• « Ce roman nous va droit au coeur. Le récit du destin de l'héroïne principale, une paysanne tatare à l'époque de la dékoulakisation, est empreint d'une authenticité, d'une véracité et d'un charme tels qu'on en rencontre rarement dans la prose russe de ces dernières décennies. Je continue de me demander comment un jeune auteur a pu créer une oeuvre aussi puissante, qui chante l'amour et la tendresse en plein enfer... » Lioudmila Oulitskaïa
    Dans les années 1930, au Tatarstan, au coeur de la Russie. À l'âge de quinze ans, Zouleikha est mariée à un homme bien plus âgé qu'elle. Ils ont eu quatre filles, mais toutes sont mortes en bas âge. Pour son mari et sa belle-mère presque centenaire, très autoritaire, Zouleikha n'est bonne qu'à travailler. Un nouveau malheur arrive : pendant la dékoulakisation menée par Staline, le mari est assassiné et la famille expropriée. Zouleikha est déportée en Sibérie, qu'elle atteindra après un voyage en train de plusieurs mois. En chemin, elle découvre qu'elle est enceinte.
    Avec ses compagnons d'exil, paysans et intellectuels, chrétiens, musulmans ou athées, elle participe à la l'établissement d'une colonie sur la rivière Angara, loin de toute civilisation : c'est là qu'elle donnera naissance à son fils et trouvera l'amour. Mais son éducation et ses valeurs musulmanes l'empêcheront longtemps de reconnaître cet amour, et de commencer une nouvelle vie.
    Gouzel Iakhina est née en 1977 à Kazan, au Tatarstan (Russie). Elle a étudié l'anglais et l'allemand à l'université de Kazan, puis a suivi une école de cinéma à Moscou, se spécialisant dans l'écriture de scénarios. Elle a publié dans plusieurs revues littéraires, comme Neva ou Oktiabr. Zouleïkha ouvre les yeux est son premier roman. Elle vit aujourd'hui à Moscou, avec son mari et sa fille.

    Prix Bolchaïa Kniga et Iasnaïa Poliana 2015

    Préface de Lioudmila Oulitskaïa et postface de Georges Nivat

  • Empires entre Islam et Chrétienté : 1500-1800 Nouv.

    Empires entre Islam et Chrétienté recourt à l'approche innovante de l'« histoire connectée » pour traiter d'une série de questions concernant l'époque moderne dans l'océan Indien, la mer Méditerranée et l'océan Atlantique. La période allant de 1500 à 1800 fut l'une des plus intenses compétitions entre empires impliquant les Espagnols, les Portugais, les Ottomans, les Moghols, les Britanniques... Plutôt que d'appréhender ces entités impériales séparément, Sanjay Subrahmanyam exploite leurs archives de manière transversale pour révéler des connexions inattendues. D'après lui, ces empires ont fréquemment emprunté les uns aux autres et ont avancé dans leur construction en prenant en compte les conceptions impériales concurrentes. L'importance particulière que Sanjay Subrahmanyam accorde aux connexions est également de première importance pour comprendre dans quelle mesure une perception de l'histoire impériale s'est développée au cours de la période moderne. À cheval entre la politique, l'économie, l'histoire intellectuelle et la culture, Empires entre Islam et Chrétienté renouvelle notre vision de la construction des empires.

  • Veddem est une planète désertique perdue dans l'espace.

    À sa surface, Perla et son peuple traquent une eau aux caractéristiques spéciales dans le sable. Pour cela, elle utilise ses dons psychiques ce qui attise bien des convoitises. Sa route un jour croise celle de Gaïdy et Celian, deux surdoués, qui viennent de débarquer sur place alors que leur vaisseau a connu quelques avaries.
    À eux trois, ils ne seront pas de trop pour affronter toutes les adversités qui les entourent...

  • À Lisbonne, une nuit, dans un bar, un homme parle à une femme. Ils boivent et l'homme raconte un cauchemar horrible et destructeur : son séjour comme médecin en Angola, au fond de ce « cul de Judas », trou pourri, cerné par une guerre sale et oubliée du monde.

    Un humour terrible sous-tend cet immense monologue qui parle aussi d'un autre front : les relations de cet homme avec les femmes.

