• L'histoire de la publication des
    Mémoires de Louise Michel est étonnante : elle débute en 1886, chez l'éditeur Roy, sous le titre - maintes fois réédité - de
    Mémoires de Louise Michel écrits par elle-même. Tome I. Aucun autre tome n'a suivi. Et si, par la suite, sont venus s'accoler d'autres écrits de la célèbre anarchiste, les soixante-dix feuilletons qui constituent le véritable second tome, parus dans la presse de 1890, avaient " disparu ", peut-être victimes collatérales d'une entreprise de récupération de l'autobiographie de Louise Michel juste après sa mort. Aussi l'édition de ce second tome, inédit en librairie, constitue-t-elle un événement.
    Couvrant les années 1886-1890 (période qui s'ouvre après la mort de Marianne Michel, la mère, et de Victor Hugo, l'idole, pour se refermer en août 1890, à son départ pour Londres), ce gisement incroyablement riche révèle une écrivaine viscéralement engagée dans l'écriture, vivant ensemble le rapport à l'histoire, à la mémoire, au présent de sa lutte et à l'écriture.
    L'édition critique de ces
    Mémoires, accompagnée d'un dossier documentaire, est établie par Claude Rétat, directrice de recherche au CNRS.

  • Avec
    Le Duel, Frédéric Mitterrand nous fait vivre le terrible affrontement qui opposa deux géants de l'histoire : Napoléon III et Victor Hugo.
    Un récit écrit à hauteur d'homme, vivant, tendu, marqué par la passion et la violence, sur les convulsions de la haine en politique et le rapport de fascination entre hommes de pouvoir et écrivains.
    Le 2 décembre 1851, le président de la République Louis Napoléon Bonaparte viole la Constitution et s'empare de tous les pouvoirs avant de se faire proclamer empereur. Un homme suit pas à pas, depuis des mois, celui qu'on appelle désormais Napoléon III. Il le connaît fort bien et l'a souvent rencontré. Il dénonce son forfait et s'oppose à lui farouchement. C'est Victor Hugo, député de l'Assemblée dissoute et écrivain célèbre.
    Dans ce combat, l'empereur se révèle bien plus stratège et subtil que la caricature qu'on en a faite. Quant au second, il apparaît tel qu'il est vraiment : génial, égocentrique, autoritaire avec ses proches.
    Ce duel passionné entre le voleur et son ombre durera vingt ans. Jusqu'à la chute honteuse de l'aventurier politique et l'apothéose du prophète du retour de la République...
    " Victor Hugo, le héros du romantisme, contre Napoléon III, le héros romanesque. Leur duel domine l'histoire du XIXe siècle, mais il se prolonge jusqu'à aujourd'hui, car c'est celui de la pensée et du pouvoir. " Frédéric Mitterrand

  • Publié en 1970 aux Éditions Maspero, cet ouvrage s'est imposé comme un classique dans l'historiographie de la Commune. Il décrit la condamnation quasi unanime de ce soulèvement populaire par les écrivains et hommes de lettres français contemporains de l'événement et s'efforce d'en comprendre les raisons : à l'exception de quelques-uns - parmi lesquels Vallès, Rimbaud et Verlaine -, tous prennent position ouvertement contre la Commune et certains avec une virulence qui surprend encore aujourd'hui. Théophile Gautier, Maxime Du Camp, Edmond de Goncourt, Leconte de Lisle, Ernest Feydeau se retrouvent aux côtés de Gustave Flaubert, George Sand et Émile Zola pour dénoncer dans la Commune un " gouvernement du crime et de la démence " (Anatole France), responsable d'avoir plongé Paris dans un état pathologique, exploité par un groupe d'ambitieux, de fous et d'exaltés.
    À ce chapitre sombre de l'histoire littéraire s'ajoute, dans cette nouvelle édition, son pendant tout aussi méconnu dans l'histoire de l'art : le soutien ou l'engagement de nombreux artistes en faveur de la Commune. Paul Lidsky s'attache ici à sortir certains d'entre eux de l'oubli, en même temps qu'il tente d'expliquer la profonde divergence des réactions entre écrivains et artistes.

