• Depuis trente ans, Paul a fait de son histoire familiale, et du désastre que fut son enfance, la matière même de ses romans. Une démarche que ses frères et soeurs n'ont pas comprise, au point de ne plus lui adresser la parole pendant de longues années. Et puis arrive le temps de la réconciliation. Paul décide de réunir à déjeuner, dans la maison qui est devenue son refuge, tous les protagonistes de sa tumultueuse existence : ses neuf frères et soeurs, leurs enfants et les siens, et même ses deux ex-femmes. Viendra qui voudra. Et advienne que pourra. Le temps d'un singulier repas de famille, Lionel Duroy parvient à reconstituer tous les chapitres essentiels de la vie d'un homme. Avec sa profondeur psychologique habituelle et l'élégance de son style, il livre ici un récit vibrant de vérité sur les liens indestructibles de l'enfance, la résilience et la paix enfin retrouvée.

  • Je tourne la page, et ça y est, la chose est enfin dite : « Dans un entretien, observe Nathalie Léger, Marguerite Duras s'énerve un peu : " L'autoportrait, je ne comprends pas ce que ça veut dire. Non, je ne comprends pas. Comment voulez-vous que je me décrive ? Qui êtes-vous, allez-y, répondez-moi, hein " » Qui je suis, moi ? C'est la question à laquelle je dois maintenant répondre.
    Lionel Duroy aura passé l'essentiel de son temps à écrire. À travers ses nombreux romans, il a tenté de démêler les fils d'une vie, éclairant au passage celles et ceux qui nous aident à grandir ou s'emploient à nous détruire, parfois sans le vouloir : nos parents, nos frères et soeurs ceux que nous aimons, puis désaimons. Aujourd'hui, avec L'homme qui tremble, il inverse les perspectives et, dans un autoportrait cruel et lumineux, s'interroge sur son propre rôle dans ce destin singulier.

  • Le chagrin

    Lionel Duroy

    • Julliard
    • 30 Septembre 2010

    De l'Occupation jusqu'à nos jours en passant par la guerre d'Algérie et Mai 68, des avenues chics de Neuilly aux cités dortoirs de Rueil, Lionel Duroy retrace l'itinéraire chaotique d'un garçon pris au piège d'une odyssée familiale désastreuse. Un roman poignant qui fouille les mentalités françaises depuis la seconde moitié du XXe siècle.0300 De 1940 à nos jours, la société française connaîtra elle aussi de grands bouleversements. Mais jamais cette famille ne sera du bon côté des événements politiques. Défenseur de Pétain sous l´Occupation, opposé de nouveau à de Gaulle lorsqu´il « abandonne » les Français d´Algérie, et pestant contre ces «gauchistes» qui, en 68, incendient Paris du haut de leurs barricades, le père est toujours à contre-courant des grands mouvements libérateurs. Il faudra plusieurs décennies au narrateur pour se défaire de l´héritage culturel familial, et parvenir enfin à se forger ses propres convictions.
    Comprendre d´où l´on vient pour parvenir à s´émanciper de son passé, telle est l´entreprise du Chagrin. Lionel Duroy s´est inspiré de son propre parcours pour écrire ce magistral roman d´initiation. Loin de montrer la face glorieuse de son existence, c´est au contraire avec un courage et une sincérité déchirants qu´il décrit ce que tant d´autres familles taisent sur leurs origines honteuses ou inavouables. Selon une conception cyclique du temps chère à Marcel Proust, Lionel Duroy démontre que les mêmes épisodes traumatiques ne cessent de se rejouer dans notre vie présente, sous d´autres déguisements. Et souligne, avec mélancolie, la manière dont l´enfance continue à nous hanter des décennies plus tard.
    0300Au départ, c´est un couple amoureux qui convole durant l´Occupation. Le mari est issu de la noblesse désargentée ; l´épouse aspire à une vie mondaine digne de sa récente particule. En catholiques zélés, ils donnent naissance à onze enfants, tandis que toute la maisonnée mène aveuglément un train de vie de grands bourgeois. Prêt à se lancer dans les entreprises les plus hasardeuses pour satisfaire les exigences de sa bien-aimée, le père accumule les dettes en secret. La chute n´en est que plus rude. Expulsion des beaux quartiers, humiliation sociale, toute la tribu est relogée dans une cité lugubre. La paix du ménage se fissure, tout comme l´équilibre de la mère. Commence une longue série de galères ? de magouilles paternelles en crises de nerfs maternelles. L´un des enfants, témoin épouvanté des calamités qui s´amoncellent audessus du foyer familial, raconte son histoire. À la fois roman d'initiation, saga familiale, épopée tragicomique,Le Chagrinest un mélange des genres d´une envergure littéraire exceptionnelle.0600PRESSE À propos d´Écrire(Prix du récit biographique) :  François Vey,Le Parisien  Didier Pourquery,Métro  Philippe-Jean Catinchi,Le Monde  Alexandre Fillon,Madame Figaro Le Nouvel Observateur  Trois couples en quête d´orage:  Philippe-Jean Catinchi,Le Monde Trois couples en quête d´orageest un de ses meilleurs livres. » Marie-Laure Delorme,Le Magazine littéraire  François Vey,VSD  Dominique Bona,Le Figaro littéraire  Nathalie Crom,La Croix  Gérad Pussey,Elle  Christian Sauvage,Le Journal du dimanche  Méfiez-vous des écrivains:  Nathalie Crom,La Croix  Patrick Besson,Le Figaro littéraire  Jérôme Garcin,Le Nouvel Observateur  Philippe-Jean Catinchi,Le Monde  Christine Ferniot,Télérama  Un jour je te tuerai:  Philippe-Jean Catinchi,Le Monde  Christian Sauvage,Le Journal du dimanche  Thierry Gandillot,L´Express  Michèle Fitoussi,Elle  Jérôme Garcin,Le Nouvel Observateur  Marie-Edith Alouf,Politis  France-Dimanche  François Vey,VSD  Thierry Gandillot,L´Express  Alexie Lorca,Lire  Des hommes éblouissants:  Jérôme Garcin,Le Nouvel Observateur  Pierre-Robert Leclercq,Le Monde des livres  Laurence Liban,Lire  Valérie Doineau,Elle  Mon premier jour de bonheur Mon premier jour de bonheurà cet écho touchant d´un livre à l´autre, on y retrouve une écriture à exacte distance entre pudeur et impudeur, et le refus de se complaire dans la contemplation de son nombril. » Jean-Baptiste Harang,Libération 