    « Il est l'un des plus grands, un auteur essentiel, le découvreur d'un monde. » - Le Point
    « Lobo Antunes nous précipite dans des mondes quotidiens que son écriture flamboyante, torrentueuse, transforme en violentes épopées. » - M. Gazier, Télérama

  • Les musiques des Caraïbes t.1 : du vaudou au calypso Nouv.

    Bruno Blum explore les rapports entre les musiques caribéennes et états-uniennes, interdépendantes depuis des siècles.

    Il analyse les musiques créoles, le lien entre la musique et les rites, le jazz et blues des Caraïbes. Il revient sur la naissance et le développement des musiques populaires telles que le konpa (Haïti), le calypso (Trinidad), le mambo (Porto Rico) ou le quelbe (îles Vierges).
    C'est aux Caraïbes que la fusion entre les musiques d'Afrique et d'Europe s'est opérée, donnant naissance aux musiques américaines modernes et à une multitude de rythmes et styles dont le blues, le jazz, le rap, le mambo ou le cha-cha.

  • Nouvelles de Norma Dunning
    Traduit de l'anglais par Daniel Grenier

    Annie Muktuk, les hommes la désirent et se l'arrachent. Elle règne avec sa beauté légendaire et sa gloire chimérique sur le petit monde d'Igloolik. Des visages hauts en couleur prennent aux tripes. Josephee, se fiant à la ruse des Esprits, amène sa femme Elipsee sur le territoire dans l'Arctique pour la guérir du cancer. Husky, agent de la Compagnie de la Baie d'Hudson, vit rondement avec ses trois épouses, Tetuk, Alaq et Keenaq jusqu'au jour où ils partent ensemble en vacances dans le sud. Ces récits drôles et crus disent le racisme, l'aliénation, mais aussi la tendresse, le sexe et l'humour. Annie Muktuk touche au coeur de ce que signifie être inuit.

    Extrait
    J'ai appris quelques trucs importants au cours de mes trente et quelques années de vie. Ne tombe pas en amour. Baise-les lentement. Baise-les fort. Et ne les baise jamais deux fois. Le sexe, c'est ma matière forte. Ça me donne de la puissance. Ça m'apporte un étrange réconfort.

    Prix et distinctions
    o Prix littéraire Danuta Gleed 2017-2018 ;
    o Livre de l'année INDIEFAB 2018 (nouvelles) ;
    o Prix Howard O'Hagan 2018 pour la nouvelle ;
    o Classé 7e parmi les 99 meilleurs livres de 2017 du quotidien National Post.

    L'auteure
    Romancière inuit, Norma Dunning écrit les légendes de ses ancêtres et creuse les chemins de son identité. Elle vit à Edmonton où elle enseigne les savoirs autochtones. Acclamé par la critique, Annie Muktuk est son premier livre.

  • Les contrats de travail sur Préservation étaient très simples, principalement parce que le Code civil planétaire prévoyait déjà toute une panoplie de protections inhérentes.

    Sauf que je ne faisais pas partie des citoyens, pas plus que je n'étais - techniquement - une personne. Néanmoins, le contrat de Pin-Lee, l'avocat du Dr Mensah, veillerait à ce que nul ne me force à agir contre mon gré. (Par le passé, j'avais uniquement été l'objet de contrats de location émis par la compagnie, où je n'étais alors qu'un équipement.) (« Ne t'inquiète pas, avait promis Pin-Lee. Je prévoirai une clause qui te permettra de prendre la tangente comme une crapule si tu le souhaites. »).
    Dans ce huis clos policier riche en rebondissements, AssaSynth, qui ne demande toujours qu'à rester dans son coin à regarder des séries (une vidéosurveillance digne de ce nom aurait permis de boucler l'affaire en deux temps trois mouvements, si vous voulez son avis), découvrira la valeur du travail d'équipe - avec les humains, qui ne sont pas tous incompétents, et les autres bots, qui ne sont pas tous stupides.

    Mais, surtout, notre androïde apprendra à ne pas céder à un travers finalement très humain : dépasser ses préjugés.

    Les romans de la série « Journal d'un AssaSynth » ont été couronnés par les prix Hugo 2018 et 2019, les prix Nebula 2017 et 2020 et les prix Locus 2018, 2019 et 2021.

