Julliard

  • Entrez dans la danse

    Jean Teulé

    • Julliard
    • 1 Février 2018

    Une étrange épidémie a eu lieu dernièrement
    Et s'est répandue dans Strasbourg
    De telle sorte que, dans leur folie,
    Beaucoup se mirent à danser
    Et ne cessèrent jour et nuit, pendant deux mois
    Sans interruption,
    Jusqu'à tomber inconscients.
    Beaucoup sont morts.
    Chronique alsacienne, 1519

  • Gare à Lou !

    Jean Teulé


    Avec Gare à Lou !, Jean Teulé revient à la veine fantastique qui avait fait le succès du Magasin des suicides et laisse libre cours à un imaginaire plus débridé que jamais.

    Comme le disaient Mozart et Shakespeare : " Il est très agréable de jouir d'un don exceptionnel, mais il ne faut pas oublier que c'est une source inépuisable d'embêtements. " À 12 ans, Lou partage absolument cette opinion. Au prétexte qu'elle est en mesure de faire tomber immédiatement les pires calamités sur la tête de tous ceux qui la contrarient, on l'enferme dans un endroit secret en compagnie de militaires haut gradés pour qu'elle devienne une arme absolue capable de mettre en échec les plans malveillants des ennemis du pays ou, pire, d'ourdir de méchantes et sournoises manoeuvres afin de causer des torts effroyables à d'autres nations. De telles occupations n'offrent pas à une adolescente les satisfactions que la vie aurait pu lui promettre. D'autant que son super pouvoir, aussi extraordinaire soit-il, ne fonctionne pas toujours comme prévu. Rien ne pouvait mieux inspirer Jean Teulé que d'imaginer les horreurs qu'un être humain bien disposé peut infliger à ses contemporains.

  • Entreprise familiale, le Magasin des Suicides prospère dans le malheur jusqu'au jour où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.0300Imaginez une petite entreprise où l´on vend depuis dix générations tous les ingrédients pour se suicider. Bienvenue dans le Magasin des Suicides, au célèbre slogan : "Mort ou remboursé!" Mishima Tuvache, le père, spécialisé dans les morts violentes, dirige la maison d´une main de fer. Lucrèce, la mère, adepte de l´empoisonnement, confectionne elle-même des mixtures fatales. Vincent, le fils aîné, projette la création d´un parc d´attractions sur le thème du suicide. Sa soeur, Marilyn, qui se croit moche et inutile, voudrait en finir avec l´existence, mais ses parents lui rappellent que : "Chez les Tuvache, on ne peut pas se suicider parce que sinon qui tiendrait le magasin?"Dans cette famille malheureuse et contente de l´être, le destin a frappé le jour où Mishima et Lucrèce ont testé un préservatif poreux destiné à ceux qui veulent mourir par contamination sexuelle. C´est ainsi qu´est né le petit dernier, Alan, que la nature a doté d´un horrible défaut : il adore la vie. Un enfant pareil, c´est un coup du sort. Il console les clients, sème une joyeuse pagaille avec son sens de l´humour et ses chansons. Mishima en fait une dépression et doit s´aliter quelques jours, le temps pour Alan de métamorphoser la boutique avec l´aide de sa mère, sa soeur et son frère, atteints par son optimisme.Dorénavant, le M.D.S. (Magasin des Suicides) devient une sorte de M.J.C. locale où les clients se retrouvent pour faire la fête et chercher des solutions à l´avenir du monde. Tout cela se terminera peut-être dans une sorte d´apothéose, car, finalement, le pire n´est jamais sûr!

  • En 1663, Louis-Henri de Montespan, jeune marquis désargenté, épouse la somptueuse Françoise " Athénaïs " de Rochechouart. Lorsque cette dernière accède à la charge de dame de compagnie de la reine, ses charmes ne tardent pas à éblouir le monarque ? à qui

  • N'ayez les coeurs contre nous endurcis.
    Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d'Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a appris le grec et le latin à l'université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les étudiants, les curés, les prostituées, les assassins, les poètes et les rois.
    Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Des plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu'un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l'histoire de son temps et a disparu un matin sur la route d'Orléans.
    Il a donné au monde des poèmes puissants et mystérieux et ouvert cette voie somptueuse qu'emprunteront à sa suite tous les autres poètes : l'absolue liberté.

