• La philosophie politique et la psychanalyse ont en partage un problème essentiel à la vie des hommes et des sociétés, ce mécontentement sourd qui gangrène leur existence. Certes, l'objet de l'analyse reste la quête des origines, la compréhension de l'être intime, de ses manquements, de ses troubles et de ses désirs. Seulement il existe ce moment où savoir ne suffit pas à guérir, à calmer, à apaiser. Pour cela, il faut dépasser la peine, la colère, le deuil, le renoncement et, de façon plus exemplaire, le ressentiment, cette amertume qui peut avoir notre peau alors même que nous pourrions découvrir son goût subtil et libérateur. L'aventure démocratique propose elle aussi la confrontation avec la rumination victimaire. La question du bon gouvernement peut s'effacer devant celle-ci : que faire, à quelque niveau que ce soit, institutionnel ou non, pour que cette entité démocratique sache endiguer la pulsion ressentimiste, la seule à pouvoir menacer sa durabilité? Nous voilà, individus et État de droit, devant un même défi : diagnostiquer le ressentiment, sa force sombre, et résister à la tentation d'en faire le moteur des histoires individuelles et collectives.

  • Cinq leçons sur la psychanalyse de Sigmund Freud Suivi de Contribution à l´histoire du mouvement psychanalytique Traduction de l´allemand par Yves Le Lay et Samuel Jankélévitch, révisée par Gisèle Harrus-Révidi Préface de Frédérique Debout Nouvelle édition Éditions Payot Les deux textes composant cet ouvrage constituent une présentation de la psychanalyse qui s´adresse d´abord aux non-spécialistes. Cinq leçons sur la psychanalyse, premier livre de Freud publié en langue française, sont les conférences qu´il prononça en 1909 lors de son voyage aux États-Unis, où la psychanalyse était encore largement ignorée. On y trouve un récit simple et vivant des origines de la psychanalyse « inventée » par l´hystérique Anna O., mais aussi une introduction aux problèmes centraux : la sexualité infantile, l´interprétation des rêves, le complexe d´OEdipe. Freud conclut sur la nature des névroses et le refuge dans la maladie. Dans Contribution à l´histoire du mouvement psychanalytique (1914), Freud retrace les débuts difficiles de la psychanalyse et les résistances qu´elle rencontra. Il précise sa réflexion sur certains points litigieux, liés principalement au concept de « libido ».

  • Certains sont invulnérables à la dépression, et d'autres sombrent. Pourquoi ? Le nouvel essai de J.-D. Nasio s'attache au rôle des illusions dans notre vie, offre une explication neuve et originale de la dépression, et montre comment, une fois guéri, s'ouvrir à une nouvelle manière de s'aimer et d'aimer les autres.

  • Introduction à la psychanalyse, Sigmund Freud Traduit de l´allemand par Samuel Jankélévitch Éditions Payot L´orgueil humain a reçu trois grands démentis, souligne Freud dans l´Introduction à la psychanalyse : Copernic a montré que la terre n´était pas au centre de l´univers, Darwin que l´homme était un animal parmi d´autres et maintenant la psychanalyse fait apparaître que le « moi » n´est pas maître chez lui. Une affirmation que la psychanalyse fonde par la prise en compte de phénomènes (rêve, lapsus, symptômes) et par le recours à certains concepts (inconscient, préconscient). La pensée de Freud n´a rien d´ineffable : elle peut se transmettre. Telle est la visée de cette série de conférences (1915-1917), où Freud fait preuve de son talent à exposer ses idées. Rien d´obscur ou de désincarné, mais le mouvement de la psychanalyse où apparaissent tous les problèmes majeurs qu´elle aborde (interprétation des rêves ou théorie de la névrose) ainsi que les notions qu´elle a forgées (libido, transfert). Nous sommes ainsi guidés au coeur de la révolution psychanalytique, aussi bouleversante que celle de Copernic.