  • Aden Arabie

    Paul Nizan

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Paul Nizan. En 1926, Paul Nizan, alors jeune agrégé de philosophie, quitte l'École Normale Supérieure pour aller occuper un poste de précepteur à Aden (Yémen). Son voyage, pense-t-il, lui permettra de se soustraire à l'étouffement ressenti dans le petit monde universitaire et intellectuel du Ve arrondissement de Paris. Il retrouve toutefois à Aden l'Europe qu'il espérait quitter, condensée dans une société coloniale dont il dénonce la sclérose et le scandale dans Aden Arabie, publié en 1931. Dès l'incipit de ce récit autobiographique, le cri est jeté: "J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie." Il raconte ses désillusions, dénonçant l'inauthenticité de l'existence confortable, l'illusion de l'exotisme et les multiples aliénations de l'exploitation capitaliste des colonies. Le pamphlet a pour cible principale Homo economicus, "animal content de son économie du profit supplémentaire". Itinéraire spirituel, livre d'éducation politique mais aussi cri de révolte contre la trahison des clercs, Aden Arabie connaîtra un long purgatoire en raison de l'exigence éthique qu'il porte et de la violence de la révolte qu'il exprime. Le livre ne sera redécouvert qu'en 1960 par Jean-Paul Sartre qui écrit à son propos: "Nizan, c'était un trouble-fête. Il appelait aux armes, à la haine, classe contre classe; avec un ennemi patient et mortel, il n'y a pas d'accompagnements; tuer ou se faire tuer: pas de milieu."

  • De tous les humains, le Nègre est le seul dont la chair fut faite marchandise. Au demeurant, le Nègre et la race n'ont jamais fait qu'un dans l'imaginaire des sociétés européennes. Depuis le XVIIIe siècle, ils ont constitué, ensemble, le sous-sol inavoué et souvent nié à partir duquel le projet moderne de connaissance - mais aussi de gouvernement - s'est déployé.
    La relégation de l'Europe au rang d'une simple province du monde signera-t-elle l'extinction du racisme, avec la dissolution de l'un de ses signifiants majeurs, le Nègre ? Ou au contraire, une fois cette figure historique dissoute, deviendrons-nous tous les Nègres du nouveau racisme que fabriquent à l'échelle planétaire les politiques néolibérales et sécuritaires, les nouvelles guerres d'occupation et de prédation, et les pratiques de zonage ?
    Dans cet essai à la fois érudit et iconoclaste, Achille Mbembe engage une réflexion critique indispensable pour répondre à la principale question sur le monde de notre temps : comment penser la différence et la vie, le semblable et le dissemblable ?
    Prix Fetkann - catégorie mémoire 2013

  • Le portail

    François Bizot

    • Versilio
    • 27 Novembre 2014

    François Bizot, membre de l'École française d'Extrême-Orient, est fait prisonnier au Cambodge par les Khmers rouges, en 1971. Enchaîné, il passe trois mois dans un camp de maquisards. Chaque jour, il est interrogé par l'un des plus grands bourreaux du vingtième siècle, futur responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts, aujourd'hui jugé pour crimes contre l'humanité : Douch.
    Au moment de la chute de Phnom Penh, en 1975, François Bizot est désigné par les Khmers rouges comme l'interprète du Comité de sécurité militaire de la ville chargé des étrangers auprès des autorités françaises. Il est le témoin privilégié d'une des grandes tragédies dont certains intellectuels français ont été les complices.
    Pour la première fois, François Bizot raconte sa détention. Grâce à une écriture splendide et à un retour tragique sur son passé, l'auteur nous fait pénétrer au coeur du pays khmer, tout en nous dévoilant les terribles contradictions qui - dans les forêts du Cambodge comme ailleurs - habitent l'homme depuis toujours.
    Prix des lectrices d'ELLE, catégorie Essai, 2001.
    Le livre qui a inspiré le film de Régis Wargnier " Le temps des aveux ".
    Prix des lectrices d'ELLE, catégorie Essai, 2001.
    Le livre qui a inspiré le film de Régis Wargnier " Le temps des aveux ".

  • Quantika Nouv.