  • Héloïse, ouille !

    Jean Teulé

    À la fin de sa vie, Abélard écrivait à Héloïse :
    " Tu sais à quelle abjection ma luxure d'alors a conduit nos corps au point qu'aucun respect de la décence ou de Dieu ne me retirait de ce bourbier et que, quand, même si ce n'était pas très souvent, tu hésitais, tu tentais de me dissuader, je profitais de ta faiblesse et te contraignais à consentir par des coups. Car je t'étais lié par une appétence si ardente que je faisais passer bien avant Dieu les misérables voluptés si obscènes que j'aurais honte aujourd'hui de nommer. " Depuis quand ne peut-on pas nommer les choses ?
    Jean Teulé s'y emploie avec gourmandise.

  • Il arrive à quatorze heures à l'entrée de la foire. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l'aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Comment une telle horreur est-elle possible ? Comment une population paisible (certes angoissée par la guerre contre l'Allemagne et sous la menace d'une sécheresse exceptionnelle) peut-elle être saisie en quelques minutes par une telle frénésie barbare ? Au prétexte d'une phrase mal comprise et d'une accusation d'espionnage totalement infondée, six cents personnes tout à fait ordinaires vont pendant deux heures se livrer aux pires atrocités. Rares sont celles qui tenteront de s'interposer. Le curé et quelques amis du jeune homme s'efforceront d'arracher la malheureuse victime des mains de ces furieux et seule Anna, une jeune fille amoureuse, risquera sa vie pour le sauver.
    Incapable de condamner six cents personnes d'un coup, la justice ne poursuivra qu'une vingtaine de meneurs. Quatre seront condamnés à mort, les autres seront envoyés aux travaux forcés. Au lendemain de ce crime abominable, les participants hébétés n'auront qu'une seule réponse : « Je ne sais pas ce qui m'a pris. » Avec une précision redoutable, Jean Teulé a reconstitué chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l'une des anecdotes les plus honteuses de l'Histoire du XIXe siècle en France.