  • Eugenia

    Lionel Duroy

    À la fin des années trente, parce qu'elle est tombée sous le charme d'un romancier d'origine juive, Eugenia, une jeune et brillante étudiante roumaine, prend soudain conscience de la vague de haine antisémite qui se répand dans son pays. Peu à peu, la société entière semble frappée par cette gangrène morale, y compris certains membres de sa propre famille. Comment résister, lutter, témoigner, quand tout le monde autour de soi semble hypnotisé par la tentation de la barbarie ?
    Avec pour toile de fond l'ascension du fascisme européen, ce roman foisonnant revient sur un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale, l'effroyable pogrom de Jassy. Portrait d'une femme libre, animée par le besoin insatiable de comprendre l'origine du mal, ce livre est aussi une mise en garde contre le retour des heures les plus sombres de l'Histoire.
    Prix Anaïs-Nin 2019

  • L'absente

    Lionel Duroy

    Peu après son divorce, Augustin doit se séparer de sa maison. Bouleversé par le spectacle du déménagement, il s'enfuit en voiture avec pour tout bagage quelques photos, un ordinateur et ses deux vélos, puis se lance dans une course folle à la recherche d'un refuge, butant sur les personnes que le hasard place sur sa route - dont une femme qui le poursuit d'hôtel en hôtel. Revivrait-il le même effondrement psychique que sa mère, expulsée de son bel appartement de Neuilly un demi-siècle plus tôt ? Égaré, furieux et magnifique, Augustin entreprend alors de reconstituer l'histoire de cette femme qu'il a enterrée sans une larme. Au fil de ses rencontres, son regard sur elle commence à changer. Mené à un train d'enfer, à la manière d'un extravagant road movie, L'Absente redessine l'univers inépuisable que Lionel Duroy explore livre après livre.

