Plon (réédition numérique FeniXX)

  • Avant d'écrire « Le temps du soupçon », commentaire de la dernière conférence de presse du Président de la République, j'ai longuement hésité. Si certaines voix s'étaient élevées, si François Mauriac ou André Malraux avaient répondu au général de Gaulle ce qu'ils auraient répondu à tout autre homme d'Etat tenant de pareils propos, je serais resté au dehors d'un débat dans lequel je ne puis m'engager en toute sérénité. Aucun des écrivains, honneur des lettres françaises, n'a parlé. Je me suis donc résolu ou résigné à plaider contre un réquisitoire d'autant plus insidieux qu'il demeure camouflé. J'ai pensé que ce témoignage ne prendrait sa pleine signification qu'à la condition d'y joindre les articles publiés pendant la crise du printemps 1967 et deux études sur Israël et les Juifs, écrites en 1960 et 1962, à l'époque où l'alliance franco-israélienne assurait aux Français d'origine juive une sécurité morale dont les privent, aujourd'hui, les péripéties de l'Histoire.

  • François Fejt donne ici les résultats d'une enquête qu'il a menée au cours des dernières années sur la situation des juifs en U.R.S.S. et dans les pays communistes. Cette enquête, conduite avec un parti pris d'objectivité et de lucidité remarquable, s'imposait d'autant plus que la vague d'antisémitisme qui déferle de nouveau sur l'Occident prête à un tel livre une actualité inattendue. Depuis la mort de Staline, le problème ne cesse de provoquer des débats passionnés. Les autorités communistes, quant à elles, prétendent qu'il s'agit d'un faux problème, puisque l'application du marxisme-léninisme doit apporter une solution définitive à la question des nationalités et que les constitutions en vigueur dans tous les pays communistes ont mis l'antisémitisme hors la loi. Le fait est qu'on a assisté, après la Révolution d'Octobre, à une renaissance de la culture juive en Union Soviétique et que de nombreux israélites se virent ouvrir les portes des plus hauts postes de l'État et de la vie économique. Pourtant les juifs soviétiques ont failli, à la fin du règne de Staline, être victimes d'une déportation massive et bien que, depuis 1953, leur sort se soit beaucoup amélioré, ils restent l'objet de discriminations de toutes sortes, se sentant même parfois menacés d'un antisémitisme populaire latent. Quelles sont les causes de ces contradictions ? C'est ce que François Fejt a tenté d'expliquer de manière originale, avec, à l'appui, les pièces les plus intéressantes du dossier qu'il a constitué à cet effet. Son but n'a pas été de dresser un réquisitoire : c'est au contraire par une analyse serrée qu'il a cherché à élucider le problème, en s'inspirant de la sociologie marxiste et des lois de développement de la société soviétique. L'antisémitisme des pays communistes apparaîtra, à travers cette étude, comme l'une des armes utilisées par les nouvelles élites contre l'ancienne intelligentsia, dans la lutte pour les postes dirigeants. Dans d'autres cas, ce sont certains clans qui s'en servent pour détourner le mécontentement populaire. En général, le malaise qui caractérise les rapports de l'État communiste avec les juifs vient du fait que ceux-ci sont porteurs de traditions et de déchirements millénaires qui les rendent particulièrement rebelles à se laisser emprisonner dans les schémas du marxisme. Aussi François Fejt estime-t-il que cette question ne saurait trouver de solution sans une libéralisation, une décontraction progressive du régime social soviétique.

  • Que sera la médecine du XXIe siècle ? Qui seront les médecins de demain, pour quelles maladies, et pour quels malades ? C'est à ces questions fondamentales, qui nous concernent tous, que le professeur Bernard Glorion, président du Conseil de l'Ordre des médecins, a décidé de répondre. Refusant la langue de bois, trop souvent reprochée aux organisations officielles, il ne fuit pas les grands débats : la réforme de l'enseignement médical, les défis technologiques et scientifiques, les nouvelles maladies, la médecine préventive, la médecine prédictive, et le statut de l'embryon, la prise en compte de la fin de vie, les médecines publique ou libérale et, bien sûr, le problème de la Sécurité sociale. Il prône une réforme en profondeur du monde de la santé, tant dans les institutions que dans l'université, les syndicats, le ministère et... le Conseil de l'Ordre. Sa profession de foi : un nouveau partenariat médecin/patient.