  • Charly 9

    Jean Teulé

    Il fallait tout le culot de Jean Teulé pour surnommer ainsi Charles IX, roi de France de 1560 à 1574, dont il nous raconte ici le règne pathétique et sanguinaire.0300Il est vrai que Charles IX ne fut pas un roi comme les autres et qu´il n´aurait pas laissé un grand souvenir s´il n´avait ordonné, en août 1572, le massacre de la Saint-Barthélemy, carnage qui horrifia l'Europe, à l'exception du pape et des Espagnols qui y virent, eux, la bienheureuse volonté de Dieu. Cette décision n´était pas la sienne mais celle de sa mère, la redoutable Catherine de Médicis qui utilisa toute sa vie sa nombreuse progéniture pour assouvir son appétit dévorant de pouvoir : dès qu´un de ses fils mourait, elle poussait illico le suivant sur le trône de France. Charles IX avait 22 ans à l´époque, et il ne possédait ni la cruauté ni la détermination, ni la force morale d´assumer un crime aussi horrible. Accablé par le poids de sa faute, il sombra dans une folie qui le conduisit en quelques mois à la maladie et à la mort. C´est cette terrifiante descente aux enfers que Jean Teulé raconte dans ce roman baroque et magnifique. Avec la verve qu´on lui connaît, il décrit les extravagances de ce malheureux jeune homme : la manière dont il coursait furieusement des lièvres qu´il délivrait dans les appartements de sa maîtresse ; comment il massacrait le bétail, la basse-cour et tous les animaux des fermes où le hasard de ses errances le conduisaient, comment il empoisonna une partie de la population en lui offrant du muguet le 1er mai, ce qui, en ces temps de famine, poussait ses sujets à manger cette fleur vénéneuse qu´il croyait être une sorte de salade ; comment il provoqua l´invention du poisson d´avril en officialisant le changement de date du début de l´année du 1er avril au premier janvier ; comment il crut remplir les coffres vides du royaume en fabriquant de la fausse monnaie... et bien d´autres folies encore, aussi saugrenues que sanglantes.0600PRESSEÀ propos de son dernier romanMangez-le si vous voulez« C´est bien du Teulé tout craché : un récit bref, efficace, inspiré de faits et de personnages réels, rigoureusement documenté. »Thomas Wieder,Le Monde des livres« Jean Teulé ne retrace pas uniquement un atroce fait divers de l´histoire de France. Il démontre surtout, avec une minutie époustouflante, l´engrenage sacrificiel qui se mit alors en place. En cent trente pages coupantes comme autant de lames, il revisite les étapes du crime et souligne que, dans sa confusion vengeresse, la foule des villageois prend la moindre rumeur pour argent comptant. »Alexis Lacroix,Marianne« Jean Teulé, après le foudroyant succès duMontespan, revient avec un nouveau livre court et puissant. »Stéphane Vacchiani,Le Point« Après le triomphe de sonMontespan, Jean Teulé livre un court récit, incroyable mais authentique. Grâce à son talent et sa verve, il parvient à rendre cette histoire dans toute sa monstruosité, son horreur, mais sans pathos inutile. »Jean-Claude Perrier,Livres Hebdo« L´auteur s´est livré avec talent à une reconstitution romancée de ce fait divers aux allures de cauchemar. (...) Il donne un livre concis et réussi (...) Avec une précision chirurgicale, un réalisme impitoyable, il démonte le mécanisme qui pousse la foule aux pires actions, la rend sourde et aveugle, la transforme en une meute animale assoiffée de sang et de vengeance. »Thierry Savatier,lemonde.fr« Jean Teulé réussit la prouesse d'un livre haletant qui dénonce la bêtise humaine. La bête n'est pas morte. »Philippe Séguy,Point de vue« Jean Teulé ne brode pas sur ce fait divers atroce, réel, qu´il exhume des oubliettes de l´histoire. Il en fait un compte-rendu circonstancié (...), ne veut rien démontrer. Montrer seulement. La Bête immonde qui sommeille en l´homme. Celle qui déclenche les pogroms, les génocides, les guerres civiles, les guerres tout court, toujours sales.Les Échos« Ce récit coup de poing de Teulé nous bouleverse. En tendant un miroir aux bourreaux ordinaires, il réussit un roman extraordinaire. »François Lestavel,Paris Match« Le compte-rendu poético-factuel d´un fait div

  • Fleur de tonnerre

    Jean Teulé

    Hélène Jégado a tué des dizaines de ses contemporains sans aucune raison apparente.
    Quels secrets renfermait cette tête qui, le 26 février 1852, sur le Champ de mars de Rennes, roula dans la corbeille de la guillotine ?C´était au temps où l´esprit des Lumières et le catéchisme n´avaient pas soumis l´imaginaire populaire aux lois de la raison et du Dieu unique. Partout en Bretagne, dans les forêts et les landes, sur les dunes fouettées par les vents fous de l´Atlantique, couraient les légendes les plus extravagantes. Le soir, au creux des fermes, on évoquait inlassablement les manigances des êtres surnaturels qu´on savait responsables de la misère et des maux qui frappaient sans relâche. De tous, l´Ankou, l´ouvrier de la mort, était le plus craint, et c´est cette terrible image qui frappa avec une violence inouïe l´esprit de la petite Hélène Jégado. Blottie contre le granit glacé des gigantesques menhirs, l´enfant minuscule se persuada qu´elle était l´incarnation de l´Ankou. Elle devait donc tuer tous ceux qui se trouveraient sur sa route et remplit sa mission avec une détermination et un sang-froid qui glacent le sang. Après avoir empoisonné sa propre mère qui l´avait surnommée « Fleur de tonnerre », elle sillonna la Bretagne, éliminant sans la moindre hésitation tous ceux qui accueillaient avec bonheur cette cuisinière si parfaite. Elle tuait tout le monde, hommes, femmes, enfants, vieillards et nourrissons. Elle empoisonnait dans les maisons, dans les presbytères, dans les couvents, dans les bordels. Et elle était si bonne, si compatissante aux chevets des mourants, que personne ne pouvait soupçonner un seul instant son monstrueux dessein. Au contraire, on plaignait cette personne si dévouée que la malchance conduisait toujours dans des familles victimes de la guigne. À laisser trop de traces, elle finit par se faire prendre, le jour où elle s´attaqua à un ancien juge, expert en affaires criminelles. Hélène Jégado reste la plus grande « serial killer » de France et, sans doute, du monde entier.