  • La version originale retrouvée du Mémorial." On retrouve désormais
    un Napoléon plus authentique. "
    Le Parisien
    " Saluons en tout cas la résolution
    d'une des plus vieilles énigmes de l'édition
    et gageons que tous les napoléoniens [...]
    voudront lire l'original de leur Bible. "
    Le Point
    " Nous voici donc en présence
    de la version la plus proche de la pensée
    et, surtout, des mots de Napoléon. "
    L'Histoire
    Le conseiller d'État Emmanuel de Las Cases accompagna Napoléon dans son exil en 1815, mais dut le quitter seize mois plus tard. Ce n'est qu'en 1823 que parut son Mémorial fondé sur ses conversations avec l'Empereur, réelles ou supposées : il apparut vite que ce document était parfois trop beau pour être tout à fait vrai. Pour en juger, il aurait fallu disposer du manuscrit original, rédigé à Sainte-Hélène presque sous la dictée de Napoléon. Or les Anglais l'avaient confisqué en expulsant Las Cases. Les quatre historiens qui le publient l'ont retrouvé récemment à la British Library, où il sommeillait
    incognito depuis deux siècles. Cette aventure éditoriale apporte un éclairage précieux et souvent inattendu sur ce que Napoléon a vraiment dit, et que Las Cases a enrichi et enjolivé. Ainsi la voix de l'Empereur se fait plus proche et plus authentique.

  • Ce livre, vendu à plus de 65 000 exemplaires depuis sa réédition en 1967 dans la " Petite collection Maspero ", reste un grand classique. Son auteur, acteur et témoin de la Commune de Paris, se mit au travail au lendemain de la défaite et ce travail dura vingt-cinq ans. Il a enquêté avec acharnement auprès de tous les survivants, dans l'exil à Londres, en Suisse, puis consulté tous les documents disponibles à l'époque.Le résultat est cette " somme ", qui n'est pas seulement un récit historique événementiel, de l'insurrection à la répression : elle est un tableau de tous les courants de la pensée sociale, de tous les affrontements internes, un bilan des réalisations ou des tentatives, " mesures éparses, tôt dispersées au vent de la lutte et des divergences, mesures significatives pourtant ", qui caractérisent, pour Jean Maitron, cette Commune qui fut " un trait d'union plutôt qu'une coupure dans l'histoire du mouvement ouvrier français "." La dernière barricade des journées de Mai, écrit Lissagaray, est rue Ramponneau. Pendant un quart d'heure, un seul fédéré la défend. Trois fois il casse la hampe du drapeau versaillais. Pour prix de son courage, le dernier soldat de la Commune réussit à s'échapper. " La légende veut que ce dernier combattant anonyme ne fut autre que Lissagaray lui-même : tant il est vrai que chez lui la modestie de l'historien va toujours de pair avec la ténacité et l'intransigeance du militant.

  • Découvrez de façon claire et accessible, avec cet ouvrage de référence, les grandes étapes de la construction de la Tour Eiffel, le monument le plus emblématique de la France et l'un des monuments majeurs du monde entier.
    Ce livre d'histoire raconte la fantastique aventure de la
    Tour Eiffel. Monument décrié à sa construction pour son avant-gardisme, la dame de fer a séduit les parisiens et veille sur la ville depuis plus de 130 ans. Retrouvez en 12 dates clés, lla génèse d'un des plus grands chefs-d'oeuvre de l'histoire architecturale.

  • Il arrive que l'histoire puisse s'écrire et se lire comme un roman. C'est tout le pari réussi de Frédéric Mounier, dépeignant à l'instar d'une grande fresque populaire ces jours de 1870 où, Paris encerclée, la France sembla condamnée à disparaître. Un immense récit.
    1870. Paris confiné. Paris émeutier. Paris encerclé.Paris incendié. Le nouveau pouvoir débordé.L'armée jetée contre la foule. L'insurrection matée.Et toute la France qui vacille...Où va la démocratie ? Les drames d'aujourd'hui font écho aux tragédies d'hier. Le siège de la capitale par les Prussiens, du 18 septembre 1870 au 28 janvier 1871, aura servi de décor à l'un de ces grands déchirements auxquels se livrent les Français. Le combat aura opposé les accoucheurs de la IIIe République aux précurseurs de la Commune. Il aura préfiguré, déjà, l'affrontement contemporain entre les libéraux réformistes et les révolutionnaires radicaux.
    C'est cette guerre civile dans la guerre globale dont Frédéric Mounier dresse ici le flamboyant et émouvant récit. À la manière journalistique d'un reporter, cinématographique d'un vidéaste, il nous transporte de scène en scène, de personnage en personnage et nous donne à voir, en direct, les espoirs et les colères, les rêves et les saccages, les enthousiasmes et les malheurs de ce tourbillon sur fond de palais et de barricades, de discours et de harangues, de larmes et de sang. Tout en ressuscitant, femmes ou hommes, célèbres ou anonymes, les politiques, les intellectuels, les artistes, les bourgeois, les ouvriers qui furent les acteurs de cette page essentielle de notre histoire.
    Un roman vrai qui se lit d'une traite. Une épopée populaire qui permet à chacune et à chacun de revivre hier comme s'il y était. Une plongée passionnante dans le passé qui éclaire l'actualité.