  • Il est incontestable que la liberté d'une nation ne peut être garantie que par un système de sécurité, et qu'il est désormais impossible - à la plupart des nations - d'assurer leur sécurité par leurs propres moyens. Qu'on le veuille ou non, la communauté fait loi, mais elle exige - en contrepartie - une aliénation partielle de la liberté de chacune des nations qui la composent. Les pays de l'Europe « résiduelle » - c'est-à-dire l'Europe non encore recouverte par l'influence soviétique - sont d'autant plus pénétrés de ces vérités fondamentales, qu'ils ont dû subir, à moins d'un quart de siècle de distance, deux guerres mondiales, qui les ont tous laissés pareillement affaiblis, et dans un état de sécurité précaire. Mais alors, entre les deux gigantesques puissances de l'U.R.S.S. et des États-Unis, comment l'Europe ainsi mise en question pourra-t-elle conserver sa personnalité, son indépendance et son autorité ? C'est à ces interrogations que s'efforce de répondre ici le Maréchal Juin, qui fut, on le sait, commandant en chef des Forces alliées Centre Europe, de 1951 à 1956. Sous le titre L'Enlèvement d'Europe, Henri Massis a voulu rassembler - d'une seule vue - les questions qu'il a naguère abordées dans l'Occident et son destin, et les confronter à nouveau avec l'événement. L'Europe, placée entre les deux géants, est sommée de choisir ou le protectorat des États-Unis ou l'hégémonie de l'Union soviétique. Ce dilemme tragique donne une actualité plus urgente que jamais aux problèmes que l'auteur expose. Aussi importe-t-il que ces vues restent dans la circulation des idées, et soient mises ainsi à la portée du grand public.

  • Moins de trois millions d'habitants, mais le plus grand gisement de bauxite du monde, quatre-vingt-dix pour cent d'illettrés, mais les plus jeunes ministres dont on puisse rêver, une indépendance jouée à pile ou face, mais obtenue - pour la première fois dans l'histoire - sans verser une goutte de sang, des sacrifices et des incantations dans les villages reculés, mais un gouvernement écouté et efficace jusqu'au fond de la forêt, bref un pays que le monde entier surveille avec la plus extrême attention et où la France, la Chine et un marxisme un peu dissous par les chaleurs, jouent leur prestige et leur influence, voilà ce qu'est aujourd'hui la Guinée livrée à elle-même. Dans ce livre, Fernand Gigon ne s'est pas contenté de nous raconter son entrevue avec Sékou Touré, de nous faire assister à une séance décisive du Conseil des ministres, ou de nous décrire la population de Konakry, travaillant volontairement le dimanche pour restaurer les rues de la ville : il a, certes, photographié la Guinée, le sourire éblouissant de son Président, la gesticulation ancestrale de ses tribus et, à l'autre limite de la brousse, le comportement des ouvriers noirs sur l'immense chantier de Fria, mais c'est pour analyser ensuite et mieux comprendre une expérience politique et humaine, probablement unique dans l'histoire du siècle. Si la Guinée, malgré les balbutiements d'une liberté aussi soudaine, ne trébuche pas dans les mois à venir, tous les autres pays d'Afrique noire seront tentés d'imiter son exemple. Si, au contraire, Sékou Touré et son parti vont à un échec, leur faillite entraînera avec elle beaucoup d'illusions et de désordre, et les événements auront établi que la société africaine ne peut être déterminée que par des règles étrangères à l'Afrique. Or, Fernand Gigon, au terme de son enquête, affirme que les chances de la France sont restées intactes en Guinée. N'est-ce pas la France qui a révélé aux Africains le respect de l'homme ? Aujourd'hui, Sékou Touré offre à l'Occident une chance historique : avant de penser en marxiste, il pense en Africain, et avant d'agir en Communiste, il laisse parler la réalité de son pays. Cette option peut assurer, il en est temps encore, la continuité de la France sous l'équateur.