  • L'hiver des hommes

    Lionel Duroy

    Pourquoi la fille du général Mladic, commandant en chef des forces serbes durant le siège de Sarajevo, accusé de génocide, s´est-elle tirée une balle dans la tête avec le revolver préféré de son père ? C´est pour tenter de répondre à cette question que Marc, écrivain, passionné depuis toujours par le destin des enfants de criminels de guerre, s´envole pour Belgrade en novembre 2010 alors que rien ne va plus dans sa propre vie. À Belgrade, il est amené par d´étonnants hasards, ou malentendus, à rencontrer quelques-uns des plus proches lieutenants du général Mladic, des hommes pour la plupart recherchés pour crimes de guerre. Ce sont eux qui l´encouragent à partir pour la petite République serbe de Bosnie où, disent-ils, il rencontrera le véritable peuple serbe, celui qui a gagné la guerre et continue de se battre aujourd´hui contre les Musulmans.



    Arrivéà Pale, la capitale historique des Serbes de Bosnie, un ancien village de montagne devenu une ville de trente mille habitants prise sous un mètre de neige, Marc découvre une population emmurée dans le désespoir, abandonnée de tous, mais cependant persuadée d´avoir mené une guerre juste. Les ex-officiers ne nient pas avoir commis les crimes les plus épouvantables contre leurs anciens voisins musulmans et croates, mais ils estiment avoir agi en état de légitime défense et avoir été trahis par leurs anciens alliés français. Pour se justifier, ils font à Marc le récit de leur guerre, ne cachant rien des atrocités qu´ils ont commises, ou qu´ils ont subies. Marc ne les juge pas - des jours et des nuits durant il les écoute. Ce sont pour la plupart des hommes attachants, exceptionnels parfois, qui luttent aujourd´hui contre leur propre conscience, contre leurs cauchemars aussi, enfermés dans une prison dont ils sont les geôliers. L´écrivain éprouve à leur endroit une curieuse empathie, comme si cet enfer dans lequel ils se sont enfermés faisait écho à son propre désarroi.
    « Nous croyons qu´à rompre avec la source du mal nous allons pouvoir inventer notre propre vie et apporter le bonheur à nos enfants », écrit-il, « alors que nous sommes faits de ce mal et qu´ainsi il continue de nous habiter et de nous ronger quoi que nous décidions, et quel que soit l´endroit du monde où nous allions nous réfugier. » Ce que vivent ces hommes est finalement pour Marc l´écho le plus exacerbé, le plus terrifiant, de ce que nous sommes nombreux à vivre chacun silencieusement au fil de notre propre destin.

  • échapper

    Lionel Duroy

    " Vous me demandez ce que Susanne a de plus que vous, je vais vous le dire : Susanne est en paix avec les hommes, elle ne leur veut aucun mal, elle n'ambitionne pas de me posséder et de m'asservir, elle aime au contraire me savoir libre et vivant pour que je continue d'être heureux et de lui faire l'amour. Longtemps, longtemps. Vous comprenez, ou il faut encore que je vous explique ? "

  • Vertiges

    Lionel Duroy

    Comme il l'avait si bien réussi dans Le Chagrin, Lionel Duroy nous entraîne de nouveau dans les méandres des sentiments humains les plus secrets et s'interroge cette fois sur l'incapacité de son héros à réussir sa vie sentimentale. Qu'est-ce qu'aimer ? Telle est la question.Au seuil d'une séparation qu'il sait de plus en plus inévitable, Augustin observe la femme qu'il aime et avec laquelle il pensait avoir définitivement reconstruit sa vie. Meurtri, déchiré, il est néanmoins tendu par ce désir plus fort que lui de comprendre, et ne peut détacher son esprit des images qu'il convoque pour tenter d'analyser les raisons d'une telle délitescence. Au visage d'Esther se substitue bientôt celui de Cécile, la première femme avec laquelle il a vécu, premier amour fracassé lui aussi, au terme de longues années de vie commune. Tandis qu'il s'interroge sur la répétition de ces échecs amoureux, les souvenirs d'enfance remontent à la surface, toujours obsédants. Rejeté par sa mère dès son plus jeune âge, il se demande de quelle façon répondre à l'attente et au désir des femmes qu'il rencontre ; comment parvenir à fonder une famille quand la sienne, enfant, n'a cessé de se disloquer ; comment surmonter le vertige que provoque chez lui l'évocation du sentiment amoureux. Car le sujet est vaste et chaque question en appelle une autre, en forme de méditation profonde et douloureuse.
    Comment un être croisé par hasard peut-il provoquer chez soi une telle sidération ? Par quel miracle une attirance aussi violente s'avère-t-elle réciproque ? Comment ne pas être ébloui par le plaisir que se donnent deux corps qui s'offrent et qui s'accordent ? Comment réussir à maintenir pendant de longues années cette effervescence magnifique face aux contingences du quotidien ? Que sait-on de cet être dont on croit partager le plus secret de son existence ? Comment affronter ce gouffre qui s'ouvre sous vos pieds quand la confiance mutuelle paraît se fissurer ? À toutes ces questions dévastatrices, Lionel Duroy oppose son implacable obsession de trouver les mots pour le dire. Écrire pour survivre. Écrire pour vivre. " Tout ce qui ne tue pas rend plus fort ", disait Niesztche, Lionel Duroy préfère penser que tout ce qui ne tue pas permet de vivre plus intensément.
    Depuis des années, livre après livre, Lionel Duroy tente de démêler l'imbroglio d'informations, de sensations, d'émotions qui tissent l'histoire d'une vie. Comme il l'avait si bien réussi dans Le Chagrin, et avec ce style parfaitement maîtrisé qui est le sien, il nous entraîne cette fois, dans une veine purement romanesque, à travers les méandres de nos sentiments les plus secrets et s'interroge sur les difficultés de son personnage à réussir sa vie sentimentale.