    Quantika

    Laurence Suhner

    - Professeur Faradyne ? Stanislas Arkadi Faradyne ?
    Stanislas fut pris d'un malaise. Derrière lui étaient plantés les deux énergumènes auxquels il tentait d'échapper depuis ce matin.
    - Notre commanditaire, monsieur Boubakine, aimerait s'entretenir avec vous. Au sujet de votre propulsion.
    Après dix ans de répit, le pire de ses cauchemars devenait réalité ! Stanislas n'avait jamais fricoté avec Boubakine, le magnat qui avait financé la colonisation du système AltaMira. Et pour cause : il n'était pas véritablement Faradyne, Le Faradyne, le scientifique de génie qui avait développé la première propulsion warp de l'histoire, permettant l'exode extrasolaire de l'humanité.
    Il se retourna. Il était acculé. Devant lui, l'océan s'étendait à perte de vue, ponctué des îles Témen et Zuha.
    Gemma avait bien changé. À tel point que personne, ici, ne l'avait jamais appelée « le joyau de glace étincelant dans la nuit ». Et pour cause, Gemma, la blanche, la froide, n'avait tout simplement jamais existé.
    Ici, on l'appelait Indiga.
    La bleue.

    La confrontation de l'humain avec une forme de pensée différente, remettant en question l'interprétation scientifique et mathématique d'une réalité unique et déterministe, constituait le thème principal de « QuanTika ».


    « Ziusudra » plonge ses protagonistes dans un univers parallèle. La réalité y est un vaste jardin aux sentiers qui bifurquent...

  • Purgatoire

    Mike Resnick

    Planète perdue, Karimon attire bien des convoitises de la part des humains pour la richesse de son sous-sol. Mais avant cela, ils doivent négocier avec les habitants, les Tulabétés, humanoïdes aux origines reptiliennes. Et leur roi, Jalopani, qui voit clair dans le jeu de ces nouveaux arrivants, espère bien se servir d'eux...

    Roman de SF passionnant, Purgatoire nous offre après Paradis une nouvelle réflexion sur le colonialisme, le pouvoir et d'avidité, évoquant l'histoire du Zimbabwe.

  • En France, il a fallu attendre la loi du 16 octobre 1999 pour que l'expression « guerre d'Algérie » soit officiellement reconnue. De 1954 à 1962, l'euphémisme « opérations de maintien de l'ordre » permettait de ne pas reconnaître le statut de belligérants à ceux que l'État considérait comme des « rebelles », des « terroristes »... Dans une perspective centrée sur la France, et en partant de la chronologie des faits, Guy Pervillé retrace l'histoire d'une décolonisation douloureuse. Plus de cinquante ans après les accords d'Évian, il interroge nos difficultés à normaliser les rapports franco-algériens.

  • Quatre personnes, quatre planètes : un groupe d'astronautes part en mission pour explorer des planètes susceptibles d'abriter la vie.
    Hommes et femmes, trans, asexuels, fragiles, déterminés, ouverts et humains, ils représentent la Terre dans sa complexité.
    Au fil des ans et des atterrissages, ils découvrent des animaux étranges, de « simples » bactéries, et les dilemmes éthiques de l'explorateur bienveillant mais forcément intrusif.
    Observer, c'est influencer. Exister, c'est agir.

    Il faut savoir jusqu'où aller trop loin ; pour rencontrer l'Autre, il faut le mettre en danger.

  • Le mensonge d'État laisse de profondes traces collectives et individuelles. Aujourd'hui encore, le sujet est tabou.

    Les appelés se sentent isolés, privés et pour beaucoup incompris. Cet ouvrage veut participer à rompre le silence.
    Par des extraits des carnets rédigés par l'auteur pendant son service militaire mais aussi par les témoignages d'anciens appelés.
    Écrire et témoigner pour se débarrasser de la peur et del'ambiance d'un monde de violences faite de tués, de blessés et d'exactions multiples.

  • Paradis

    Mike Resnick

    « À la seconde où vous posiez le pied sur cette planète, c'était comme si vous veniez de redécouvrir le jardin d'Éden. »
    Peponi est une planète merveilleuse qui a connu les malheurs de la colonisation. Écrivain, Matthew Breen a décidé d'en raconter l'histoire, tissant de rencontres en interviews le fil d'un récit qui vire au cauchemar au fur et à mesure que l'homme a voulu imposer sa loi, provoquant désastres, rébellion, et indépendance...
    Basé sur l'histoire du Kenya, Mike Resnick nous conte avec brio le destin de Peponi, dénonçant la colonisation et ses suites...

  • Pékin, 1900. Les huit plus grandes puissances du moment s'allient pour "punir" la Chine et écraser dans le sang la révolte des Boxers. Sur place, Loti observe, atterré, le résultat de la sauvagerie coloniale et la fin d'un mythe : Pékin n'est plus la Cité interdite.

