques. Que vais-je devenir ? Tous ceux qui m'ont chérie sont partis. Quel triste sort ! J'ai si peur de l'avenir. Qui va vouloir de moi ? Au centre du récit : la maison des grands-parents paternels. Chargée d'objets, d'histoires, de souvenirs, elle est un personnage à part entière et n'hésite pas à prendre la parole. Entre elle et l'autre narratrice, unique petite-fille et dernier maillon vivant de cette branche familiale, s'amorcent un dialogue, un pas de deux et une transformation réciproque. Le récit, qui met aussi en scène une galerie d'humains et quelques chats, s'approche par instants de la frontière entre le monde des vivants et celui des disparus.

  • De la conquête coloniale du Rif dans les années 1920 à la guerre civile en Espagne où il commande l'artillerie de l'Armée populaire des Républicains, c'est une vie de guerres pour Fernando Sánchez Tejedor, paysan aragonais devenu soldat par vocation autant que par la force des choses. Communiste, il s'exile en 1939 en URSS et intègre la célèbre Académie militaire Frounze pour devenir général de l'Armée rouge. Revenu en Espagne au soir de son existence, vieux misanthrope désabusé, Fernando fait une rencontre surprenante qui transforme ses réticences intimes et libère sa mémoire.

  • Il y a dans la limaille des mots de ces bouts de fer qu'aucun estomac à la tête ne digère sainement. De ces limaces de mots qui rampent dans la phrase, qui embarrassent l'auteur mais contre lesquelles il ne peut rien. L'image construite est une image d'ailleurs. Et pour aller chercher l'ailleurs, force est de briser le lieu commun de l'image tenue dans les rets d'une langue standardisée. Mon travail consiste à faire basculer l'image dans ce monde-ci. Pour le plaisir des yeux et de l'écoute.

  • Ce livre vise à combler une lacune et rétablir une image d'Elsa Triolet qui ne soit pas celle de la « muse » d'Aragon ou de son égérie dominatrice, mais d'une auteure de qualité, dont les romans abordent les grands problèmes du siècle, notamment ceux des femmes. Elle est avec Colette l'une des premières écrivaines « féministes » du xxe siècle, dont la biographie passionnante est aussi engendrée par son travail d'écriture. Encouragée par Chklovski et par Gorki, elle a commencé à écrire, publié trois romans et un essai en russe, puis est passée à l'écriture en français lorsqu'il lui fut impossible d'être éditée en Union soviétique. Son oeuvre est un exemple de l'interpénétration de langues et de cultures en lien constant. Le but de ce livre est aussi de montrer cette communication littéraire et artistique.

  • Ce recueil rassemble sept histoires d'artistes dont les vies s'inscrivent dans le désordre international et l'étau de la lutte hégémonique au Proche et Moyen-Orient. Là où l'information prend le pas sur la vie, il existe une frontière ténue que seule la fiction peut oser franchir. Raconter comment et pourquoi certaines femmes et certains hommes se révoltent, rêvent et agissent face à l'adversité du monde : c'est montrer que même dans l'ombre peuvent naître des jardins. Inspirés de voyages, de lectures et de maintes revues de presse, les parcours présentés ici interrogent le lecteur sur les vies qui se cachent derrière les brèves qu'ils consomment à la chaîne.

  • Qu'avons-nous traversé durant cinquante-cinq jours d'un printemps confiné ? L'auteure observe à la loupe le quotidien et l'intimité d'un couple, à travers un récit qui s'apparente davantage à un carnet de voyage qu'à un simple journal de bord. Elle suit les jours qui s'égrènent et zigzague aussi dans le temps passé ou à venir, brouillant parfois les repères auxquels il a fallu renoncer. Elle interroge le couple, le sien, dans cet isolement forcé pour survivre au virus. Mais son récit déborde largement ce cadre et questionne notre rapport aux autres, à l'absence et peut-être au silence des brèves promenades autorisées.

  • De courtes nouvelles, de courts récits. Des impressions dans le sens photographique ou typographique. Moments qui marquent leur empreinte et modifient parfois le futur. Mais seulement des impressions. Peu de certitudes. Toute la place laissée à l'ambiguïté, à la multiplicité des lectures.