  • Le colonel Barberot a été rappelé, sur sa demande, en mai 1956, pour servir en Algérie. Commandant une demi-brigade de rappelés, il a été, pendant huit mois, sous les ordres directs du général de Bollardière. Démobilisé en avril 1957, il apporte à la « Tribune Libre » un témoignage auquel ses titres de guerre, et son passé militaire, donnent une importance capitale. Ce livre, qui est un message d'espoir, conclut que rien n'est encore perdu si le système surmonte ses vices et ses erreurs. Il s'oppose violemment à une politique d'abandon, et défend avec passion une armée que l'absurdité conduit, depuis dix ans, à des désastres et des échecs dont elle n'est pas responsable. Le colonel Barberot, officier de Marine d'active, a rejoint - en juin 1940 -, avec d'Estienne d'Orves, les Forces Françaises Libres, après une évasion spectaculaire en rade d'Alexandrie. Condamné à mort par les tribunaux de Vichy, titulaire de la croix de la Libération (depuis mars 1941), et de la Rosette de la Résistance, commandeur de la Légion d'honneur à 30 ans, capitaine de frégate et lieutenant-colonel à 33 ans, le colonel Barberot a été l'officier de Marine le plus cité au cours de la guerre contre les forces de l'Axe.

  • René Massigli, Ambassadeur de France, est entré au service de l'État à la fin de l'autre guerre. Ayant quitté le Quai d'Orsay au lendemain de Munich pour Ankara, ce n'est que quinze années plus tard qu'il a été rappelé de l'Ambassade de Londres, pour servir de nouveau à Paris, où il se trouvait en présence de structures administratives profondément détériorées. Ses souvenirs lui ont permis d'établir alors des comparaisons, qui l'ont aidé à dégager, et à définir, un certain nombre de maladies dont se trouvent actuellement affectés les mécanismes internes de l'État. Tout en reconnaissant l'extrême nécessité d'une réforme constitutionnelle et d'une réforme électorale, M. Massigli pense que le problème de nos moeurs politiques pose des questions aussi urgentes que celui des institutions, et c'est aux conditions de fonctionnement des mécanismes administratifs que l'auteur s'attaque. Les phénomènes qu'il dénonce sont liés, pour lui, aux méthodes gouvernementales ; d'autre part, ils découlent des conditions - nécessairement imparfaites - dans lesquelles, au lendemain de la Libération, les organismes du pays ont été remis en marche. Il ne s'agit nullement ici de mettre en cause des groupes ou des personnes ; et c'est, systématiquement, que M. Massigli a évité de le faire, les responsabilités des maux qu'il dénonce étant fort partagées. Les conclusions auxquelles l'auteur aboutit, ne sont pas pessimistes : la volonté soutenue de quelques hommes peut, selon lui, suffire pour apporter la guérison. Mais le temps presse. Nous savons que 1958 est l'année des échéances, pour le Marché commun, pour l'Algérie, bientôt pour l'Afrique Noire. Écrit avant les récents événements d'Alger, ce livre consacré à la détérioration des mécanismes de l'État les éclaire et, pour une part, les explique. Chacun se doit de le lire et de le méditer.

  • L'élection présidentielle qui vient de faire entrer Kennedy à la Maison-Blanche s'est renouvelée depuis cent soixante-dix ans à des intervalles réguliers qui sont les mêmes que ceux des Olympiades... 44, 48, 52, 56, 60. L'opération permet de procéder à un inventaire politique général, de déceler des tendances, des mouvements d'opinion, de mettre au point des statistiques diverses. Car ce n'est pas uniquement d'un renouvellement quadriennal de l'Exécutif qu'il s'agit ; d'après la Constitution, l'élection met en jeu simultanément la Présidence, la totalité de l'effectif de la Chambre des Représentants, un tiers du Sénat, ainsi, qu'un certain nombre de postes de gouverneurs et d'autres fonctionnaires électifs à l'échelon des cinquante États. On peut ainsi, tous les quatre ans, faire un tableau politique du pays aussi détaillé que possible et prendre la mesure exacte de son nouveau Président. Pour nous, Français, est-il bon, est-il mauvais ? Nicolas Chatelain ouvre ici le dossier Kennedy et vous présente le jeune chef d'État.