  • Comme une respiration...

    Jean Teulé

    Respirez ! À fond ! Et laissez-vous emporter par la fantaisie malicieuse et cruelle de Jean Teulé qui dit l'extraordinaire des destins ordinaires.

  • La vie de Verlaine fut extravagante, mais ses derniers mois touchèrent au surréalisme. Il n'avait que cinquante et un ans, perclus de maux : syphilis, altération sanguine, diabète, souffle au coeur, cirrhose du foie, erysypèle infectieux, hydarthrose, pneumonie (il fallut ajouter une seconde pancarte au pied de son lit d'hôpital pour en dresser la liste complète). Et c'est au moment où il ne lui restait qu'une poignée d'admirateurs inconditionnels (dont le préfet Lépine qui interdit aux policiers du Quartier latin d'arrêter Verlaine quelles que soient ses frasques), au moment de la pire déchéance matérielle et morale, au moment où les gloires de l'époque l'accablaient de leur mépris, qu'une vague de sympathie naquit chez les étudiants qui en firent leur idole. Ils aimaient sa liberté de ton, la force de ses anathèmes, le désordre de sa vie, le génie de sa poésie. Ils se battaient pour l'écouter dans les cabarets, étripaient les mauvais esprits qui ne partageaient pas leur passion, encombraient sa chambre d'hôpital pour l'écouter déclamer et lui assurèrent à sa mort des funérailles grandioses. Ce jour-là, le Destin poussa la générosité jusqu'à faire tomber le bras de la Poésie après que le corbillard fut passé sous la statue de Carpeaux qui orne la façade de l'Opéra?Fol amoureux de cet homme magnifique et terrifiant, Jean Teulé raconte ces derniers mois extravagants à travers les yeux d'un personnage réel, le jeune Henri-Albert Cornuty, cet adolescent de Béziers qui décida de monter à Paris à pied dans le seul but de rencontrer Verlaine.

  • A 36 ans, Robert est un doux géant de deux mètres dix doté d'une âme d'enfant.
    Il vit avec ses parents à Charleville-Mézières. Robert se prend pour Arthur Rimbaud. Son bateau ivre à lui est une armoire dans laquelle il dort. Lorsque son père décide de se débarrasser du meuble, Robert part aussitôt pour Paris. Gare de l'Est, il rencontre Isabelle, standardiste à la SNCF. La passion ne tarde pas à naître entre ces deux êtres si sensibles et si différents des autres. Ensemble, les voilà partis pour un voyage au long cours, avec l'amour fou et Rimbaud pour seuls bagages.

  • Un soir, une jeune femme aborda Jean Teulé.

    Curieusement affublée, elle semblait sortir d´un sketch des Deschiens mais son regard, sa démarche et son assurance gouailleuse intriguèrent l´écrivain.

    Elle dit s´appeler Darling, vouloir raconter son histoire afin qu´il en tire un livre. Elle estimait qu´ils rendraient tous les deux un grand service à leurs contemporains en montrant qu´on peut toujours s´en sortir en dépit de la violence et des catastrophes qui vous tombent sur la tête.

    En écoutant le récit de Darling, Jean Teulé a entendu l´éternelle lamentation de ceux qui traversent les déserts abominables des vies sans affection, sans respect, sans ressource. Mais il a discerné aussi la voix d´une personnalitéétonnante, la voix d´une femme capable de dévisager le malheur avec insolence et d´en parler avec des mots étonnamment justes. De son frère, mort bizarrement dans un accident de la route, elle dira : Quand je l´ai vu, la tête transpercée par une barre de fer tombée d´un camion, j´ai trouvé qu´il ressemblait à un joueur de baby-foot.

    Succession de coups durs, de rebuffades, d´humiliations, de rêves salopés, de tortures morales et physiques, sa vie a été une longue et lente chute sur le toboggan social d´une France impitoyable, descente aux enfers dont chaque étape lui a laissé une cicatrice incurable.