  • Une synthèse vivante et novatrice sur l'affrontement franco-allemand de 1870-1871.Si les images de la guerre de 1870-1871 ont fortement imprimées les consciences, la réalité et les enjeux de ce conflit demeurent méconnus. Pour éclairer cette matrice des affrontements franco-allemands consécutifs, Alain Gouttman a réouvert tous les dossiers : les circonstances du déclenchement du conflit, le déroulement des opérations jusqu'aux capitulations de Sedan, Metz et Paris, les raisons de la suprématie militaire allemande, la Commune de Paris et la réaction versaillaise... Se faisant, l'auteur resserre les liens qui unissent des événements trop souvent étudiés de manière disparate et propose une vision totale du conflit.

  • " La biographie de Michel Winock marque une étape dans la nécessaire déconstruction de la caricature encore dominante d'un homme d'Etat qui, de héraut de la gauche radicale, se serait mué en assassin des ouvriers, en affreux réactionnaire. Sans rien lui concéder de ses faiblesses ni de ses erreurs, Winock, dans un ouvrage au ton enlevé, stimulant, rétablit une salutaire réalité " Le Monde diplomatique.
    "Georges Clemenceau fut l'homme aux quatre visages : le Tigre qui fait tomber les ministères, le dreyfusard qui mène pendant neuf ans le combat du droit et de la justice, le premier flic de France qui, trois ans durant, dirige d'une main de fer le ministère de l'Intérieur, enfin le Père la Victoire qui conduit le pays à l'armistice avec l'Allemagne. Ce radical, d'abord haï par la droite pour son anticléricalisme, puis par la gauche pour son sens de l'ordre et sa lutte contre le pacifisme, est un homme apparemment contradictoire, qui se définissait lui-même comme un " mélange d'anarchiste et de conservateur ". Du premier, il avait la passion de la liberté, la philosophie individualiste, le dégoût de la " caserne collectiviste ". Du second, l'amour de la patrie, le respect de la propriété, une certaine forme de pessimisme - celui de l'homme d'action - sur la nature humaine." Michel WinockMichel Winock, professeur émérite à Sciences-Po, a publié de nombreux ouvrages, dont Parlez-moi de la France et Le Siècle des intellectuels (prix Médicis essai).Sa biographie de Clemenceau a été couronnée par le prix Aujourd'hui, et celle de Mme de Staël par le prix Goncourt de la biographie.


  • Jaurès ? Quel est cet homme, assassiné le 31 juillet 1914, alors que le mot même de socialisme auquel il était identifié semble vidé de sa part de rêve ?

