Éditions Rivages

  • Detroit : le vacarme des usines, le son Motown sur lequel on chaloupe, les choeurs d'une communauté que l'on sacrifie sur l'autel du capitalisme... C'est aux bruits de cette ville que Judith Perrignon offre un écho dans ce roman choral fort et bouleversant.

  • La maison de la rue Santo Domingo à Santiago du Chili, cachée derrière ses trois citronniers, a accueilli plusieurs générations de la famille des Lonsonier. Arrivé des coteaux du Jura avec un pied de vigne dans une poche et quelques francs dans l'autre, le patriarche y a pris racine à la fin du XIXe siècle. Son fils Lazare, de retour de l'enfer des tranchées, l'habitera avec son épouse Thérèse, et construira dans leur jardin la plus belle des volières andines. C'est là que naîtront les rêves d'envol de leur fille Margot, pionnière de l'aviation, et qu'elle s'unira à un étrange soldat surgi du passé pour donner naissance à Ilario Da, le révolutionnaire.
    Bien des années plus tard, un drame sanglant frappera les Lonsonier. Emportés dans l'oeil du cyclone, ils voleront ensemble vers leur destin avec, pour seul héritage, la légende mystérieuse d'un oncle disparu.

    Dans cette fresque éblouissante qui se déploie des deux côtés de l'Atlantique, Miguel Bonnefoy brosse le portrait d'une lignée de déracinés, dont les terribles dilemmes, habités par les blessures de la grande Histoire, révèlent la profonde humanité.
    Miguel Bonnefoy est l'auteur de deux romans très remarqués, Le Voyage d'Octavio (Rivages poche, 2016) et Sucre noir (Rivages poche, 2019). Ils ont tous deux reçu de nombreux prix et été traduits dans plusieurs langues.

  • Dans ce nouveau roman, Barbara Kingsolver interroge la place des femmes dans la famille et dans l'histoire à travers deux héroïnes : Willa Knox, journaliste indépendante qui doit aider son fils en pleine crise existentielle et Mary Treat, scientifique émérite largement oubliée malgré sa proximité intellectuelle avec Darwin. Ce qui lie les deux femmes : un charisme irrésistible, un intense besoin de liberté et... une maison. D'une époque à l'autre, du XXIe siècle au XIXe siècle, Barbara Kingsolver dresse un portrait saisissant de vérité de l'Amérique, mêlant avec brio le romanesque et le politique. 

  • Trois guinées est sans doute le texte le plus engagé de Virginia Woolf. Lors de sa sortie, en 1938, The Times affirmait: "L'appel aux femmes de Mrs Woolf est un défi sérieux auquel doivent répondre tous les penseurs." En 2020, ce texte demeure un défi. Il s'inscrit comme une suite d'Une chambre à soi.

  • Un voyage exaltant aux confins de la mythologie, de l'histoire et du conte. Et si le Minotaure s'était suicidé en s'offrant à la lame de Thésée ? Et si Icare était un enfant tombé du nid, un chasseur hors pair, finalement terrassé par sa rencontre avec un aigle ? Et si Charon le nautonier avait été licencié pour avoir cédé aux avances de Psyché et n'avoir pas fait payer la traversée à Orphée ? Sous la plume enchanteresse de Miguel Bonnefoy, les héros mythologiques sont des êtres de chair et de sang, tout comme les héros du quotidien qu'ils croisent dans ces pages. Ce recueil, construit comme un labyrinthe, a pour fil d'Ariane la communication entre les mondes : celui qui s'aventure dans un univers qui n'est pas le sien est-il condamné au naufrage ?

  • Selon Stefan Zweig, « nous ne faisons qu'obéir à l'ordre incontestable de la Nature, lorsque, au lieu d'attacher notre regard aux ruines d'un monde qui s'écroule, nous essayons d'en construire un nouveau, qui soit meilleur que l'ancien ». Dans ces trois textes jusqu'ici méconnus, il dépeint la naissance d'époques et de mondes nouveaux. Ce recueil est composé de L'Échec de Wilson, Les Pêcheurs du bord de Seine et du texte inédit Jean-Jacques Rousseau.