  • S'inquiétant de voir la psychothérapie de plus en plus altérée pour des raisons d'ordre économique, et appauvrie par des formations allégées, Irvin Yalom a voulu s'adresser aux nouvelles générations de thérapeutes et de patients. Dans cet ouvrage, construit en une sorte d'inventaire libre et généreux, il aborde les thèmes propres à la thérapie existentielle. En s'appuyant sur son expérience et ses talents de conteur, il y explore les différentes approches et pratiques présentes dans toute thérapie, offrant à ses lecteurs un enseignement précieux, une plongée au coeur de l'entreprise thérapeutique, sa complexité et ses incertitudes.Un demi-siècle de savoir-faire : à la fois manifeste psychanalytique et interpellation philosophique, florilège d'anecdotes vécues et confession essentielle, ce livre, traversé de bienveillance éclairée, continue de nous habiter en secret, de nous faire exister. Dominique Mathieu-Nazaire, Télérama.Traduit de l'anglais (États-Unis) par Anne Damour.

  • La norme est une fiction, une version lissée de nous-mêmes, un guide imaginaire qui nous rassure. Et si la norme d'aujourd'hui considérait nos fantaisies ? Aussi étrange que cela puisse paraître, être hors-norme, est-ce la nouvelle tendance ?
    L'incitation perpétuelle à nous définir nous fait trop souvent oublier nos ambivalences, nos angles morts, nos pulsions. Nous sommes divisés et multiples déviants, parfois.
    En bousculant nos idées reçues, en nous livrant ses réflexions et son intimité, Mardi Noir nous invite à composer avec ce qui nous encombre : nos corps, nos peurs et nos désirs.
    Neuf portraits parcourent ce livre. Neuf incarnations des normes contemporaines. Et vous, que faites-vous de vos dérives ?

  • En novembre 2019, Paul Preciado s'exprime devant 3500 psychanalystes lors des journées internationales de l'Ecole de la Cause Freudienne à Paris. Devant la profession qui l'a diagnostiqué « malade mental » et « dysphorique du genre », il s'appuie sur Kafka et son Rapport pour une académie, dans lequel un singe parlant discourt devant une assemblée de scientifiques. Loin de toute émancipation, le singe parlant de Kafka explique que son apprentissage du langage ne fut qu'un passage d'une cage à une autre  : des barreaux de fer à la subjectivité humaine.
    Depuis sa cage de «  mutant  », il ne s'agit pas pour Preciado de parler de l'homophobie ou la transphobie des pères fondateurs de la psychanalyse, mais de montrer la complicité de celle-ci avec une idéologie de la différence sexuelle datant de l'ère coloniale, aujourd'hui rendue obsolète par les moyens dont nous disposons pour influer sur nos corps et notre façon de procréer.
    Surtout, le philosophe lance un appel à la transformation des discours et des pratiques psychologiques et psychanalytiques  : dans les années à venir, nous devrons élaborer collectivement une épistémologie capable de rendre compte de la multiplicité des vivants, sans réduire le corps à sa force reproductive hétérosexuelle, et qui ne légitime pas la violence hétéro-patriarcale et coloniale.
    La conférence provoque un séisme dans l'auditoire et depuis les associations psychanalytiques se déchirent. Filmé par des smartphones, le discours est mis en ligne et des fragments sont retranscrits, traduits et publiés sur internet sans souci d'exactitude. Afin d'élargir le débat, il importait de publier ce texte dans son intégralité.

  • "Que peut-on conclure de tout cela pour les liens entre les sexes ?"
    Il serait aisé de présenter Lou Andreas-Salomé comme une grande figure du féminisme, se laissant guider par sa vie : celle d'une femme libre, intellectuelle, sans enfants. Tout aussi aisé, en lisant quelques-unes de ses assertions sur "le type féminin" ou la structure masculine de la libido, de la présenter, au contraire, comme une voix exemplaire d'essentialisation de la femme, réduite à un "Éternel féminin", maternel avant tout.
    Ce n'est pourtant ni d'un côté ni de l'autre, insaisissable, qu'elle se trouve sans doute : en un interstice singulier qu'il reste à questionner et dont les articles ici réunis portent remarquablement l'équation.

    Narcissisme, féminité, complexe d'OEdipe... Trois textes psychanalytiques, denses et sinueux, par celle que Freud nommait "la compreneuse".