    Pour répondre, Max Gallo, avec érudition et passion, a reconstitué jour après jour l'existence de Jaurès. Et l'on découvre un homme extraordinaire que les souvenirs officiels ont enseveli. Voici l'enfant dans la campagne du Tarn, l'étudiant exceptionnel dans le Paris des années 1880, le mari conformiste, le jeune député et le tribun, le visionnaire qui, avec une sensibilité de poète, voit la guerre et l'avenir rels qu'ils seront. Voici l'homme politique qui conciliait raison et passion. L'homme intime qui s'interrogeait sans cesse sur le sens de la vie et la signification de l'univers. Voici l'homme calomnié et admiré. Et l'homme de tous les jours, mangeant comme un paysan, crachant dans son mouchoir et, distrait comme un artiste pris par son rêve, négligeant son apparence, s'épongeant le front avec une chaussette !
    En utilisant tous les témoignages, Max Gallo rend présents un homme et son temps. Car Jaurès, c'est aussi ce monde autour de lui : Paris en état de siège le Ier Mai, les mineurs de Courrières ensevelis par centaines à la suite d'un coup de grisou, les vignerons en révolte, les régiments qui se rebellent, les anarchistes qui tuent à l'aveuglette et que l'on guillotine, l'affaire Dreyfus qui divise toute la nation. Et puis la tour Eiffel, la bicyclette, la Belle Epoque, l'automobile et l'avion. S'il fut un temps qui ressemble au nôtre, c'est bien celui de Jaurès, cette époque de bouleversements profonds, où la guerre point dans les Balkans, où chacun avec angoisse se demande ce que sera le siècle qui vient, ce XXe siècle, comme nous, nous attendons le XXIe.
    Que faire, que penser ? Jaurès, parce qu'il a été assassiné, n'a pu faire entendre sa voix. Et ses mots, son élan, après des décennies de glaciation, retrouvent vie aujourd'hui. A l'orée d'un nouveau siècle, Jaurès reste jeune.
    Celui qui écrivait : "Le premier des droits de l'homme, c'est la liberté individuelle" ou encore : "Il n'y a pas de vérité sacrée, c'est-à-dire interdite à la pleine investigation de l'homme... Ce qu'il y a de plus grand dans le monde, c'est la liberté souveraine de l'esprit", celui-là est non pas un grand ancêtre, mais bien le Grand Jaurès, notre contemporain.

  • Le récit haletant de la naissance de la IIIe République.Le 2 septembre 1870, la défaite de Sedan est l'une des plus terribles de l'histoire de France. Napoléon III est prisonnier. À Paris, la nouvelle, inattendue, provoque la sidération, et une foule de manifestants réclame la déchéance de l'Empire. Le 4 septembre, en quelques heures, la déchéance est votée, un gouvernement de la Défense nationale est constitué et la République est proclamée, dans une grande agitation mais sans aucune goutte de sang, ce qui est sans précédent depuis 1789. Entre le Palais-Bourbon envahi, l'Élysée déserté, l'Hôtel de Ville et le ministère de l'Intérieur, se joue et s'écrit un grand moment d'histoire de France : depuis lors, mis à part l'épisode de Vichy, la République, réinventée en un seul jour, n'a désormais plus cessé d'être notre régime institutionnel.

  • Le désenchantement qui accompagne notre modernité nous rend plus attentifs à celui des hommes et des femmes qui, en plein XIXe siècle, doutaient des vertus du progrès, des fantasmagories de la technique et de la toute-puissance du sujet rationnel - autant de grands récits dont l'épuisement récent a profondément renouvelé le regard sur ce siècle.
    Depuis une trentaine d'années, les historiens insistent sur les multiples possibles qui se sont entrouverts alors et qui portaient en eux les germes d'une émancipation qui ne s'est pas produite. Ils repensent en profondeur les chemins de l'industrialisation et les conflits qu'elle a engendrés, ils restituent les mutations du temps et de l'espace perçus, ils déconstruisent les illusions de la culture " démocratique " et d'un " universalisme " exclusivement blanc et masculin, ils retracent aussi les formes plurielles de l'expérience coloniale, entre violences extrêmes et accommodements...
    Ce sont tous ces déplacements historiographiques dont cet ouvrage propose un panorama à la fois savant et vivant, ancré dans la chair du passé. Ce livre conserve du XIXe siècle son désir de récapituler - sans enfermer -, du XXe siècle son optimisme mesuré, du XXIe siècle son inquiétude réflexive.

