Éditions du Noroît

  • Ce recueil expose des figures et des moments de passages d'hiver à la fois physiques, intimes, politiques et artistiques. Un peu comme c'était déjà le cas avec Quelques éclats, les poèmes convoquent plusieurs voix distinctes qui reprennent et réinventent des histoires et des trames d'histoire disséminées à travers le temps et l'espace. Réalisé en collaboration avec l'artiste et écrivain belge Romain Renard (Chroniques de Melvile), le recueil raconte des impasses, des chutes, des épiphanies. Le bout de papier, la main ouverte, la lanterne - l'espoir qu'il faut pour s'abriter, la lumière pour les traversées.

  • «Poèmes 1938-1984» se compose de quatre parties et rassemble plusieurs décennies d'un travail poétique acharné qui témoigne de l'infatigable vigueur d'une femme dévouée à sa muse. Ayant lutté sa vie entière pour réconcilier les exigences de la maternité et celles de sa vocation d'écrivaine, Elizabeth Smart évoque ce combat dans nombreux de ses poèmes, traçant ainsi le portrait d'une époque où les femmes ont du mal à se tailler une place dans les cercles d'écrivains, aux prises avec les barrières qu'on leur impose et les dilemmes quotidiens. Tout au long du recueil, elle fait cohabiter le trivial et l'universel et se livre à des moments de pure exaltation, s'émerveillant par exemple devant la furie de vivre des plantes, ou de désolation extrême, notamment en face des ravages de la guerre - événement qui l'a intimement et profondément marquée. Sans se soumettre à des formes rigides, les vers de ce recueil célèbrent également les maîtres qui les ont inspirés, s'adressant à eux, avec insolence parfois, afin de permettre à leur auteure d'exister en poésie.

  • Biographie de l'amoralité trace le parcours d'une sculptrice cloîtrée dans un atelier en compagnie de deux modèles. Animée par un désir d'absolu, elle puise dans des forces insoupçonnées pour façonner des statues qui parlent une langue d'éboulement. Au fil des poèmes, la performance devient une obsession. Pire, une condamnation à créer, coûte que coûte. À travers une incursion dans le monde de l'art, l'auteur propose une réflexion sur les conséquences d'une dévotion complète à la création. Ce livre joue avec les genres et se présente à la fois comme un traité de sculpture, une ode au hip-hop, un magazine de mode et un essai sur la morale.

  • «Ces jours où mon esprit traînait parmi les êtres de plâtre, les animaux et les figures de la mort. » Et si Florence, la ville italienne, célèbre pour son architecture et ses oeuvres d'art, était cette escale bouleversante où découvrir les chemins d'une initiation à la mort et à la vie? Aller jusqu'au bout du bleu forme le récit de ce recueil comme une tentative de toucher l'infini. Une subjectivité concrète s'avance, confrontée aux beautés et à la ruine, dans la blancheur d'un soleil qui contraste avec la profondeur d'une nuit bleue pétrole où nichent les poèmes aiguisés au néant de Florence, jusqu'au bout du bleu. Tourmentée par des visions, appelée par l'ouverture créée par l'art, mais pourtant « petite parmi les pierres », c'est bien le voyage d'une poète qui s'anime; une utopie dans sa nudité, à travers la marche jusqu'à l'envol dans un espace sans limites.

  • De ce monde ouvre sur des aspects complémentaires de l'écriture de Louise Warren, de 2004 à 2020 : la chronique brève et la prose dédiée à un thème, incluant de nombreux inédits. Chaque volet accueille les oeuvres d'autres artistes, les lieux, le voyage, le souvenir, la lecture. Ainsi se tissent les fils de son appartenance au monde, dans sa multiplicité, dans sa diversité, de la vie simple aux échos de la planète, de la création à l'amitié et à la solidarité. Traversée par une même expérience de l'intime et du langage, la réflexion s'approfondit, jusqu'aux recherches récentes sur la matière et l'incertitude.
    Cet essai inclut le texte « Au nom de la matière » qui accompagne l'exposition du même titre au Musée d'art de Joliette, présentée du 15 août 2020 au 10 janvier 2021, dont Louise Warren est commissaire.