  • Sans Mahomet, Charlemagne n'aurait jamais été empereur ! De quand date vraiment la chute de Rome ? Pourquoi passe-t-on de l'Antiquité au Moyen Âge ? À ce vieux débat, Henri Pirenne apporte une réponse révolutionnaire  : au VIIe  siècle, la disparition du monde romain n'est pas le fait des invasions germaniques, mais de l'incursion de l'islam en Méditerranée, un nouveau pouvoir qui interrompt les échanges pluriséculaires entre Orient et Occident. Isolés, la papauté et le monde franc ont été contraints de se recomposer en chrétienté autonome. À la fois séduisante, provocatrice et accessible, la thèse de Henri Pirenne a suscité de nombreuses vocations chez les historiens, les archéologues ou les économistes. Adulée ou contestée, cette étude fondatrice, devenue un classique, alimente aujourd'hui plus que jamais le débat.


  • Défaillances systèmes, la première des quatre novellas qui forment « Journal d'un AssaSynth », a reçu :


    o Le Prix Hugo de la meilleure novella en 2018


    o Le Prix Nebula de la meilleure novella en 2018


    o Lauréat du Prix Locus de la meilleure novella en 2018

    o Lauréat du Prix Alex en 2018
    « J'aurais pu faire un carnage dès l'instant où j'ai piraté mon module superviseur ; en tout cas, si je n'avais pas découvert un accès au bouquet de chaînes de divertissement relayées par les satellites de la compagnie. 35 000 heures plus tard, aucun meurtre à signaler, mais, à vue de nez, un peu moins de 35 000 heures de films, de séries, de lectures, de jeux et de musique consommés. Comme impitoyable machine à tuer, on peut difficilement faire pire. »
    Et quand notre androïde de sécurité met au jour un complot visant à éliminer les clients qu'il est censé protéger, il ne recule ni devant le sabotage ni devant l'assassinat ; il s'interpose même face au danger, quitte à y laisser des morceaux.
    Martha Wells signe avec cette série un récit tout en ironie et en sensibilité sur l'éveil à la conscience et l'exercice du libre arbitre.

  • La race a une histoire, qui renvoie à l'histoire de la différence sexuelle. Au XVIIe siècle, les discours médicaux conçoivent le corps des femmes comme un corps malade et l'affligent de mille maux : " suffocation de la matrice ", " hystérie ", " fureur utérine ", etc. Le sain et le malsain justifient efficacement l'inégalité des sexes et fonctionnent comme des catégories de pouvoir. Aux Amériques, les premiers naturalistes prennent alors modèle sur la différence sexuelle pour élaborer le concept de " race " : les Indiens Caraïbes ou les esclaves déportés seraient des populations au tempérament pathogène, efféminé et faible. Ce sont ces articulations entre genre, sexualité et race, et leur rôle central dans la formation de la Nation française qu'analyse Elsa Dorlin, au croisement de la philosophie politique, de l'histoire de la médecine et des études sur le genre. La Nation prend littéralement corps dans le modèle féminin de la " mère ", blanche et saine, opposée aux figures d'une féminité " dégénérée " - la sorcière, la vaporeuse, la vivandière hommasse, la nymphomane, la tribade et l'esclave africaine. Il apparaît ainsi que le sexe et la race participent d'une même matrice au moment où la Nation française s'engage dans l'esclavage et la colonisation.

  • Cette fois, c'est la fin. Les courants du Flux, qui relient les systèmes stellaires de l'Interdépendance, s'effondrent les uns après les autres. Il n'est plus question de douter de la réalité du problème, aussi les riches et les puissants se trouvent-ils contraints de changer leur fusil d'épaule : au lieu de se réfugier dans le déni, ils font feu de tout bois pour sauver ce qui peut l'être et se réfugier au Bout, la seule planète habitable de l'empire, en abandonnant le bas peuple à une mort lente dans ses stations artificielles.
    Le premier roman de « L'Interdépendance », L'Effondrement de l'empire, a reçu en 2018 le prix Locus de meilleur roman de science-fiction et a été finaliste du prix Hugo.