  • La révolution de février 1848 a mis fin à la monarchie de Juillet et inauguré la brève expérience de la IIe République. Mais trois mois après cet immense espoir, l'armée et les gardes mobilesont brisé l'insurrection d'ouvriers et d'artisans parisiens, barricadés dans l'est de la ville. Pendant plusieurs jours, la République a bombardé et massacré les insurgés : 3 500 morts officiels, plus de 10 000 selon des témoins. À ces victimes s'ajoutent un grand nombre de déportés au bagne ou ailleurs. C'est cette histoire tragique et oubliée que restitue ce livre. À partir d'un étonnant corpus documentaire, les auteurs montrent en quoi les événements de juin 1848, plus précisément, constituent un moment clé pour comprendre la mise en berne des utopies surgies de l'inachèvement de la Révolution française. En s'appuyant sur les récits de témoins, ils rendent compte de ce temps d'ouverture exceptionnelle à l'espérance et à la liberté de pensée, tout en retraçant la succession des drames qui ont conduit du rêve au cauchemar. Ce livre met en scène la fabrique de l'histoire à travers les perceptions qui se croisent, de manière souvent aveugle, dans le feu de l'action.

  • Le récit documenté de l'incendie du Bazar de la Charité, qui coûta la vie à plus de 120 personnes issues de la haute société parisienne. Une série est en cours d'adaptation par TF1 et Netflix.
    Le fait divers le plus tragique de la Belle Époque Paris, 4 mai 1897. Ce devait être une fête dans la haute société. Mais une allumette craquée trop près d'un bidon d'éther, nécessaire aux projections du cinématographe, eut des conséquences effroyables. En vingt minutes, rue Jean-Goujon, la fine fleur de l'aristocratie française grillait dans l'embrasement d'un village de toile goudronnée : plus de cent vingt victimes, surtout des femmes. Quant aux survivants, accusés d'avoir piétine les corps et de s'être fraye un chemin a coups de canne, leur prestige en fut durablement entame , faisant écrire a Le on Bloy : " Un grand nombre de belles dames ont e te carbonisées hier soir en moins d'une demi-heure... Voilà un commencement de justice. " Fatalité ou châtiment divin ? Par l'action du feu purificateur, toutes les hypocrisies de la Belle Époque partirent ce jour-là en fumée. La France changeait d'ère, une simple vente de charité ayant tourné en révolution involontaire. Bruno Fuligni, qui a eu accès aux archives des pompiers de Paris, reconstitue le sinistre et ses prolongements : policiers, politiques et diplomatiques, mais aussi culturels, le drame ayant contraint les frères Lumière a mettre au point le projecteur électrique... Alors qu'est diffusée la série évènement de TF1 Le Bazar de la Charité , son enquête nous entraîne dans les arcanes de ce fait divers qui traumatisa la IIIe République au tournant du siècle.

  • L'affaire Dreyfus

    ,

    • Perrin
    • 12 Septembre 2019

    L'Affaire avec un A majuscule... L'affaire Dreyfus (1894-1906), du nom de cet officier juif alsacien accusé d'espionnage au profit de l'Allemagne, est toujours présente dans nos mémoires. Elle resurgit, au gré de l'actualité, comme une référence historique essentielle. Mais qui était au juste le capitaine Dreyfus ? Y a-t-il eu plusieurs affaires plutôt qu'une ? Le " J'accuse... ! " de Zola en offre-t-il un récit exhaustif ? Et l'écrivain a-t-il été assassiné ? Quels ont été les rôles réels des militaires Picquart et Esterhazy, du politique Clemenceau et de l'écrivain Péguy ? Les dreyfusards sont-ils à l'origine des pétitions ?
    C'est à ces questions, et à bien d'autres encore, que répond ce livre, tour à tour chronique d'un roman-feuilleton aux multiples rebondissements, plongée dans l'imaginaire de l'Affaire, réflexion sur ses " fake news " et méditation sur son actualité, entre erreurs judiciaires et " nouvel antisémitisme ".

  • "La" biographie de Charles Baudelaire (1821-1867).Nous savons tous que Charles Baudelaire était un immense poète romantique, dont la vie personnelle fut aussi dissolue que le génie artistique fut immense. Mais dans cet ouvrage, on découvrira aussi, grâce à de nombreux documents et sources de valeur, un nouveau personnage : l'auteur revient sur le dandysme du poète, sur la réelle place qu'occupait la drogue dans sa vie ou encore sur la puissance de son talent, bien loin de se réduire aux
    Fleurs du mal. Marie-Christine Natta ne laisse pas plus d'espace aux controverses historiographiques qu'aux interprétations littéraires ou psychologiques concernant Baudelaire. Seuls les faits comptent.

  • Alors que l'on va célébrer le centième anniversaire de son assassinat, la biographie-événement qui nécessita six ans de recherche et d'écriture.