  • En 1937, Amelia Earhart, partie pour un tour du monde, s'écrase dans l'océan Pacifique. La légende fait de cette pionnière du ciel une Robinson Crusoé moderne : survivant au crash sur l'une des îles Phoenix, seule au monde, est-elle encore capable d'en goûter la beauté fugitive ?
    Dans son quatrième livre, Lessard raconte des vies qui, comme celle d'Earhart, volent en éclats. Elle rassemble autour d'elle un archipel de survivant.e.s, avec qui elle partage la langue des grand.e.s brûlé.e.s. Dans la foulée du mouvement #MeToo, cette poésie féministe et confessionnelle expose l'après des traumatismes et dénonce les traces profondes que laisse la violence. Sa parole empathique rend compte des distorsions de la mémoire blessée et du long chemin parcouru par celles et ceux qui luttent pour renaître parmi les cendres. Oscillant entre biographie et autobiographie, ces poèmes nous rappellent qu'il n'y a pas de résistance ni de résilience sans communauté.

  • Non loin du réquisitoire poétique, Un ciel sans preuve dresse un constat lucide sur un nouveau paradigme; la gouvernance par les nombres. Inspiré par la vision antagoniste entre l'humain et son milieu, l'auteur pose un regard humaniste tout autant que poétique sur la démesure du progrès et la dissonance sociétale qui en découle. Au coeur de cette opposition, l'effacement paradoxal du monde réel au profit de sa surreprésentation quantifiée.

  • Cet essai est un apport à la réflexion québécoise sur la poésie, car il contribue à enrichir les lieux de l'imaginaire poétique, non seulement dans une perspective continentale américaine, mais aussi dans celle des traditions littéraires anglo-saxonne et hispanique.
    Non seulement l'attention portée au domaine de l'émotion est un apport aux théories de la lecture et de la création, mais les textes qui lui sont consacrés pourront aussi être fort utiles aux professeurs des collèges et universités francophones. Serrano rend le texte poétique familier dans un langage imagé, se déployant selon différents angles d'approche, dans une cohérence de thèmes et de répétitions qui n'enferme toutefois pas le sens, constamment ré-ouvert. L'essai acquiert ainsi une «troisième dimension», poétique, qui est mise en abyme.

  • Belladonna

    Yannie Bernier

    Francesca Woodman, Marina Tsvetaeva, Virginia Woolf.
    Trois femmes, trois ressuscitées que j'ai suivies jusqu'au fond du puits. Nul ne revient intact de ce voyage d'Orphée. On croit souvent que les esprits veulent nous posséder. C'est plutôt nous qui entrons en eux, y trouvons refuge. Pour un temps, je fus - non prisonnière - mais surface de leurs âmes.

  • Il s'agit, dans ce livre, de maux déguisés en mots pour ne pas avoir à vivre ce qu'ils éprouvent. Des mots à maux. Des mots sans mots. Des maux pleins de mots (les pires). Des mots qui abusent carrément. Des mots faits main, dans la tête, qui laissent deviner ce qui se passe réellement derrière la palissade de mots. Des mots qui étouffent comme un boa. Des mots mal emmanchés. Des mots de Charlevoix. Des mots du fleuve salé bleu-vert. Des mots que l'on dit trop, que l'on répète, pour ventiler. Des mots d'amour quand elle me prend dans ses bras, nombreux. Des mots qui donnent de grandes ailes, enfouis, morts de peine, qui se donnent la mort. Mots uppercuts. Mots en diable. Des mots de plein jour en pleine nuit. Des mots au chocolat noir à la fleur de sel. Des mots nids. Des mots draps de soie. Des mots qui se lisent sur une portée de silences.

  • Tout est cache

    Quinn Judy

    Tandis que la pollution atmosphérique atteint des sommets records à Delhi, les morts prennent le pouvoir sur Terre. Où aller? Pourquoi? Dans ce cinquième recueil publié au Noroît, Judy Quinn poursuit son souffle narratif jusque dans les rues de l'Inde où elle dissèque avec acuité un réel insoutenable, celui d'un monde en flammes. Parmi la liste des choses à voir : des mini-chiens au poil court, la soie, la gale, la balle qui a tué Gandhi. Avec Ben Kingsley dans le rôle principal, se déroule ainsi la bobine d'un film sans sous-titres dans lequel l'existence n'est plus que survie, comme si Dieu avait quitté le cinéma avant la fin. Livre sur le deuil et l'amour, Tout est caché est un voyage incandescent à la recherche d'un abri.

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