  • Pour la première fois, Melanie Klein parle explicitement du travail psychanalytique avec les adultes. Les six conférences inédites réunies ici, découvertes récemment dans les Archives Melanie Klein, ont été données en 1936 aux analystes en formation à la British Psychoanalytical Society. Nulle part Melanie Klein ne se montre aussi vivante, claire et explicite dans la formulation de ses idées, abordant les fondamentaux de la psychanalyse : le transfert, la connaissance de l'inconscient, le travail d'interprétation, etc. Ces conférences sont suivies de la transcription des séminaires, également inédits, qu'elle conduisit vingt ans plus tard, en 1958, avec de jeunes analystes et qui se présentent sous la forme de dialogues sans dogmatisme sur de nombreux thèmes, dont les entretiens préliminaires, les silences du patient, l'attention flottante, le contre-transfert. Melanie Klein y explique en particulier combien la compréhension du patient requiert une mobilisation totale des émotions et des sentiments de l'analyste, et elle met en garde contre la tentation si courante de poser une étiquette sur le patient.

  • Les femmes ? Elles sont depuis le début le moteur de la psychanalyse : elles ont fait son histoire aussi bien en étant étudiées par elle qu'en tant que théoriciennes, créatrices, penseuses ; fougueuses, parfois excessives, pleines de feu, elles ont refusé de se couler dans la norme et les assignations liées à leur sexe. Tel est le fil rouge de ce livre qui raconte, en une cinquantaine de courts chapitres, la relation de la psychanalyse au sexe et à l'amour. En quoi la vie de Lou Andreas-Salomé nous indique-t-elle ce qu'est une femme libre ? Peut-on désirer sans dominer, contrairement à ce que fit Jung avec Sabina Spielrein ? Pourquoi certains, comme Victor Tausk, se suicident-ils au moment où l'amour entre dans leur vie ? Comment en venons-nous à haïr notre conjoint, comme Winnicott avec sa femme ? Que faire quand, comme la Lol V. Stein de Duras relue par Lacan, la jalousie nous crucifie ? Pourquoi acceptons-nous parfois que la personne qu'on aime en aime une autre sans cesser pourtant de nous aimer, comme le firent Virginia Wool, Keynes et les membres du groupe de Bloomsbury ? Peut-on rester l'analysant(e) de la personne avec qui l'on vit une grande histoire d'amour, comme Catherine Millot et Lacan ? Et plus largement, la psychanalyse peut-elle encore nous aider, aujourd'hui, dans notre vie amoureuse et sexuelle ?

  • FreudL'Interprétation du rêveTraduit de l'allemand et présenté par Jean-Pierre Lefebvre« L'Interprétation du rêve a d'abord été négligée par ses destinataires. Elle évoque à ce titre la Phénoménologie de l'esprit de Hegel. Mais il n'y avait pas ici - bien au contraire - l'alibi épistémologique de l'obscurité du discours. L'une des formes de cette négligence fut un accueil critique de l'intention générale, du sens du travail : un symptôme qui signalait en fait la dimension totalement innovante de celui-ci. Et effectivement, dans le souci méthodique obstiné de prendre en compte toutes les objections, mais aussi dans son horizon théorique et culturel, et par la qualité même de son écriture, elle évoque surtout Le Capital de Karl Marx et L'Origine des espèces de Charles Darwin.D'où un paradoxe qui intéresse notamment le traducteur : un livre d'auteur, apparemment lisse, articulé, systématique, linéaire, aujourd'hui encore identifié à ce que Stefan Zweig appelait une "heure étoilée de l'humanité", à une création géniale, mais qui se présente aussi comme un défi déroutant à l'édition scientifique tant il est le produit d'un atelier bourdonnant de lectures, de batailles, de reprises, de contacts avec les patients, de rapports plus ou moins allusifs avec un public. Paradoxe quasi onirique, objectivement inévitable, dont l'écriture est un acteur essentiel. Métaphore, aussi, de ce que la traduction affronte. »J.-P. L.Jean-Pierre Lefebvre est titulaire de la chaire de littérature allemande à l'École normale supérieure. Ses traductions de Hegel, Marx ou Paul Celan ont fait date.