  • Sommes-nous africains ? Qu'est-ce que l'Afrique ? De cette double interrogation, née au XVIIIe siècle dans la diaspora africaine déportée aux Amériques, a émergé un vaste mouvement intellectuel, politique et culturel qui a pris le nom de panafricanisme au tournant du XXe siècle. Ce mouvement a constitué, pour les Africains des deux rives de l'Atlantique, un espace privilégié de rencontres et de mobilisations.
    De la révolution haïtienne de 1791 à l'élection du premier président noir des États-Unis en 2008 en passant par les indépendances des États africains, Amzat Boukari-Yabara retrace, dans cette ambitieuse fresque historique, l'itinéraire singulier de ces personnalités qui, à l'image de W.E.B. Du Bois, Marcus Garvey, George Padmore, C.L.R. James, Kwame Nkrumah ou Cheikh Anta Diop, ont mis leur vie au service de la libération de l'Afrique et de l'émancipation des Noirs à travers le monde. Mêlant les voix de ces acteurs de premier plan, bientôt rejoints par quantité d'artistes, d'écrivains et de musiciens, comme Bob Marley ou Miriam Makeba, la polyphonie panafricaine s'est mise à résonner aux quatre coins du " monde noir ", de New York à Monrovia, de Londres à Accra, de Kingston à Addis-Abeba.
    Les mots d'ordre popularisés par les militants panafricains n'ont pas tous porté les fruits espérés. Mais, à l'heure où l'Afrique est confrontée à de nouveaux défis, le panafricanisme reste un chantier d'avenir. Tôt ou tard, les Africains briseront les frontières géographiques et mentales qui brident encore leur liberté.

  • Jomo Kenyatta, Aimé Césaire, Ruben Um Nyobè, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara... Longtemps regardés avec dédain par ceux qui, au cours des trois dernières décennies, décrétèrent la mort du tiers-mondisme et le triomphe du néolibéralisme, ces figures majeures de la libération africaine suscitent aujourd'hui un intérêt croissant chez les nouvelles générations, à la faveur de l'atmosphère de révolte qui monte aux quatre coins du monde.Saïd Bouamama redonne corps et chair à ces penseurs de premier plan qui furent aussi des hommes d'action, mais ont trop souvent été réduits à des icônes. Leurs vies rappellent en effet que la bataille pour la libération, la justice et l'égalité n'est pas qu'une affaire de concepts et de théories : c'est aussi une guerre, où l'on se fourvoie parfois et dans laquelle certains se sacrifient. L'auteur, pour autant, n'en fait pas des martyrs absolus : c'est pourquoi ce livre s'attache, avec beaucoup de pédagogie, à inscrire ces parcours dans leurs contextes sociaux, géographiques et historiques.À l'heure où l'on se demande comment avoir prise sur le monde, ce portrait politique collectif rappelle qu'il a toujours été possible, hier comme aujourd'hui, de changer le cours des choses.

  • Dans cet essai critique, Achille Mbembe montre qu'au-delà du mélange de choses qui prévaut aujourd'hui, le mérite de la décolonisation africaine fut d'ouvrir sur une multitude de trajets historiques possibles. À coté du monde des ruines et de la destruction, de nouvelles sociétés sont en train de naitre.
    La décolonisation africaine n'aura-t-elle été qu'un accident bruyant, un craquement à la surface, le signe d'un futur appelé à se fourvoyer ? Dans cet essai critique, Achille Mbembe montre que, au-delà des crises et de la destruction qui ont souvent frappé le continent depuis les indépendances, de nouvelles sociétés sont en train de naître, réalisant leur synthèse sur le mode du réassemblage, de la redistribution des différences entre soi et les autres et de la circulation des hommes et des cultures. Cet univers créole, dont la trame complexe et mobile glisse sans cesse d'une forme à une autre, constitue le soubassement d'une modernité que l'auteur qualifie d'" afropolitaine ". Il convient certes de décrypter ces mutations africaines, mais aussi de les confronter aux évolutions des sociétés postcoloniales européennes - en particulier celle de la France, qui décolonisa sans s'autodécoloniser -, pour en finir avec la race, la frontière et la violence continuant d'imprégner les imaginaires de part et d'autre de la Méditerranée. C'est la condition pour que le passé en commun devienne enfin un passé en partage. Écrit dans une langue tantôt sobre, tantôt incandescente et souvent poétique, cet essai constitue un texte essentiel de la pensée postcoloniale en langue française.

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