  • La vie rêvée doit se révéler plus belle, plus exaltante que la vraie vie Est-ce si sûr?0300Luc Esline est romancier et son projet est simple: faire des habitants de l´immeuble où il vient d´emménager les héros de son nouveau roman.Luc pense que, dans nos sociétés nanties, la plupart des gens devraient connaître des destins formidables mais que la peur de souffrir, la paresse ou la pure bêtise, les empêchent de se réaliser.Il va donc observer la vie quotidienne de ses nouveaux voisins et imaginer les destins étonnants qu´ils pourraient avoir s´ils avaient le courage d´affronter la réalité.Habitent dans cette ancienne usine, habilement transformée en appartements cossus: Paul-André, dentiste par nécessité, solitaire par goût et horticulteur par passion (sa serre encombre la cour de l´immeuble); Thomas et Cécile, un couple d´une quarantaine d´années, heureux parents de Laetitia, une adolescente adorable; Amanda, une jeune présentatrice de la télévision en pleine ascension, dont le mari (un peu terne et vaguement graphiste) reste à la maison pour s´occuper de leurs deux jeunes enfants; Marc Lanzmann, la star de l´immeuble, un éditeur de presse craint du Tout-Paris et qui vit là avec sa jeune maîtresse et Julien, son fils de dix sept ans; et notre romancier (divorcé depuis peu et douloureusement en manque de son tout jeune fils)Tous ces gens ont des histoires, des rêves, un passé, des secrets. Pour les percer à jour, il suffit de les observer et de poser les bonnes questions. Luc va s´y employer avec talent...

  • Dans ce nouveau roman, Lionel Duroy poursuit son exploration de l'intimité du couple et se penche cette fois sur les ressorts secrets d'un amour heureux.0300À l´instant où il l´a vue pour la première fois, de l´autre côté de la rue, à la fenêtre d´un appartement, Marc a été subjugué par Hélène. Dix ans plus tard, ils sont mariés et ont deux filles adorables. L´éblouissement demeure.Alors qu´ils passent un week-end sur une plage de Normandie et qu´ils vivent un de ces moments de grâce que la vie réserve aux gens heureux, Marc continue à éprouver devant le charme énigmatique de sa jeune femme le même étonnement. Comment et pourquoi cette femme a-t-elle pu l´aimer? Pourquoi lui a-t-elle tant donné? Le saura-t-il jamais? Peut-être est-ce tout simplement cela, le bonheur...Et soudain, un souvenir le transperce. C´était à Turin, au cours de ce voyage où ils ont fait l´amour pour la première fois. Il se souvient dans les moindres détails de la chambre d´hôtel et de chacun de leur geste. Il se rappelle aussi que, pendant tout leur séjour, Hélène a rempli de son écriture fine des pages et des pages d´un cahier noir qu´elle a toujours refusé de lui laisser lire. Et ce cahier, il s´en souvient parfaitement, est resté dans cet hôtel... S´il pouvait lire ce qu´elle a écrit au moment de la naissance de leur amour, il saurait tout de sa femme.Cette idée devient obsédante, et Marc décide de repartir à Turin retrouver le cahier d´Hélène. Dix ans se sont passés. Comment retrouver un objet aussi insignifiant oublié dans une chambre qui a vu passé depuis des milliers de voyageurs? L´hôtel existe-t-il encore, seulement? Et qu´y a-t-il d´écrit dans le cahier d´Hélène? Est-il bien certain qu´il soit opportun de relire aujourd´hui ce qu´elle écrivait jadis?