  • Toute mère est sauvage. Sauvage en tant qu'elle fait serment, inconsciemment, de garder toujours en elle son enfant. De garder inaltéré le lien qui l'unit à son enfant dans cet espace matriciel à laquelle elle-même, petite, fut livrée. Ce serment se perpétue ainsi, secrètement, de mères en filles et en fils, jusqu'à l'étouffement et parfois même le meurtre, si de la différence ne vient pas en ouvrir le cercle, et briser l'enchantement. C'est ce serment, que doit rompre l'enfant pour devenir lui-même, accéder à sa vérité, son désir. Le risque qu'il affronte, pour pouvoir aimer, c'est d'abandonner la mère à la mélancolie et de traverser la peur d'être lui-même abandonné.Comment des individus exposés avec une violence particulière à cette sauvagerie s'en sortent-ils ?Pourquoi la parole et l'écoute psychanalytique peuvent elles ouvrir un nouvel espace de vie chez ces êtres menacés d'ensevelissement ?Née à Paris en 1964, philosophe et psychanalyste, Anne Dufourmantelle enseigne la philosophie à l'Ecole d'Architecture UP6 La Villette.Elle est l'auteur de La vocation prophétique de la philosophie (Ed.du Cerf).

  • Sa monumentale Interprétation des rêves (1900) n'ayant pas rencontré le succès qu'il escomptait, Freud en offre peu après, avec ce livre de 1901, un résumé clair et vivant pour en populariser les thèses. Écrit pour un large public, Sur le rêve synthétise donc, en une dizaine de courts chapitres, l'essentiel de ses idées. Il comprend également l'analyse de six rêves qu'il a faits, en particulier celui dit de « la table d'hôte », dont on a dit qu'il prolongeait le très célèbre rêve de "l'injection faite à Irma" qui est au coeur de L'Interprétation des rêves.
    Recommandé à partir de la classe de terminale.
    Traduction inédite.

  • L'Occident s'est construit sur le rêve, devenu cauchemar, d'une rationalité capable de congédier définitivement les pulsions, de contrôler les affects et de domestiquer les corps. De ce geste est née la modernité, à partir de laquelle l'homme s'est séparé de l'ensemble auquel il appartient. Bref, le rationalisme nous a conduits à une vision virile et conquérante de ce continent noir que nous avons nommé « nature ». L'époque qui s'ouvre marque le retour de l'exil. Après avoir écrasé et ignoré la fragilité du vivant, nous la voyons faire irruption dans notre quotidien sous les traits d'une pandémie et d'un écocide. Nous sommes liés et ne pouvons plus prétendre, en toute impunité, exister depuis un point de vue abstrait, de nulle part. La fragilité est expérience, non savoir hors-sol. À nous d'en tirer les leçons, d'inaugurer une pensée et un agir qui intègrent cet autre de la rationalité, qui est non pas l'irrationnel des relativismes identitaires ni l'hyper-rationalité de la machine algorithmique, mais un savoir qui se tisse au plus proche de nos sensations, de nos émotions et du vécu du corps : le sens commun.     

  • La psychanalyse repose en grande partie sur cinq cas célèbres : Dora, Le Petit Hans, L'Homme aux Rats, L'Homme aux Loups, et Le Président Schreber, qui abordent des notions clés : l'hystérie, la phobie, l'obsession, la castration, la paranoïa. Freud les a regroupés dans Cinq psychanalyses. Cet ouvrage lu par des générations d'étudiants et de thérapeutes, qui n'était disponible que dans la traduction des PUF, est publié aujourd'hui par Payot dans une édition attractive (traduction nouvelle, préface substantielle pour chaque cas).

  • Depuis trois ans, dans le secret de son cabinet, le psychologue Tobie Nathan accueille des jeunes en danger de radicalisation. Il écoute. Leurs histoires,leurs mères éplorées, leurs pères perdus. Et tout ce qu'ils ont à nous apprendre sur le monde tel qu'il est.
    " Je veux comprendre : comment un lycéen studieux peut-il devenir en quelques mois un djihadiste en route pour la Syrie ? Une coquette des beaux quartiers, l'arrogante fiancée d'un guerrier ? Un délinquant de cité, un prêcheur philosophe ? L'histoire des jeunes radicalisés est faite de métamorphoses. Elle est souvent imprévisible. "
    Tobie Nathan soigne des migrants depuis quarante-cinq ans. Cette fois, il met les connaissances d'une vie au service des extrémistes de l'islam. Lui, le Juif, l'étranger, l'enfant des cités.
    Aucun penseur ne les a connus de si près. Aucun n'a osé dire qu'il leur ressemblait. Se raconter, se mettre à nu pour faire revenir " les âmes errantes ", est un pari risqué. Le seul qui lui semblait valoir la peine d'être tenté.

