Jean Picollec (réédition numérique FeniXX)

  • Peu d'êtres furent plus honnis que le duc d'Orléans qui envoya à la guillotine son cousin le roi Louis XVI. L'Histoire, dans toute la vie de cet homme, n'a voulu voir que la lâcheté de son vote régicide. On l'a écrit : « Dans la longue suite des Capétiens, Philippe d'Orléans est cette figure voilée devant laquelle on passe en détournant les yeux. » Il n'a certes pas été dans les intentions d'André Castelot de présenter Philippe Egalité sous les traits d'un martyr ; le grand historien a voulu, à la lumière de nombreux documents inédits, trouver les raisons de ce comportement qui condamna le roi à mort à une voix de majorité : celle d'Egalité-le-Régicide... et par là même toucher à l'histoire de la Révolution. Talleyrand, qui s'y connaissait en pourriture, a déclaré un jour : « D'Orléans est le vase dans lequel on a jeté toutes les ordures de la Révolution. » Pour tous les historiens, le cousin du roi se trouve à l'origine de la prise de la Bastille et des sanglantes journées d'Octobre. Or, en se penchant sur les notes écrites par Philippe Egalité, on découvre des affirmations de ce genre : « J'ai toujours cru et je crois encore que ma conduite dans la Révolution présente a été aussi simple et naturelle que mes motifs étaient raisonnables et justes. » Le cher G. Lenôtre l'a dit : « Le procès de sa mémoire est jugé sans avoir été plaidé. » Sans aller jusqu'à le pleurer, ainsi que le demandait le prince de Ligne, André Castelot a essayé de le comprendre.

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