    Entre biographie et essai, le livre de Jean-Pierre Rioux, salué par la critique et succès d'édition, évoque l'orateur hors pair, le philosophe, l'intellectuel et l'historien, le défenseur des droits de l'homme, l'homme de la paix, l'adversaire du colonialisme. Les questions d'aujourd'hui auxquelles le premier mort de l'été 1914 avait donné sa réponse continuent de nous hanter. Comment ne pas trahir quand on est au pouvoir ? Comment lire une société d'inégalités ? Comment récuser le désordre établi si l'on n'assume pas l'histoire et l'héritage ? Que serait un avenir sans morale et sans religion ?Jean-Pierre Rioux a notamment publié Histoire culturelle de la France au XXe siècle, Au bonheur la France et un Dictionnaire de la France coloniale.

  • En 1994, la première parution de ce livre avait été saluée par la critique et les lecteurs, et traduite en plusieurs langues. Sa réédition de 2006 fut augmentée d'un nouveau chapitre final et connut le même succès. Cette quatrième édition actualise de nombreuses données et propose de nouvelles analyses de l'événement et de l'histoire qui en est faite.
    Le 22 décembre 1894, un procès d'État condamne un capitaine juif, alsacien, innocent de toute charge, pour crime de " haute trahison " (en faveur de l'Allemagne). S'ouvre, deux ans plus tard, une crise majeure de la République. Le régime est menacé par l'effondrement de la justice, l'impunité de l'armée, la violence des nationalistes, la peur des républicains. Mais l'engagement pour Dreyfus, la défense des droits de l'homme et du citoyen, la lutte contre l'antisémitisme et le nationalisme entraînent un sursaut civique de la société. Le 12 juillet 1906, un arrêt solennel de la Cour de cassation réhabilite l'officier. L'Affaire inaugure un âge démocratique porté par l'engagement des intellectuels, les expériences dreyfusistes, la reconnaissance de nouvelles libertés comme celles d'association et de conscience (au fondement de la laïcité), la solidarité pour les opprimés de par le monde. Ces mutations si décisives pour la Belle Époque demeurent d'actualité, face à la raison d'État, au viol de la justice et à l'abandon des persécutés. Pour retrouver le sens des valeurs dans des sociétés traversées par le racisme, l'antisémitisme et les passions identitaires ?


  • Anarchiste et vertueux, idéaliste et fou de liberté, le plus grand géographe français était une sorte de saint laïque et un écrivain.
    Élisée Reclus est né à Sainte-Foy-la-Grande, en 1830, dans une famille de quatorze enfants où il est élevé dans la crainte du péché par un père pasteur protestant. Il étudie en Allemagne, apprend quatre langues, s'intéresse très tôt à la géographie et traverse la France à pied. Après avoir été ouvrier agricole en Irlande, il part pour la Louisiane, découvre l'esclavagisme puis se rend en Colombie pour y créer une exploitation agricole. De retour à Paris en 1857, il entre dans la Société de géographie, tâte de la franc-maconnerie et surtout milite dans les rangs anarchiques. Reclus, profondément un homme de gauche, s'engage dans la Garde nationale pendant la Commune. À la suite des événements, il est condamné à la déportation mais, grâce à l'intervention d'une centaine de savants anglais et américains, il est seulement banni. Il part vivre en Suisse puis à Bruxelles, où il occupe une chaire de géographie et meurt en 1905. Qui était celui que Nadar, son ami, appelait " ce doux entêté de vertu " ?
    L'auteur d'une trentaine d'ouvrages dont les célèbres Nouvelle Géographie universelle, L'Homme et la terre, L'Histoire d'un ruisseau, de centaines d'articles et des guides de voyage. Un intellectuel anarchiste qui, avec Bakounine et Kropotkine, forme le trépied de ce mouvement dont se réclament aujourd'hui encore les organisations anarchistes. L'inventeur de la géographie sociale, celui qui inclut l'homme dans le processus géographique. Un athée acharné (il se marie trois fois en dehors de l'Église ; ses idées sur le mariage, l'éducation et les femmes sont très en avance sur son temps). Un homme à facettes multiples, fidèle et libre, une personnalité exceptionnelle que Kropotkine décrivait comme " le type du vrai puritain dans sa manière de vivre et, au point de vue intellectuel, le type du philosophe encyclopédiste français du XVIIIe siècle ".
    Elisée Reclus a obtenu le Prix Femina Essai 2010.