  • Après dix premières années sur scène en Pologne et de nombreux essais et romans, Gabriela Zapolska fait un séjour de six ans à Paris (1889-1895). Cet ouvrage regroupe des traductions d'articles qu'on ne retrouve plus en librairie - sur la vie théâtrale du Paris de cette époque, avec des portraits bien brossés, et sur l'Exposition universelle.

  • Femmes en scène célèbre les origines antiques du théâtre avec des textes portant sur le corps des femmes dans le théâtre tragique antique et sur sa réappropriation dans les mises en scène contemporaines. Les compagnies théâtrales ne sont pas oubliées avec un focus sur le théâtre des Trois Parques. Notre matrimoine théâtral (ici, ce terme s'impose !) est présenté, exploré, vivifié et célébré par plusieurs auteurs et autrices. Des femmes libérées très contemporaines font vibrer cette oeuvre collective par de nouvelles approches de la scène, tandis qu'une dimension internationale ou intercontinentale montre, les évolutions de la représentation en Espagne, en Argentine, au Liban ou à La Martinique.

  • La Guyane a été confinée à partir du 17 mars 2020, puis a gardé un couvre-feu strict chaque jour à 17 heures jusqu'aux « grandes vacances » : aucune école, aucun collège, aucun lycée n'a ouvert ses portes aux élèves de mars à juillet. Aucune structure sportive ou culturelle n'a pu non plus les accueillir. Comment renaître après six mois de limites de nos libertés ? Dans ce deuxième tome, de nombreux élèves de 11 à 19 ans ont exploré la capacité du langage à dire le monde complexe, à s'échapper du réel ou au contraire à mieux le comprendre et à dépasser le simple constat du manque et de l'absence : ils nous livrent des contes, des récits d'aventures, des déclarations d'amour, des analyses de ce que ce temps a changé en eux.

  • « Kan moin la tandi lo roi dan lé boi, la rèn la arivé... J'ai entendu le roi dans les bois, la reine est arrivée... Lancinant, agressif, le son du roulèr et du kayanm. Mépris proche du dégoût pour ces soirées d'oubli et de liesse où se retrouvaient les déshérités du quartier. Danse de sauvages, maloya qui faisait se trémousser son père et sa mère ! Dans un livre, la légende sous l'image : « Les esclaves africains se réunissaient parfois pour danser sur des rythmes qui n'avaient rien perdu de la sauvagerie de l'Afrique.» Elle n'avait vu ni roi ni reine, avait déchiré la page du livre. Elle avait honte. »

  • Cette pièce a été écrite à partir de la tragédie Horace de Pierre Corneille, dont le cinquième acte est entièrement dédié au procès d'Horace. Elle entremêle alexandrin classique, langage juridique et prose introspective. Cette pièce interroge notre soif de justice, nos barrières morales, le regard que nous portons aux victimes et le redoutable instant où nous croyons nous reconnaître dans le coupable que nous accusons...

  • L'amour 1900

    Eliane Kherris

    Une adaptation théâtrale sur le thème du couple, réalisée à partir de scènes ou de pièces d'auteurs de la seconde moitié du 19e siècle et du tournant du 20e : Eugène Labiche, Henry Becque, Anton Tchekhov, Georges de Porto-Riche, Jules Renard, Tristan Bernard, Georges Feydeau, Sacha Guitry. Au-delà de la peinture d'une société révolue et d'un voyage dans le temps de la Belle Époque, une analyse subtile des sentiments qui donne à ces « folies bourgeoises » des résonances très modernes.