  • Que fait un homme en découvrant que la femme de sa vie en aime un autre ? L'intelligence et la raison voudraient qu'il s'efface avec élégance.
    Paul, lui, ne peut s'y résoudre : Il pourrait se lever et lui planter un couteau entre les deux yeux. L'autre est chez lui désormais... Dans ma maison, dans mon bureau, dans ma femme. Un honnête citoyen peut-il se transformer en criminel de la passion ? Paul enquête sur ses propres sentiments, même les plus inavouables. Obsédante est l'envie de meurtre en présence de l'homme qui détruit son couple et sa famille.
    Mais qui tuer quand la souffrance morale et physique est intolérable ? Qui tuer : l'amante, le séducteur ou soi-même ?

  • Ils sont trois couples ordinaires : Olivier est médecin à Senlis et Claire, sa femme, bibliothécaire à mi-temps, ils ont un fils. Rémi est professeur et sa compagne, Estelle, sculpte. Ils souffrent de n'avoir pas d'enfant.Pascale, elle, réalise des documentaires pour la télévision et Jean-Xavier, son mari, travaille depuis de longues années à un livre monumental tout en pantouflant au ministère des affaires étrangères. Ils ont deux enfants. Tout va bien pour ces trois couples. Ils ne manquent de rien. Ils sont en bonne santé et le temps s'écoule avec la sérénité d'une rivière normande. Olivier, Rémi et Pascale sont amis depuis l'adolescence et rien ne semble pouvoir altérer la force de l'affection qui les unit.Et, pourtant, il suffira d'une réflexion anodine de Rémi demandant à ses amis s'ils ne trouvent pas leur vie mortellement ennuyeuse pour que cette harmonie se lézarde et qu'éclate la bulle de bien-être dans laquelle ils sommeillaient sans en être conscients." Les gens heureux n'ont pas d'histoires ", dit la sagesse populaire. " Mais ça leur manque ", ajoute Lionel Duroy. Aujourd'hui, si le désir mutuel vient à manquer, le couple perd tout fondement et s'interrompt la relation jugée soudain trop morne. Mieux (ou pis), celui ou celle qui rompt n'a plus le mauvais rôle. Il est le héros qui prend le risque de semer le désastre pour reconquérir le seul bien qui vaille : le désir. Et celui qui reste est le coupable, accusé d'avoir transformé en assurance tous risques une aventure qui se voulait unique.Comme toujours dans son oeuvre, Lionel Duroy plonge au coeur des contradictions de la vie intime des êtres. Avec une lucidité allègre, il dévoile la dureté de ces moments ordinaires où nos vies apparemment si tranquilles viennent heurter de plein fouet l'inéluctable difficulté d'être.

  • Colères

    Lionel Duroy

    Dans ce très beau roman, Lionel Duroy repose la question de la légitimité et du sens de la création littéraire.0300Pour la première fois, Lionel Duroy a écrit dans l´urgence, à l'écart de tout lieu commun, loin des bégaiements de la morale ordinaire. À travers les personnages de son roman, il a tenté de saisir, au moment même où ils les éprouvaient, les sentiments violents qui nous traversent quand nous sommes confrontés à des conflits douloureux avec les personnes qui nous sont le plus proches. Ici, et dans le même mouvement, un fils et la femme aimée. « Comment avons-nous pu rater à ce point notre propre aventure familiale », écrit-il, « alors qu'à chaque instant nous avons eu le sentiment de bien faire ? »  Doit-on vivre pour écrire ? Doit-on écrire pour vivre ? Ces questions hantent Lionel Duroy depuis toujours. Inlassablement, il écrit pour déchiffrer ce chaos d'émotions, de sensations dans lequel le plongent les événements de sa vie. Il écrit pour dire ce qui est vrai, et pour ne pas faiblir. Pour ne céder ni à la facilité, ni au découragement. Pour refuser les compromis, il faut traquer le mot, ciseler la phrase, trouver la musique qui permet de creuser au plus profond, d'atteindre au plus intime de soi-même l'endroit où le plaisir est le plus vif et la douleur la plus intolérable.0600REVUE DE PRESSE À propos duChagrin:

    Claire Devarrieux,Libération Véronique Maurus,Le Monde des livres Jérôme Garcin,Le Nouvel Observateur Dominique Guiou,Le Figaro littéraire Julien Bisson,Lire Patrice Trapier,Le Journal du dimanche Clara Dupont-Monod,Marianne Delphine Perras,L´Express Marine Landrot,Télérama Olivier Mony,Le Figaro magazine Augustin Trapenard,Le Magazine littéraire « Le fort et beau roman de Lionel Duroy, débordant de scènes d´anthologie qui nous renvoient à nos propres histoires, raconte au bout du compte comment il s´en est sorti malgré tout, et dit à sa manière "Famille, je vous hai-me !" Yves Viollier,La Vie Olivia de Lamberterie,Elle France-Soir Biba   Le Soir 

  • Lionel Duroy nous offre un livre impudique, sans doute le plus intime qu'il ait jamais écrit, puisqu'il y dévoile, sans la déguiser, son âme.0300«À l´origine de l´écriture, il y a tout ce de quoi nous sommes faits, nos années d´enfance, ceux qui nous ont aimés et ceux qui nous ont haïs. Cet héritage marque profondément le regard que nous portons sur la vie ? il a profondément influencé tous mes livres, aussi bien les romans que les documents. Et brusquement, j´ai cessé d´écrire, je me suis interrompu, et même immobilisé, comme pour essayer de comprendre ce qui me pousse depuis tant d´années à écrire. À écrire toujours le même livre, comme si je n´en finissais pas de régler mes comptes. "Écrire" est le résultat de cette réflexion.» Lionel DuroyUn écrivain écrit à son éditeur pour annuler un déjeuner. Il n´a rien à lui montrer, il n´écrit plus. Pourquoi cette soudaine stérilité le plonge-t-elle dans un tel désarroi? En remontant à son premier roman, publié vingt ans plus tôt, et au désastre qui l´a suivi - le départ de sa femme, la rupture avec ses neuf frères et soeurs; puis aux livres qui ont suivi, nourris des drames engendrés par ce premier roman, et déclencheurs à leur tour de nouvelles catastrophes, il découvre comment il a laissé, sans s´en apercevoir, la littérature prendre peu à peu le pas sur sa vie, en dictant le cours et les accidents...0400Curtis,ce déjeuner, lundi prochain, c´est inutile. Je n´écris toujours pas, et la question qui me préoccupe est de savoir pourquoi cette soudaine stérilité me plonge dans un tel désarroi. Comme si je cessais progressivement d´exister, comme si je m´éteignais petit à petit. La dernière fois que nous en avons parlé, vous m´avez dit eh bien vivez, soyez heureux, personne n´est tenu d´écrire. C´est bien dans vos manières ce genre de réflexion. Si, Curtis, moi je suis tenu d´écrire. Vous me verriez en ce moment, vous en conviendriez. Je marche jusqu´à trois ou quatre heures par jour sans arriver à rien. J´essaie de m´épuiser physiquement pour supporter. Parfois, je crois avoir trouvé, et je rentre chez moi en courant. Oui, parce que je n´écris plus à la main, figurez-vous, il me faut désormais un ordinateur. Je m´y suis mis par mégarde, pour répondre à une lettre de mon fils et, depuis, ce truc m´est devenu indispensable. C´était une longue réponse, j´ai même cru à un moment que tout le livre allait venir. Mais non. Je ne sais pas où il est ce livre. Quelque part derrière ce que j´expliquais à mon fils, sans doute, ou dissimulé dans certains propos que je tiens à Hélène. Et donc, je cours jusque chez moi, tellement excité de tenir un début. Tellement excité, vous ne pouvez pas imaginer. Et puis mon enthousiasme fond au fil des phrases et, bientôt, ou le lendemain matin en me relisant, je vois combien ce que j´ai fait est petit, médiocre, comparé à ce que j´ai en tête.Hélène, mon fils, vous, Curtis, êtes évidemment les personnages de ce livre. Mais également mes trois filles et mes neuf frères et soeurs dont je suis pratiquement sans nouvelles. Également mes parents, dont la mort n´a rien réglé. Également ma première femme, Agnès, et l´invraisemblable gourou qui a su la séduire. Comment Agnès, que j´ai connue si perspicace, a-t-elle pu se laisser avoir par les bobards de ce crétin? Je vous le demande au passage, Curtis, puisque Agnès n´est pas une étrangère pour vous. Quand nous nous sommes rencontrés, vous et moi, je vivais encore avec elle. Quand vous avez publié mon premier roman, elle m´a accompagné à la télévision. Vous vous en souvenez? Elle était même assise à côté de vous, dans le public. Après l´émission, nous sommes allés dîner tous les trois et, le lendemain, vous m´avez laissé entendre qu´elle avait passé la soirée à m´envoyer des vannes. J´étais étonné, je n´avais pas remarqué.Vous voyez, je pense à Agnès, et aussitôt tout me revient. Les sentiments sont intacts, rien ne meurt en nous. Pourtant, cette nuit, c´est auprès d´Hélène que j´ai dormi et, hier soir, en la regardant téléphoner en fumant sa cigarette, je me suis retenu d´aller subrepticement lui caresser le vis