  • Cela implique d'abord un réveil de conscience nationale, tant il est évident que la notion même de « Défense » ne peut être formulée que dans la mesure où les Français auront la conviction de posséder un patrimoine physique et moral dont ils doivent assurer l'intégrité et la croissance vis-à-vis des forces antagonistes. C'est seulement après cette prise de position essentielle, qu'il devient possible d'envisager une ligne d'action et d'aborder les réformes nécessaires à la mise sur pied d'un plan de « Défense ». Le Général Valluy n'a négligé aucun des aspects de ce grave problème et le dossier qu'il apporte est solidement établi. Qu'il s'agisse de la force de frappe, de la conduite de la défense ou de l'OTAN, son objectivité et sa très grande expérience lui permettent de proposer la solution la plus souhaitable. Et, à un moment où le mot « Paix », sans cesse brandi comme une menace, prend une résonance grave, le livre du Général Valluy acquiert une valeur de document d'extrême actualité qu'il serait vain de négliger.

  • L'évolution générale de la société remet en question les principes qui ont longtemps servi de dogme au monde politique. Pour assurer le jeu d'une démocratie moderne digne de ce nom, la refonte des anciennes méthodes de pensée et d'action apparaît aussi indispensable que la reconversion des objectifs proprement politiques. Le moment est venu de prendre acte de cette nécessité. Quelque amertume que puissent en éprouver les partis, chacun d'eux doit s'astreindre à réviser ses programmes et ses idées. Les vieilles distinctions de la Gauche à la Droite paraissent surannées. S'ils ne le comprennent pas, les partis traditionnels ne pourront que mourir. S'ils ne veulent pas disparaître, il leur faudra s'ouvrir aux réalités de demain - qui sont déjà celles d'aujourd'hui. En situant la vie politique contemporaine dans le champ plus large d'une réflexion sur « l'administration des choses et le gouvernement des hommes », M. Raymond Boisdé répond au souci de compréhension sociologique de notre époque : il offre aussi à la pensée politique des perspectives d'avenir particulièrement stimulantes.

  • 1981, c'est la date de la prochaine élection présidentielle et Pierre Lefranc répond aux questions que se posent les Français angoissés par le déclin de leur pays. L'auteur, dont on connaît l'attachement aux principes affirmés par de Gaulle, formule des propositions précises, capables de transformer profondément notre société frappée d'immobilisme. A la lecture de ce texte, clair et dense, des perspectives nouvelles s'ouvrent dont il sera impossible de ne pas tenir compte.

  • En s'appuyant sur des exemples concrets et sur les chiffres officiels, l'auteur répond aux questions fondamentales : Quelles sont les causes profondes de l'insécurité ? La crise économique ou une crise culturelle ? Le découragement de la police, le laxisme des juges ? Il dénonce aussi les dangers que font peser sur notre société la drogue, le déracinement des immigrés, l'anonymat de la vie moderne, l'autodéfense et l'autojustice. Quels sont les remèdes ? Prévention ou répression ? L'État peut-il renoncer à punir les coupables sans, du même coup, encourager la délinquance ? Une politique anticriminelle de bon sens doit abandonner les méthodes permissives qui ont échoué partout dans le monde. Il est temps que les honnêtes gens soient rassurés. Dans une société en ordre ce sont les malfaiteurs qui doivent avoir peur.

  • Dans une certaine mesure, c'est l'histoire des quatre premières années de la Ve République que M. Guy Mollet présente dans ce livre. L'auteur entre en scène ès qualités, de façon permanente en tant que secrétaire général de la S.F.I.O., mais aussi avec ses responsabilités successives de Vice-Président du Conseil au moment des événements dramatiques de Mai 1958, et de ministre d'État du gouvernement de Gaulle. Pour la rédaction de cet ouvrage, M. Guy Mollet a utilisé, en dehors de pages inédites, différents textes (études, articles, déclarations à huis clos aux cadres du Parti socialiste) en même temps qu'il a sorti de ses archives inédites un certain lot de documents d'un très grand intérêt. Ainsi se trouvent réunis les faits authentiques et les réflexions profondes, en une riche matière politique.