  • De septembre 1870 à mai 1871, Paris a connu le plus long siège de son histoire. Alain Frerejean et Claire L'Hoër le racontent au jour le jour à l'aide des récits de témoins directs de l'événement, connus ou non, pour nous offrir un compte rendu aussi vivant qu'historique de la Commune de Paris.
    Il y a un siècle et demi, Paris a connu deux sièges, les plus longs de son histoire. D'abord par l'armée prussienne (du 19 septembre 1870 au 28 janvier 1871), puis par la République elle-même, repliée à Versailles et résolue à annihiler l'insurrection de la Commune de Paris (18 mars-31 mai 1871). Aux bombardements aura succédé la destruction par les flammes de l'Hôtel de Ville, contenant les archives de l'état civil, et des Tuileries, symbole du pouvoir impérial. Pendant des mois, les Parisiens ont souffert de la faim et du froid, ils ont mangé des chiens, des rats. Ils se sont aussi dénoncés les uns les autres: près de quatre cent mille lettres anonymes! Paris a sombré dans la guerre civile et connu les combats de rue. Du fort d'Issy au mur des Fédérés, une violence inouie a soufflé sur la capitale. Avant la terrible répression: dix-sept mille hommes, femmes et enfants fusillés pendant la "Semaine sanglante", et plus de quatre mille déportations en Nouvelle-Calédonie. De nombreux témoins ont vécu et raconté ce siège: Victor Hugo revenu d'exil, Sarah Bernhardt, ambulancière au théâtre de l'Odéon, mais aussi les frères Goncourt, Émile Zola, Alphonse Daudet... Sans oublier tous ceux officiers, médecins, prêtres, bourgeois, simples sol- dats ou diplomates qui notaient chaque soir leurs impressions pour les envoyer à leur famille par pigeon-voyageur. Ils sont les narrateurs de ce récit qui se referme en 1880 avec l'amnistie des communards.

  • Les ombres et les lumières d'une époque qui a pris fin dans l'apocalypse de la Première Guerre mondiale et qui marque l'apogée de la III e République.
    Forgée après la Première Guerre mondiale, l'expression "Belle Epoque" correspond-elle réellement aux années 1900-1914 qu'elle désigne ? Pour certains mémorialistes, la misère, le chômage, la dureté de la condition ouvrière et paysanne éloignent cette quinzaine d'années d'un mythique âge d'or. Elles s'éclairent pourtant de plusieurs aspects positifs : embellie économique, dernières splendeurs du franc germinal, essor de l'automobile, débuts de l'aviation, démarrage du cinématographe et, surtout, extraordinaire floraison artistique et musicale, des "Demoiselles d'Avignon" aux Ballets russes. Avec son talent d'exposition et sa clarté habituels, Michel Winock montre l'authentique unité de cette époque, et en quoi elle constitue l'apogée de la Troisième République.
    Michel Winock, professeur d'histoire contemporaine à Sciences Po, a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels Le Siècle des intellectuels (prix Médicis essai, 1997) et Les Voix de la liberté (prix Roland de Jouvenel de l'Académie française, 2001).

  • Un classique de l'histoire sociale, une révolte qui a signifié un grand tournant dans l'histoire de la classe ouvrière.
    Des " Trois Glorieuses prolétariennes " de novembre 1831 à la " sanglante semaine " d'avril 1834, les deux insurrections des canuts de Lyon sont restées dans l'histoire comme les premières luttes ouvrières. " 1848 n'inventa rien, écrivait l'historien Daniel Halévy. 1830, au contraire - et les trois années qui suivirent - marque la vraie crise, l'invention des idées, l'initiative des mouvements. Alors le saint-simonisme, le fouriérisme et le blanquisme se forment à Paris dans les cénacles et les clubs ; et le syndicalisme plante son drapeau noir sur la colline de la Croix-Rousse. " Fernand Rude retrace l'histoire de ces révoltes qui constituèrent un tournant dans l'histoire de la classe ouvrière : l'organisation, la lutte des ouvriers lyonnais, leur victoire éphémère et la répression sanglante qui suivit. Mais ce livre, initialement publié en 1982, est aussi un tableau de la formation du prolétariat lyonnais, de sa vie, et surtout des idées sociales qui le portent et traverseront tout le XIXe siècle.

