Publie.net


  • Qui est-ce qui parle des "problèmes" de l'immigration ? Dans les écoles, dans les quartiers, on sait bien que ça se passe autrement. On sait bien ce qu'on apprend de l'ouverture, de l'échange.


    Mais on sait aussi qu'il faut se battre pour cette fraternité élémentaire, et le partage de la terre.


    L'art de Nicolas Ancion, c'est de prendre ça au ras de la rue, ou de la salle de classe, ou du terrain du foot. Ou de ce qui se passe quand on promène le chien.


    Et quand bien même c'est violent ou dur, à l'arrière, quand bien même il y a les idées toutes faites, les réflexions qui partent trop vite, une des plus belles armes c'est aussi d'en rire.


    ALors venez avec Ugur ou Andrzej - qui lui vient de Pologne -, ou Shi Yinnan, qui de Changaï a débarqué à Anvers, dans le Bruxelles d'aujourd'hui, cette ville qui est un si beau laboratoire pour apprendre à inventer ensemble, et le présent et demain. Beau laboratoire des rêves, dans la nuit et les tavernes.


    Et c'est là que commence un autre miracle : celui de la littérature, du raconteur d'histoires, neuf récits comme neuf visages, neuf rêves.


    FB


    La plume de Nicolas Ancion est bien acérée, non pas qu'elle manque de tendresse, bien au contraire, mais elle a particulièrement de ressort et l'art du récit, du drama, est extraordinairement maîtrisé, - ses temps et ses voix multiples, ses rythmes -, dans les textes courts qui constituent l'ensemble de nouvelles Les ours n'ont pas de problèmes de parking.
    L'auteur belge, dont les nouvelles, pièces de théâtre, romans et poésies sont déjà largement publiés, nous fait entrer dans un univers tout à fait singulier, où le merveilleux et le réel, la tendresse et la dureté composent ensemble pour des textes fondamentalement poétiques, que l'on entend. Quelle réjouissance ! Quel art de la drôlerie subtile, du cocasse sobre mais endiablé !
    Précipitez-vous pour ce joli cadeau. Ce livre tombe tellement bien (sur moi) au moment où arrive l'automne. Après cela, haha... on fait des rêves détonnants. Plus question de dépression saisonnière !
    Emmanuelle Tricoire - Sous le Pommier

  • Ali et Ramazan

    Perihan Magden

    Ali et Ramazan sont deux enfants. Ils sont orphelins. Ils se rencontrent dans la cour de pierre dans un orphelinat d'Istanbul. Ils tombent amoureux. Depuis leur naissance jusqu'à leurs dix-huit ans, quand ils se retrouvent à la rue. Du service militaire au manque d'emploi. Ali et Ramazan vivent et tentent de survivre dans cette ville qui leur est cruelle. Pas très longtemps. Ils meurent tragiquement. Tout ce qu'il nous reste de ces garçons, ce sont des coupures de journaux que Perihan Magden ravive. À travers les pages de ce court roman, à coups de phrases brèves, de ponctuation déconcertante et d'émotion, sans jamais tomber dans le sentimentalisme, Magden redonne vie à ces enfants de la page trois.

    Perihan Magden (1960) a écrit et publié des romans, de la poésie, de nombreux essais et éditoriaux dans la presse. Orhan Pamuk dit qu'elle « est parmi les écrivains les plus inventifs et francs de sa génération. » Elle écrit de nombreux romans depuis 1991, traduits à travers le monde. Son premier roman Meurtres d'enfants messagers (1991) a été publié en 2003 chez Actes Sud.


    À travers son oeuvre, Perihan Magden nous raconte l'histoire de ceux que la société oublie, ceux qui se retrouvent à la page des faits divers dans les journaux, qui se perdent dans la grandeur de la ville et dans l'angoisse de l'adolescence. Tous ces personnages sont victimes du regard d'une société intolérante face à ceux qui sont différents ou dans le besoin. Les oubliés de la société, les rejetés du gouvernement, de l'armée, de leurs parents... Et le génie de Perihan Magden est de raconter ces vies, parfois trop courtes comme c'est le cas pour Ali et Ramazan, sans pathos ni utiliser de clichés. Perihan Magden nous montre l'humain et non la victime. Elle ne veut pas que l'on pleure sur le sort de ces personnages, elle nous pousse à nous rappeler que nous sommes avant tout humains.

    - Photo de couverture : © Burak Çevik
    - Traduction du turc : Canan Marasligil
    - Préparation éditoriale : Christine Jeanney et Jean-Yves Fick