  • A vous, Français innombrables, que touche la crise agricole actuelle, le livre de Raymond Cartier apporte aujourd'hui un dossier solidement établi. Nous voyons, après cette lecture, le drame de l'agriculture dans toute son ampleur : au-delà des revendications matérielles immédiates, si souvent fondées, c'est tout le vaste problème de « la révolution au village » - révolution technique, révolution psychologique - qui apparaît ici sur le grand écran. « L'idée qu'on se fait de la terre s'est profondément modifiée. L'homme fut longtemps devant elle comme devant une fatalité... » L'auteur montre que les agronomes modernes dont les techniques et les découvertes se multiplient sans cesse, estiment désormais que la terre n'est qu'une sorte de support, et que « l'eau, la lumière, la chaleur, et les aliments apportés par les engrais et les adjuvants chimiques, l'emportent en importance sur la qualité même de la glèbe. » C'est ainsi que de sols déshérités on a fait lever d'étonnantes moissons..., etc. Qu'il s'agisse du problème du blé, ou de celui de l'élevage, toutes les perspectives sont bouleversées, rénovées. L'ancien serf attaché à sa motte de terre réclame le droit à tous les privilèges de la civilisation. Entre autres miracles, celui qu'apporte « la révolution de l'herbe » promet des rendements hier inespérés... Enfin, l'agriculture française peut devenir non seulement une réserve nationale mais un grenier pour l'Europe impuissante à nourrir ses enfants. Grâce à ce « document vert », vous découvrirez à la fois la misère et la grandeur du paysan de France, et le suivrez dans son nouveau destin.

  • À la veille des élections législatives de mars 1973, le club Nouvelle Frontière, présidé par Jean Charbonnel, ministre du Développement industriel et scientifique, présente à tous ceux qui refusent de décider sans savoir - et de voter sans comprendre - une radioscopie des oppositions. L'opposition, en 1973, c'est d'abord le Programme commun signé par les Communistes, les Socialistes et les Radicaux de gauche. Ce que révèle de nostalgies, d'inconséquences - et de duplicité - cette prétendue charte de l'unité, c'est ce que Nouvelle Frontière a voulu savoir ; sous les litanies rassurantes d'une vie peinte en rose, quels sont les grands choix nationaux qui sous-tendent le Programme commun ? Passant au fil d'une critique - souvent acerbe mais toujours rigoureuse - les institutions, la politique militaire, l'action internationale et le modèle économique rêvés par la Gauche, Nouvelle Frontière met en lumière les contradictions d'un projet qui ne doit qu'à son ambiguïté de n'être pas perçu immédiatement - et par tous - comme l'acte inaugural d'un désastre national. Mais l'opposition, en 1973, ce n'est pas seulement un texte, il y a aussi les forces politiques : où en sont centrisme réformateur, Parti communiste et Parti socialiste, près de quinze ans après l'établissement de la Ve République : c'est à quoi la seconde partie de cet ouvrage s'efforce de répondre, en décrivant « les trois visages de l'opposition ». Cette étude du club Nouvelle Frontière est suivie d'un véritable dossier d'information, composé d'une série d'analyses réalisées par des membres du club.

  • Si, malgré les crises et les atermoiements de la métropole, il reste encore temps de donner corps à la communauté franco-africaine, on n'a pas le droit d'ignorer que cette revendication spontanée des peuples d'outre-mer risque de perdre, très vite, auprès d'eux, son pouvoir d'attraction, pour laisser place à d'autres tentations. Cela, dans la mesure même où la France n'aura pas voulu tenir compte de l'appel que lui lancent, aujourd'hui encore, unanimes, les formations politiques et les représentants authentiques de l'Afrique noire. En septembre 1957, ceux-ci, comme celles-là, trouvaient à Bamako, sous les auspices du Rassemblement démocratique africain, une tribune du haut de laquelle s'exprimèrent toutes les opinions, tant de nos adversaires, que de nos partenaires. Pour avoir été le témoin de ces débats et avoir, depuis lors, suivi attentivement les évolutions qui en découlèrent, André Blanchet, grand reporter spécialisé dans les affaires du continent noir, est assurément fondé à s'alarmer de l'immobilisme qui, depuis Bamako, a empêché la France d'adapter aux exigences de la décolonisation ses rapports avec les territoires africains. Puisqu'il faut compter désormais avec l'opinion publique africaine, on saura gré à André Blanchet de faire revivre ici les journées ardentes de Bamako et, les connaissant tous personnellement, de nous présenter les interlocuteurs avec qui devraient s'élaborer, sans retard, les contrats d'un « Commonwealth français ».