  • Pour Joëlle Desjardins-Simon, psychanalyste dans un service d'assistance médicale à la procréation depuis quinze ans, l'infécondité est orchestrée par l'inconscient dans une dynamique de couple. Curieusement, il arrive qu'une femme et un homme se rencontrent pour ne pas concevoir d'enfant ensemble malgré leur désir affirmé. Ils se trouvent alors entraînés dans un parcours lourdement médicalisé.A partir de nombreuses histoires de couples, elle montre comment le psychisme verrouille l'accès à la maternité et à la paternité. Pour chaque personne en quête d'enfant, les mêmes questions se posent. Quelles relations infantiles a-t-elle établies avec ses propres parents ? Comment est composée sa fratrie ? La place de l'enfant n'est-elle pas déjà prise ? Que risqueraient le couple et l'enfant à naître ?Au-delà ce que chacun vit, l'histoire familiale, avec ses drames et ses secrets, pèse sur plusieurs générations. L'arrêt de la transmission est parfois moins coûteux pour la survie du sujet ou du couple.Par sa manière d'aborder l'infécondité, la psychanalyste donne toute sa chance à la parole. Sa réflexion aidera les professionnels de l'AMP et les couples minés par l'attente interminable d'un enfant.

  • Nous sommes tous assoiffés d'amour, nous vivons dans l'idée romantique que l'amour va nous tomber dessus sans crier gare. Et si nos relations amoureuses échouent, c'est bien souvent parce que " nous n'avons pas trouvé la bonne personne ".
    Pour Erich Fromm, éminent psychanalyste d'après-guerre, l'amour, qu'il soit parental, fraternel, érotique ou amour de soi, est un art. Et comme tout art, il s'apprend et se cultive. Apprendre à aimer, c'est prendre conscience de sa place dans la société ; c'est comprendre qu'en se tournant vers l'autre, on explore ses propres ressources ; c'est aussi, paradoxalement, réaliser que c'est en s'aimant soi-même qu'on se rend libre.
    Accessible, profondément humaniste,
    L'Art d'aimer est un ouvrage majeur, un classique indispensable, plus que jamais en résonance avec notre époque.

  • Le Malaise dans la culture, publié en 1930, est le seul véritable exposé de la conception de la réalité sociale et de la philosophie politique de Freud.
    Son diagnostic en a troublé plus d'un : la culture s'efforce d'endiguer l'irréductible agressivité humaine sans jamais remporter de victoire décisive. On a voulu y voir la preuve du pessimisme d'un vieil homme rongé par la maladie et rattrapé par l'histoire. Bien au contraire, en leur montrant qu'ils n'ont rien à attendre d'un retour à la « nature », d'une société sans classes ou encore d'un paradis régi par les lois du marché, Freud délivre les hommes de leur dernière chaîne, celle qui les liait à la croyance et à l'espoir, et les fait entrer dans le royaume de la liberté où l'illusion n'a plus cours.

    Dossier :
    1. L'analyse profane et la tentation philosophique de la psychanalyse
    2. L'agression, la mort
    3. Politique de Freud
    4. Freud prophète ?
    5. Une idéologie de la libération ?

  • Psychopathologie de la vie quotidienne, Sigmund Freud Traduit de l´allemand par Samuel Jankélévitch Éditions Payot Oublier un nom, casser un bibelot familier, se tromper de clefs, commettre un lapsus, tous ces petits accidents ordinaires doivent s´interpréter comme des manifestations de l´inconscient. En effet celui-ci travaille sans cesse, infatigablement. Freud a montré comment le rêve était la voie royale d´accès à l´inconscient. Il dessine dans cet ouvrage de 1901 d´autres chemins vers cette part qui échappe à notre contrôle et qui, par ses manifestations, traduit nos désirs.