    Jean Teulé n´a pas voulu écrire une biographie, il a tenté de rendre, à travers l´écriture romanesque, la trajectoire baroque et tragique d´une femme exceptionnelle que le sort accable, que la société ignore et méprise et qui, pourtant, continue inlassablement à se battre pour redonner à sa vie une cohérence et un but.

    Grâce à ce roman tendre et terrible, drôle aussi, Jean Teulé- dont le premier livre Rainbow pour Rimbaud a rencontré un immense succès - confirme toute la profondeur et la richesse de son talent.

  • Dans trois heures, le lieutenant Pontoise pourra quitter son commissariat. Il sera alors libre d'oublier pendant deux jours les turpitudes et les angoisses qu'inflige à ceux qui l'exercent le dur métier de policier.À cet instant précis, une femme entre dans le commissariat désert et demande à être arrêtée pour avoir assassiné son mari.«Comment l'a-t-elle occis?» En le poussant pas la fenêtre de leur appartement du 11e étage. «Quand?» Il y a dix ans. «Pourquoi?» Parce qu'il était sadique, irresponsable et qu'il la battait, elle et ses enfants. «Comment se fait-il qu'elle n'a jamais été inquiétée?» Parce qu'elle a dit qu'il s'agissait d'un suicide et comme son mari sortait d'un hôpital psychiatrique après avoir plusieurs fois tenté de se tuer, tout le monde l'a crue. «Pourquoi se dénoncer si longtemps après?» Parce qu'elle a des remords. «Et pourquoi justement ce soir?» Parce que c'est, jour pour jour, le dixième anniversaire du décès et que demain le crime sera prescrit?Le lieutenant Pontoise n'en croit pas ses oreilles. Il refuse d'entendre de telles âneries. Voilà une femme qui, en tuant un franc salaud, a protégé l'avenir de ses enfants, que personne ne soupçonne et qui veut aller en prison pendant des années alors qu'elle a commis le crime parfait. Jamais il ne l'arrêtera. Qu'elle s'en aille cuver ses remords chez elle. Pendant quelques heures, la meurtrière et le policier vont s'affronter avec une violence rare. Elle veut qu'on l'arrête. Il s'y refuse absolument.Dans ce roman étrange, tiré d'une histoire authentique, Jean Teulé continue cette minutieuse exploration des mystères du coeur humain qui lui a inspiré ses plus beaux romans comme «Darling», «Bord cadre» ou «Longues peines».

  • Vous qui, sur les talons de Jean Teulé, entrez dans l?univers carcéral,vous allez affronter l?épouvante en riant aux éclats0300Dans la cellule 203, ils sont quatre:Jacky Coutances, maigrichon et sournois, a probablement tué trois de ses amoureuses dont on n´a jamais retrouvé les corps;Sergueï Kazmarek, colosse illettré et irritable, a rendu hémiplégique une jeune mariée dont le futur époux avait eu la mauvaise idée de lui faire une queue de poisson;Pierre-Marie Poupineau, pataud et bonhomme, a trop aimé les enfants en général et ses belles-filles en particulier. Elles ont attendu la mort de leur mère pour l´envoyer en prison;Et Sébastien Biche, instituteur fragile, a, dans un moment d´épuisement et de folie, tué son bébé en lui cognant la tête contre la cheminée.Dans la 108, elles sont trois:Corinne Lemonnier, monstre femelle qui offrait ses neveux et ses nièces aux plaisirs sadiques de son amant;Nadège Desiles, qui a tué son bébé à sa naissance par crainte de déplaire à son mari;Et Rose Allain, dont tout laisse à penser qu´elle est là par erreur.Jacky aime Corinne et Corinne aime Jacky. Ils ne se connaissent que par les mensonges amoureux qu´ils échangent en hurlant, chacun collé aux barreaux de leur fenêtre respective.Kazmarek fait lire et écrire ses lettres d´amour par ses codétenus contre de menus services (comme d´accompagner Poupineau à la douche pour lui éviter de se faire sodomiser, car la prison est dure aux pédophiles).Sébastien Biche s´étiole en silence.Nadège Desîles, elle, s´est prise d´affection pour le deuxième barreau de la fenêtre de sa cellule où elle croit reconnaître son mari tant aimé.Et tout le monde plaint la petite Rose Allain, qui est si mignonne.Le directeur fou d´amour pour son épouse stérile sombre lentement dans une douce démence alors que, tel un choeur antique, les gardiens commentent et explicitent les lois étranges qui régissent cet enfer.Et si l´un d´entre eux croit pouvoir franchir la ligne invisible qui sépare ceux qui sont détenus de ceux qui les gardent, il en crève.Peut-être aurez-vous le sentiment que Jean Teulé a poussé le bouchon un peu trop loin. Que son imagination enfiévrée et son goût immodéré de la provocation l´a poussé hors du cadre. Que son amour de la phrase enlevée, du mot juste et de la scène explosive l´ont fait disjoncter. Sachez simplement que les histoires qui tissent ce roman magnifique sont tirées de faits authentiques.