  • Marc Augé, à qui l'on doit l'introduction des notions de non-lieux et de surmodernité, se confronte avec l'acuité qui lui est propre à des questions centrales relatives à l'humanité même de l'homme : le bonheur, la dignité, la confiance, l'augmentation préoccupante des inégalités. Ce volume, qui trouve dans le sens profond du partage de l'humanité générique habitant chacun d'entre nous son fil rouge, se présente comme une sorte de vadémécum pour le temps présent.

  • Marqué par le harcèlement scolaire qu'il a subi toute son enfance, le jeune Aaro, qui ne trouve sa place ni à l'école ni dans sa propre famille, envisage son entrée à l'université comme une possible réinvention de lui-même. Très vite, il comprend que le changement de décor ne fait rien à l'affaire : on s'emmène partout avec soi.
    Avec ce premier roman phénomène dans son pays, itinéraire d'un alien ordinaire terriblement attachant, non dépourvu d'humour et d'autodérision, le jeune Antti Rnkä révèle une voix singulière et irrésistible. Comme une version finlandaise du tube de Radiohead : Creep.

  • Un premier roman d'une fascinante étrangeté, peuplé par une galerie de monstres et conçu comme un cabinet de curiosités littéraires.

  • L'une des tâches de la philosophie a toujours été de faire apparaître des pans du réel restés cachés. Le corps a été un l'un d'eux. La sexualité a été l'un d'eux. Mais cela n'était jamais encore arrivé à une partie du corps. Cette partie, qui n'en est pas vraiment une, parce qu'elle est une tout à elle seule, c'est le clitoris. Organe dit du plaisir de la femme. Organe longtemps ignoré, souvent mutilé. L'organe du plaisir effacé.
    Inédit

  • Dans ce nouveau livre, Vivian Gornick revient sur les auteurs qui ont marqué sa vie, lus et relus à différentes périodes. L'occasion pour elle de combiner son génie de lectrice et sa capacité à se raconter. C'est la première fois que le public français pourra apprécier un de ses talents majeurs, la critique littéraire, après avoir plébiscité son travail autobiographique. A ses côtés, on arpente sa bibliothèque intime - Colette, Duras, Doris Lessing, etc. - et, en pointillés, son existence. Un livre singulier, qui pétille d'intelligence et d'humour. 

  • Cesare Pavese (1908-1950) est l'une des figures les plus importantes de la littérature italienne du XXe siècle. S'il est d'abord connu, notamment en France, pour son oeuvre romanesque (Le bel été, La Lune et les Feux) ainsi que son célèbre journal (Le Métier de vivre) son ambition fut d'abord d'être poète. Le premier ouvrage qu'il publia en 1936 fut ainsi un recueil de poésie, Lavorare stanca (Travailler use), que lui-même considéra rétrospectivement comme l'une de ses oeuvres les plus abouties. Il conserva, parallèlement à sa production en prose, une activité poétique tout au long de sa vie.

  • L'abondance frugale comme art de vivre. La frugalité fait l'économie de toute consommation non nécessaire. La réhabilitation de la joie de vivre à la base du projet de la décroissance passe largement par celle des saveurs. L'art de bien manger fait partie de cet art de vivre préconisé par la décroissance.

  • L'amitié pour Aristote est absolument nécessaire à la vie. Les livres VIII et IX de l'Ethique à Nicomaque, que nous proposons ici dans une nouvelle traduction, forment un tout intégralement consacrée à l'amitié.