  • « La question cruciale pour le genre humain me semble être de savoir si et dans quelle mesure l'évolution de sa civilisation parviendra à venir à bout des perturbations de la vie collective par l'agressivité des hommes et leur pulsion d'autodestruction. Sous ce rapport, peut-être que précisément l'époque actuelle mérite un intérêt particulier. Les hommes sont arrivés maintenant à un tel degré de maîtrise des forces de la nature qu'avec l'aide de celles-ci il leur est facile de s'exterminer les uns les autres jusqu'au dernier. Ils le savent, d'où une bonne part de leur inquiétude actuelle, de leur malheur, de leur angoisse. Il faut dès lors espérer que l'autre des deux "puissances célestes", l'éros éternel, fera un effort pour l'emporter dans le combat contre son non moins immortel adversaire. Mais qui peut prédire le succès et l'issue ? » Sigmund Freud Traduit de l'allemand par Bernard Lortholary Présentation, notes et bibliographie par Clotilde Leguil

  • On connaît l´intérêt passionné du romancier stefan Zweig pour les zones inexplorées et obscures de l´esprit humain. on connaît aussi l´indéfectible et révérencieuse amitié qu´il voua toute sa vie au père de la psychanalyse - Zweig prononça l´éloge funèbre de Freud en 1939. résolument conçu comme une apologie, cet essai, publié en France pour la première fois en 1932 dans le recueil La Guérison par l´esprit, était destiné à prouver aux yeux du monde la valeur et la portée de l´oeuvre de Freud. tout en donnant au lecteur contemporain les clés essentielles sur l´homme et sa théorie, il se double aussi d´une réflexion fondamentale sur les pouvoirs de la pensée et restitue admirablement l´esprit d´une époque, ses réticences, ses doutes et ses espoirs. Ce volume contient l´oraison funèbre « Sur le cercueil de Sigmund Freud ».

  • Malaise dans la civilisation de Sigmund Freud Traduit de l´allemand par Aline Weill Préface de Laurie Laufer Traduction inédite Éditions Payot Sommes-nous faits pour le bonheur ? À lire cet essai de 1930, on peut en douter, notre existence étant plutôt caractérisée, selon Freud, par la violence, la souffrance et l´insatisfaction... Utilisant la théorie des pulsions élaborée quelques années plus tôt dans Au-delà du principe de plaisir, il explique pourquoi l´agressivité, l´hostilité et la cruauté sont inhérentes au genre humain, il dégage ce qui les relie au plaisir et à l´amour, et il montre à quelles conditions la culture permet de contrôler les pulsions de mort. Reliant des thèmes aussi divers que le sentiment de culpabilité, l´égoïsme et l´altruisme, la liberté individuelle, la conscience morale, le travail, le plaisir sexuel ou les drogues, ce livre est essentiel pour qui veut comprendre la violence de notre société et répondre à la question : comment vivre ensemble ?

  • En France, le débat sur l'efficacité de la psychanalyse souffre de nombreux biais. Le rapport Psychothérapie. Trois approches évaluées (2004) de l'Inserm a contribué à les révéler autant qu'à les accroître. Aussi paraît-il nécessaire, quinze ans après, de renouer avec l'ensemble des données disponibles, en vue d'actualiser la controverse. Trois temps sont repérables dans l'histoire de cette controverse, correspondant aux types de méthodes utilisées : 1. les comptages rétrospectifs, études de suivi et études prospectives « pré-post » (1917-1980) ; 2. les essais contrôlés randomisés et méta-analyses (1980-auj.) ; 3. les études observationnelles contrôlées, en conditions naturelles (2000-auj.). Ces différents types de recherches convergent : la psychanalyse y apparaît efficace (et pas moins que d'autres thérapies testées) pour l'ensemble des troubles psychiques connus. Connaître ce pan souvent ignoré de la littérature et en comprendre les enjeux scientifiques est indispensable, si l'on envisage la psychanalyse dans la cité. Sa place à venir au coeur des institutions de soin et à l'université est en jeu.

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