  • En 1832 à Paris, les funérailles du général Lamarque, icône populaire victime du choléra, déclenchent l'insurrection des 5 et 6 juin. Alors que Victor Hugo choisissait ce décor pour hisser Gavroche sur les barricades, Thomas Bouchet livre une chronique de cette année exceptionnelle à travers les voix de quatre femmes que tout oppose.
    1832 : tandis que Paris vibre, vacille et gronde sous les coups redoublés de l'épidémie et de la guerre des rues,
    Adélaïde s'ennuie. Elle frémit dans son salon à la lecture des journaux, se délecte du chocolat que sa domestique lui rapporte de chez Marquis, s'émerveille en recluse des oiseaux du Jardin des Plantes où elle vit, loin des barricades (où Gavroche meurt). Émilie la saint-simonienne se bat du côté de Ménilmontant pour faire entendre la cause féministe. Louise, marchande ambulante du centre de Paris, atteinte du choléra et soupçonnée d'avoir participé à l'insurrection, est soumise à l'interrogatoire du commissaire, du juge et du médecin. Lucie, la mystique en extase, jouit du corps de Jésus, derrière les murs d'un couvent puis le choléra l'emporte.
    Comment situer ce texte inclassable ? " Tout est vrai, mais rien n'est vrai " nous dit Thomas Bouchet, historien talentueux du sensible et amoureux rigoureux de littérature. Ces femmes sont fictives, mais leur incarnation aux accents hyperréalistes se développe à travers l'usage minutieux des archives. Ce sont le corps et ses humeurs, l'expérience sexuelle, les maux de dents, le goût du chocolat ou celui de l'eau de vie dans les estaminets. La girafe du Jardin des Plantes, les indigènes qui traversent le paysage ou la rubrique des faits divers sont autant d'éclats de réel. Mais le tour de force littéraire et politique réside aussi et surtout dans la voix des femmes. Toutes sont recluses, c'est leur condition, que ce soit dans " l'île " du Jardin des Plantes, le couvent de la rue Neuve Sainte-Geneviève, la colline de Ménilmontant et la prison la vraie, Saint-Lazare, pour Louise. Thomas Bouchet relaie la parole des femmes, alors que les voix des hommes sont ici inaudibles. Chacune a un mode d'expression qui s'accorde avec sa condition : la bourgeoise a accès à la correspondance et se prête à des essais littéraires, pour la religieuse c'est le journal intime, pour la militante, le discours, la harangue, et la marchande, la plus précaire de toutes, parle à travers les minutes des interrogatoires.
    L'effet de réel est saisissant.

  • Née dans une famille paysanne de Bourgogne, Anne-Marie Javouhey (1779-1851) est l'une des grandes figures d'un catholicisme intrépide forgé en pleine " déchristianisation " révolutionnaire.
    Elle choisit très tôt de se consacrer à Dieu et à l'enseignement des pauvres - particulièrement des femmes. Quittant la Côte-d'Or, non sans mésaventures, elle fonde en 1807 la première et la plus importante congrégation missionnaire féminine du xixe siècle : les Soeurs de Saint-Joseph de Cluny, toujours actives aujourd'hui.
    Un séjour en Afrique marque profondément la " sainte entreprise " à laquelle Anne-Marie consacre sa vie voyageuse et ses combats. Mais c'est en Guyane, au cours des années 1830, que le projet se concrétise, inspiré par les missions jésuites du Paraguay. Malgré le mépris et l'hostilité de la structure esclavagiste - qui multiplie embûches et vexations -, elle fonde le village de Mana, véritable monde à l'envers. Ici, le pouvoir ne revient à aucun homme blanc et propriétaire. Les cheffes y sont aussi pauvres que ceux qu'elles dirigent.
    Soutenue par une documentation largement inédite, voici l'histoire d'une femme d'exception dans un monde d'hommes. Anne-Marie Javouhey paya durement le prix de sa détermination. Sous ses apparences conformes au monde révolu de son enfance, son engagement dépassait alors les bornes de l'acceptable, sinon de l'imaginable.

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