Bibliothèque québécoise BQ

  • Premier «best-seller» québécois, livre fétiche, oeuvre universelle, Maria Chapdelaine est devenu l'incontournable des incontournables de la littérature québécoise. Écoulé à plus de 20 millions d'exemplaires en plus de 150 éditions et 25 langues, il a été adapté pour la scène, le cinéma et la télévision. Ce monument littéraire raconte l'histoire d'un amour tragique enchâssé dans la rudesse et la beauté du terroir québécois. Entre les Canadiens français sédentaires et les nomades, un grand malentendu subsiste, qui fait s'affronter François Paradis, l'aventurier, et Maria Chapdelaine, fille de la terre et des traditions.

  • Premier roman de Karoline Georges paru en 2001, La Mue de l'hermaphrodite porte un regard dérangeant sur le début du XXIe siècle et étonne par son actualité presque vingt ans plus tard. À travers le genre de la science-fiction, l'autrice explore avec acuité les enjeux éthiques liés aux identités de genre, au contrôle technocratique par la surveillance à outrance et au désir perpétuel chez l'humain de fuir le réel.

    Emprisonné dans une cellule expérimentale sous l'oeil avide du cyber-réseau, un être né hermaphrodite doit se confesser d'un crime. Face à ses détracteurs invisibles, l'hermaphrodite s'ausculte et se raconte tout en condamnant l'État qui l'a créé. Le roman suit cet être jusqu'au bout de sa marginalisation : de son enfance hypermédiatisée, à la déchéance de son corps, en passant par sa conquête d'un empire de psychotropes jusqu'à la mue terminale d'Hermany Mésange.

  • La folie occupe une place privilégiée dans l'univers de Jacques Ferron. C'est que le docteur avait travaillé seize mois (1970-1971) comme omnipraticien au sein de l'hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu de Montréal. Volontairement affecté à la salle Sainte-Rita, section réservée aux «femmes folles» où il avait, dit-il, son «ciel» et ses «quartiers», il a côtoyé des êtres dysfonctionnels et fantastiques qui se trouvaient à la limite des personnages de fiction. L'immense conteur en lui a trouvé là une nourriture considérable qu'il transportera, avec une affection bienveillante, à travers toute son oeuvre.

    Ce recueil de quinze textes - récits, souvenirs, chroniques, choses vues et entendues - montre encore une fois comment la plume de l'intelligent docteur sert ici à saisir à bras le corps la misère et le malheur de vivre ainsi à l'écart du monde. La fêlure des femmes qu'il soigne pouvait-elle rejoindre la sienne propre ? Personne n'a oublié que Nelligan, à qui, plus jeune, Jacques Ferron a déjà rendu visite, y a passé des années sombres entre folie et oubli.

    «Le pas de Gamelin», le texte inaugural, très largement autobiographique, est pour plusieurs l'un des moments forts de toute son entreprise littéraire.

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