  • "Selon « Notes en patins à roulettes » Nina Zivancevic nous fait entendre qu'il s'agit bien de quatre langues sur lesquelles elle sinue de vivants qui l'ont quittée en morts qu'elle rejoindra comme chacune, chacun, un jour de promesses aux dieux. [...] A travers ce recueil, nous faisons connaissance et/ou re-connaissance de, avec Nina Zivancevic, un être du souci d'elle a-travers l'aimance des autres dont elle ne lâche rien pour le meilleur de leur mémoire en nous, le plus tendre de notre adresse silencieuse à eux : philosophes, poètes, comédiens, artistes, anonymes de lettres."
    Philippe Tancelin

  • Dans ce troisième et dernier volet de son étude des écrits de Hundertwasser, Marie-Hélène Hérault-Bibault montre le cheminement qui amena la dynamique créative de l'artiste vers l'architecture et l'écologie. L'auteure analyse, notamment sous l'angle stylistique, la dense réflexion architecturale que Hundertwasser mena dans ses nombreux textes, manifestes, performances et interventions télévisuelles. Est mis en lumière que Hundertwasser anticipa les prises de conscience actuelles. En effet, l'artiste conceptualisa très tôt les relations à la nature, élément indispensable à la survie de l'humanité. Il apparaît encore que ces stratégies écologistes modélisèrent l'évolution sociétale qu'appelait de ses voeux ce « prophète aux pieds nus », à l'authentique « être au monde ».

  • Manika, une jeune femme indienne d'une quarantaine d'années, a vécu le pire. Deuil, violence, trahisons, la vie ne l'a pas épargnée. Elle a dû faire face à de nombreux défis plus éprouvants les uns que les autres. Et pourtant, elle a trouvé à chaque fois la force de rebondir et de braver l'adversité, pour en ressortir grandie et transformée. Sa quête de spiritualité et une foi inébranlable en la vie l'ont aidée à se libérer de ses blessures et à retrouver un équilibre. Elle s'est reconstruite et réinventée. Ce chemin de résilience offre un espoir à toutes les femmes qui ont souffert ou qui traversent des périodes difficiles.

  • "Le jour venait de se lever... Adossée contre le mur, j'observais Paris s'éveiller. J'adore cet instant où la nuit croise brièvement le jour, lorsque les rayons du soleil percent avec douceur l'opacité du ciel. Un genre de chassé-croisé où les vagabonds de la nuit et les promeneurs du jour se partagent un même espace".
    L'art de la fugue" de Mathilde Faure, Nouvelle George Sand 2020

  • Omaha beach, le 6 juin 1944. A 20 ans, Alexandre Melville sera le seul photographe rescapé de la première vague du débarquement. Ses clichés pris ce jour-là vont lui amener la gloire, mais aussi le
    désespoir. Victime du syndrome du survivant, il entamera dès lors un long chemin d'errance initiatique, qui le mènera jusque dans la Malaisie des années 50.

  • Papou est le nom familier et affectueux qui m'est attribué depuis plusieurs années, car c'est ainsi que l'on nomme le grand-père en grec.

  • C'est ici un petit bréviaire purgatif, un abécédaire homéopathique dont les regards parfois amers sur le monde veulent servir la lucidité qui délivre contre les illusions qui enivrent, mais toujours avec jubilation et l'Espérance à la boutonnière. Comme aurait pu dire l'homme des Essais, c'est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t'avertit dès l'entrée, que je ne m'y suis proposé aucune autre fin que sanitaire et privée. Ce sont parfois des hérésies et parfois même des mauvaises pensées qui s'adressent à tous ceux qui n'ignorent ni les orties, ni les chardons, ni les roses, mais se plaisent à labourer leur esprit pour des semailles et des moissons futures.

  • Rue de grâce

    Anne Jeanson

    Accroupie sur la scène, au milieu des câbles, amplis et micros, perdue dans le tumulte, des sons de basse aux clameurs des terrasses, Rose Attal ne quitte pas ses songes. Jusqu'au jour où elle se laisse toucher par le réel.

  • Un homme attend la femme qu'il aime, en essayant vainement d'ordonner ses souvenirs entre réalité et fantasmes. Sa ville, Besançon, l'y aide, avec ses belles places et ses bistrots. Peu à peu, dans le désespoir de cette interminable attente, sa vie sombre. Mais il ne cède en rien à ces épreuves, car à ses yeux la vie sans son aimée ne vaut pas la peine d'être vécue. Alors il attend, il ne peut qu'attendre.

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