  • Le centre du monde est à Calais, entre les falaises de craie et le trou dans le Channel.
    Le centre d'un monde où passent les orbites de six planètes bien humaines. Pâques, beauté métisse venue d'Inde, joue le rôle du soleil. Chacune lui tourne autour, attiré par sa chaleur. Depuis la nuit des temps, ces planètes sont appelées à se percuter, pour faire jaillir des gerbes de bonheur lilas. Et pour que ce miracle advienne, un crime doit être commis.

  • Un critique a écrit : "La peinture de Sainte-Rose est à placer sur la pyramide des larmes."0300Ce talent à saisir l'expression d'un désarroi déchirant, Sainte-Rose l'a d'abord exercé en reproduisant avec minutie le regard très particulier des foetus de canard. La vogue des portraits de foetus morts s'épuisant, il s'est attaqué aux humains vivants. Pour faire surgir dans l'oeil de ses modèles cette même lueur d'effroi halluciné, il leur balance des vacheries abominables au moment adéquat.L'ambition venant avec le succès, il décide de s'attaquer au portrait d'un couple. Le projet pose problème. Comment faire surgir cette fameuse lueur chez deux personnes différentes, exactement au même moment ?Pour atteindre ce sommet de son art, Sainte-Rose monte une véritable machination. Il organise la rencontre de deux de ses amis qui, au demeurant, lui sont très chers.À cinquante ans, Hélène est une femme superbe qui gère sa vie et sa carrière d'une main de fer. Roland, à quarante, laisse les siennes se débrouiller comme elles l'entendent. Ils ont en commun de souffrir d'un grand manque affectif et les mettre en présence revient à jeter une allumette dans une pinède un jour de canicule et de grand vent.La passion qui les noue est immédiate et sauvage.Sainte-Rose exulte.Il referme le piège en donnant à Roland l'idée d'écrire l'histoire de deux amants qui se jurent de ne jamais tricher et de toujours dire tout ce qu'ils pensent et tout ce qu'ils ressentent. Aveuglés par la passion, Hélène et Roland s'emparent de cette gageure avec l'enthousiasme et la jubilation de deux enfants découvrant un nouveau jeu. Mais où est la limite ?L'affrontement brûlant et somptueux de ces deux magnifiques personnages est un pur régal.En refermant le livre, on éprouve ce sentiment délicieux que provoque l'assurance que l'amour sait triompher des épreuves les plus rudes. À la réflexion, on se dit que si l'envie vous prend de jouer à ce jeu fascinant, il est préférable d'avoir une grosse santé et de bien choisir son partenaire.

  • C'est l'histoire d'un garçon surprenant, à l'allure insolite. C'est l'histoire d'un garçon qui vit comme on rêve : sitôt disparu, on ne s'en souvient plus.

    Et puis, un jour, le voilà papa ! Enveloppant bébé dans un vieux journal, il quitte la maternité sans en aviser ni la mère, ni personne. L'enfant sous le coude, il part en cavale à la rencontre des femmes de sa vie. Les femmes connues, les femmes aimées, les femmes croisées : Carla, l'anonyme du jardin des Tuileries, Denise, le professeur d'arts plastiques, Héloïse, la petite amoureuse. Toutes le racontent, l'une après l'autre, cruelles, tendres ou drôles. Mais nulle ne le reconnaît. Dans ce "road-movie" insolite, les femmes sont des ports, des gares : éternelles mais amnésiques. Il faudra tout le miracle et le paradoxe de la paternité pour qu'un enfant, enfin, reconnaisse son père.

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