    Ce livre est disponible en papier et en numérique >

    http://www.publie.net/livre/ali-et-ramazan/

  • La Turquie moderne, contemporaine, dans sa force et ses ruptures, ses permanences et ses turbulences.
    Un an après le premier volume, c'est la même diversité et la même âpreté que nous propose Canan Marasligil, qui choisit, présente et traduit cette suite organisée de textes tous inédits jusqu'ici en français.
    On y retrouvera deux auteurs d'importance, Perihan Magden et Baris Biçakçi. Mais aussi une interprète de jazz, Sirin Soysal, sur les rapports musique et littérature dans la poésie turque, et à nouveau le photographe Erinç Salor, pour accompagner Esra Almas dans une réflexion sur la ville et l'eau, via les "vapur" du Bosphore. L'immigration turque en Europe occidentale est présente avec la voix forte d'Asli Tohumcu, qui n'avait jamais été traduite en français. Et une autre voix féminine, celle de Seray Sahiner, pour décrypter la condition des femmes dans la Turquie d'aujourd'hui via une suite de récits incisifs et durs ("À l'attention des dames"). Et c'est du côté de l'homosexualité et de sa réception que nous entraîne Perihan Magden.
    Alors, dans cet ensemble se croisent récits, fictions, réflexions, accompagnés de photographies et de textes dits à haute voix (iPad seulement) - faisant de "Meydan|La Place" un univers de lecture en soi.
    Qu'on ne cherche pas l'exotisme : c'est du monde en partage qu'il est question, de notre commun présent. Canan Marasligil est accompagnée d'une autre traductrice, Claire Simondin, et de l'essayiste Esra Almas pour la composition de ce qui est dès maintenant une passerelle de référence, un ouvre-frontières.
    Un travail remarquable de positionnement pour chacun et chacune de ces auteurs d'aujourd'hui, replacés dans l'histoire d'une littérature majeure, où on croisera aussi bien Nazim Hikmet qu'Orhan Pamuk.
    Merci aussi de rendre visite au site dont Canan Marasligil accompagne le chantier Meydan : meydanlaplace.net, et qui en inclut les prolongements.

    'La géographie est le nom de ceux qui couvrent le sol / et rester demande du courage / Avec mes morts je suis restée dans ma géographie [...] Avec ma vie je suis restée dans ma géographie / afin d'écrire ma propre histoire', écrit Karin Karakasli, une des grandes voix accueillies ici - et c'est bien cela qui ici nous rassemble.

    Le site de Meydan | La place : http://meydanlaplace.net

  • [TEXTE COURT]
    "Je n'ai pas demandé à avoir une langue maternelle", dit-elle.
    Canan Marasligil parle turc avec sa mère et sa grand-mère, mais a été élevée à Bruxelles, regardant les films américains sur la télévision néerlandaise, où ils ne sont pas doublés, pendant que son père prend les informations en allemand. Le travail du père, et comment on traite les immigrés turcs. Et le retour en Turquie, le décalage avec celles qui là-bas se voilent, et la grand-mère qu'on retrouve après un deuil...
    Mais rien de lourd, rien de pesant. Une autre gravité, celle du sensible - un battement de coeur pour un passeport dont la photo est trop vieille, ou comment l'arrivée de la télévision couleur a révélé la détresse du père. Aujourd'hui, Canan (prononcer Djanan...) vit à Amsterdam, écrit en quatre langues et traduit de l'une à l'autre, aborde sa propre route d'écriture. Elle a commencé par la fiction, et puis voilà cette belle formule, "Bir varmis, bir yokmus", l'équivalent de notre "il était une fois" - cela signifie littéralement "il y avait quelqu'un, il y avait personne", et c'est ainsi que commencent les contes, là-bas. C'est dans ce flottement entre conte et réalité que Canan Marasligil ouvre son propre espace de récit, et ose l'ouvrir à une autobiographie insaisissable, impalpable, pour venir plus près des êtres.
    Une grande fierté à accueillir en tant qu'auteur la maître d'oeuvre de notre revue de littérature contemporaine turque, "Meydan, la Place".
    FB


  • Lieu de rencontre, de révolte, de réunion, de découverte, de partage d'idées. Meydan, en turc, signifie "la place". Selon le contexte, Meydan est aussi le temps ou l'opportunité. À l'époque ottomane, elle est le centre d'un "orta oyunu", théâtre de rue, chez les soufis, c'est la place des "ayin", les liturgies. Ses origines remontent à l'arabe "Maydãn", large espace ouvert, et à la langue pehlevi (ou moyen-perse) "Mayan", le centre, l'espace visible.


    Ce premier volume de "MEYDAN | la place", l'anthologie d'auteurs contemporains turcs, est proposé aux lecteurs et lectrices francophones sous le signe de la #découverte : celle de nouvelles voix, de thèmes inattendus, de perspectives sur le monde et la condition humaine, par des auteurs jeunes et moins jeunes, certains de renommée internationale, d'autres non, sur des thèmes parfois traitant de la Turquie, parfois pas du tout, à travers des extraits de romans et des nouvelles, qui explorent les possibilités et les limites de la langue, des mots, de l'invention. Cette variété de profils, de styles, d'écritures, de thèmes et de genres agira, nous l'espérons, comme un avant-goût mais surtout, permettra aux lecteurs et lectrices d'aller plus loin dans la découverte de la littérature contemporaine turque. C'est à ce titre que nous développerons notre offre de littérature turque en traduction sur pupblie.net, notamment avec un second volume de MEYDAN | la place.

    Avec des textes inédits en français de : Ece Temelkuran (1973), Latife Tekin (1957), Hkan Biçakci, Perihan Magden (1960), Karin Karakasli (1972), Ahmet ümit (1960). Version iPad avec lectures des auteurs intégrée à l'epub.
    Chaque auteur présenté et traduit par Canan Marasligil. Photographies originales d'Erinç Salor. Equipe éditoriale : Christine Jeanney, Roxane Lecomte, Gwen Català.

    Le site de Meydan | La place :
    http://meydanlaplace.net

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