  • Un colloque sur « La phase terminale de l'être humain » réunissant médecins, économistes et anthropologues suédois se penche sur la question cruciale de la durée de vie... En vue de réduire les "coûts d'entretien" des vieux, des malades incurables et autres membres improductifs de notre société, comment convaincre la population qu'il serait plus sage d'un point de vue économique d'imposer aux citoyens une date de fin de vie ? « Nous naissons tous au même âge, n'est-ce pas, pourquoi ne pourrions-nous pas alors aussi tous mourir au même âge ? » Telle est la question au coeur de ce récit provocateur, qui fit scandale à sa parution en 1978. Carl-Henning Wijkmark souligne la relativité de la dignité humaine dans un monde en rapide mutation et nous met en garde contre la barbarie technocratique que les sociétés modernes nous réservent. Une réflexion sur notre rapport à la mort qui se révèle d'une effrayante actualité. 

  • En plus de deux petits chefs-d'oeuvre comme Regrets sur ma vieille robe de chambre et la Satire première, le présent choix de texte s'emploie à montrer les différentes faces d'un génie singulier. Une série d'articles pour l'Encyclopédie, où Diderot fit son apprentissage, témoigne de sa capacité à traiter de sujets variés avec beaucoup de verve. Des extraits de ses Mémoires pour Catherine II révèlent un grand planificateur intéressé par l'aménagement de la ville. Enfin des textes tirés des Éléments de physiologie, son dernier ouvrage testamentaire, nous rappellent que Diderot se passionna sa vie durant pour la médecine qui le familiarisa avec l'idée de la discontinuité fondamentale de l'être humain.

  • Les « affaires de moeurs » constituent une épreuve pour la société, non seulement parce qu'elles la mettent en face de son silence passé, mais parce qu'elles l'exposent, en guise d'expiation, à un empiètement de la vertu sur les libertés.

  • Ce livre rassemble deux pamphlets, inédits en français, du grand écrivain anglais Daniel Defoe. Bien que l'un d'entre eux ait été publié la même année que Robinson Crusoé, c'est à mille lieues des îles désertes qu'ils nous conduisent. L'auteur, on le sait peu, fut aussi commerçant et contraint de déclarer banqueroute. Il nous guide au coeur d'un lieu qu'il connaît bien : la City de Londres. Le regard porté sur les affairements dont elle est le théâtre n'a rien de complaisant. L'endroit et les usages indélicats qui y sont monnaie courante sont mis à nu. Le repas des cannibales de Robinson Crusoé fait bien pâle figure à côté du festin des spéculateurs insatiables, qui n'ont de scrupules envers rien ni personne. Écrits il y a de cela trois cents ans, ces pamphlets, encore pleins de verve, ne manquent pas de nous parler. On y retrouve bien des questions demeurées actuelles à propos de la réglementation et du contrôle des marchés ou encore du rôle de l'information et de ses manipulations.

  • La philosophie a-t-elle encore quelque chose à dire à nos peines et des consolations à nous prodiguer ? Ses grands édifices métaphysiques se sont effondrés et les sublimes consolations qu'ils soutenaient ont volé en éclats ; sa parole universelle colle mal à la singularité de nos douleurs ; et elle a appris elle-même à se méfier de toute consolation et de ceux qui en font commerce. Pourquoi l'âme en peine ouvrirait-elle un livre de philosophie ? Et que pourrait encore lui dire la philosophie, qui ne soit pas fausses promesses, dénégations, mépris dissimulé ou simple ignorance de nos souffrances ? Plutôt que de proposer une philosophie de la consolation, ce livre s'interroge sur ce que pourrait encore signifier aujourd'hui une consolation philosophique.

  • Le belge Franz Cumont (1868 - 1947) a bouleversé l'histoire des religions en y intégrant ce que l'on rattachait alors à l'histoire des sciences : l'étude des mouvements des étoiles, ou zodiaque. Son texte « Zodiacus » forme une synthèse magistrale sur l'origine de la pratique astrologique. Décrivant les éléments proprement astronomiques en jeu (constellations, course des planètes, phénomène de la précession des équinoxes) et son origine babylonienne, Cumont retrace d'abord les voies de transmission et l'évolution du zodiaque en Orient (Syrie), en Égypte, en Grèce, à Rome.

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