  • Je n'écoute pas l'officier. Je me souviens du chien de Gospi´c, de notre peur, du hurlement de Vladimir. Le chien avait voulu nous mordre. Plus tard, la dame de l'ancien restaurant nous avait offert du riz. « Mangez, avait-elle dit, ça va être froid. » Nous ne mangions pas, nous la regardions pleurer. « Vous savez, avait-elle ajouté, il tombait des petits jouets comme ceux des arbres de Noël ! Des boules rouges, des clochettes, des poissons d'argent. Les femmes ont crié de ne pas y toucher. Nous avons toutes crié ! Un enfant n'a pas dû entendre. C'était une journée sans pluie, une belle journée, les gens étaient dehors. Mais ce n'était pas des petits jouets. » Je ne quitte pas l'officier des yeux, j'acquiesce à tout ce qu'il dit mais je ne l'écoute plus.

  • Détruit moralement, Luc, le narrateur tente de comprendre pourquoi la femme qu'il aimait l'a quitté sur ces mots : "Tu n'aimes pas la vie." La faute à qui ? A son père, le roi de la combine foireuse, des impayés et des huissiers. A sa mère, une mégère, une éternelle insatisfaite qui se plaisait à simuler la folie devant ses neuf gosses effarés.

  • " - Oh mon chéri, murmure-t-elle, tu me combles parfaitement.
    Pourquoi a-t-elle dit cela au moment justement où il allait s'effondrer ? Ces mots le flagellent.
    Il perçoit les premiers signes d'une fierté masculine, un peu fruste, qui lui était étrangère. S'il parvient à combler une femme dans l'état pitoyable où il était un instant plus tôt, c'est que le succès est à sa portée. Comme si Odile, en le félicitant pour une performance qu'il n'a pas accomplie, lui avait ouvert les portes du Panthéon où se côtoient ses rivaux de toujours, ces hommes éblouissants : son beau-père, le commandant, Romain, Beckett...
    Cette fois il se débrouille - aussi bien que tous ces types héroïques, mieux peut-être. Il tend le cou, gonfle la poitrine, son corps se redresse et se fortifie. "

  • Humanites

    Lionel Duroy

    L'isolement, qu'il provienne d'un choix délibéré ou pas, peut être propice à une introspection, à une vision du monde plus juste, de par la distance, la séparation. Dans ces moments de solitude, l'Essentiel reprend alors toute sa place, avec plus de force et de justesse.
    « Ce recueil est le fruit de mon vécu, parfois teinté d'imaginaire, comme un fruit qu'aura fait naître l'absence de l'Autre... », précise l'auteur.

  • En avant-première, découvrez les premiers chapitres des titres de la rentrée littéraire 2016 des éditions Julliard : - Yasmina Khadra, Dieu n'habite pas la Havane - Lionel Duroy, L'Absente - Fouad Laroui, Ce vain combat que tu livres au monde - Jacques A. Bertrand, Biographies non autorisées - Michèle Sarde, Revenir du silence

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