  • La IVe République est morte de n'avoir su résoudre deux graves problèmes : l'affaire algérienne et la réforme de la démocratie. Son instabilité ne découlait pas du mode électoral, mais de l'extrême diversité de l'opinion publique, qui entraînait une incohérence funeste et amorale dans les moeurs politiques : ayant confondu souveraineté nationale et souveraineté parlementaire, les gouvernements n'avaient plus qu'à se réfugier dans l'immobilisme. Or, si l'armée a été l'occasion des changements politiques survenus depuis le 13 Mai, elle n'a pas agi pour prendre le pouvoir. Elle n'a fait que constater l'inexistence des institutions de la IVe République. Maintenant, la Ve République a pris le départ. Pourquoi était-elle inéluctable ? Où va-t-elle ? Sur quelles forces peut-elle s'appuyer et quelles factions doit-elle redouter ? Qu'est-ce qui a changé dans la morale politique du pays ? L'Algérie sera-t-elle l'écueil où se brisera la France ou, au contraire, la condition de son relèvement ? C'est à toutes ces questions que tente de répondre Michel Massenet dans ce livre brillant et perspicace, où il aide le lecteur à interroger l'avenir. S'il est vrai que, dans une démocratie comme la nôtre, l'autorité de l'État doit reposer d'abord sur la liberté des citoyens, sans qu'aucune de ces deux fonctions ne paralyse l'autre, alors oui, de Gaulle et la Ve République peuvent dissiper l'angoisse qui plane sur nous.

  • Pendant la dernière législature de la Quatrième République, le Centre national des indépendants et des paysans, par la voix de Roger Duchet, n'a cessé de réclamer la réforme de l'État, la défense de l'Algérie française, et la constitution d'un gouvernement de salut public. On trouvera, rassemblés ici, les éditoriaux de Roger Duchet dans « France indépendante », depuis les élections de janvier 1956, jusqu'au retour au pouvoir du Général de Gaulle. Tout au long d'une période de l'histoire contemporaine que les événements de Hongrie, l'affaire de Suez et l'aggravation du problème de l'Algérie, ont rendue dramatique, l'auteur n'a pas seulement lancé des cris d'alarme : il s'est attaché aussi à dégager les éléments d'une doctrine politique dynamique, réaliste, et adaptée à notre époque. La liberté de l'homme et l'autorité de l'État sont les fondements de la nation. Le progrès social est inséparable de la stabilité monétaire. Le jeu des partis ne doit, en aucun cas, trahir la volonté nationale. Au chevet de la Quatrième République, comme à la naissance de la Cinquième, voilà ce que pensent les indépendants, qui sont aujourd'hui une des plus puissantes forces politiques du pays.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Une négociation laborieusement technique vient d'aboutir à une grave crise politique. La solidarité des pays groupés dans la Communauté européenne, a paru un moment menacée, les relations franco-anglaises se sont tendues : l'avenir de la construction européenne était en jeu. Dans une telle affaire, il a paru qu'on pouvait utilement contribuer à dissiper les malentendus, par une présentation objective des buts poursuivis et des obstacles rencontrés dans l'association des pays membres de l'O.E.C.E. avec la Communauté des Six, et dans la voie particulière qui a été choisie, celle d'une zone de libre-échange. À l'échec, final ou provisoire, de la négociation, on peut assigner trois séries de causes. D'abord, la méthode de travail n'a fait place, à aucun moment, au dégagement d'une conception d'ensemble, ni à une élaboration coordonnée. Ensuite, il y avait moins de pensée que d'arrière-pensées et de graves divergences dans les positions économiques et dans les intentions politiques. Enfin, la conception même d'une zone de commerce libre, sans tarif douanier commun, et traitant l'agriculture à part, soulève des difficultés techniques, mais davantage encore des objections économiques. Au coeur du débat, surgissent deux éléments déterminants : les liens de la Grande-Bretagne avec le Commonwealth ; l'importance politique de la Communauté des Six et sa position, non seulement en Europe, mais dans l'ensemble du monde. Cette étude est présentée par les soins de l'É.P.I. (centre des Études Politiques Impartiales), dont l'objectif principal est de soumettre au public des rapports et des enquêtes, qui puissent lui permettre de se forger une opinion objective sur les problèmes politiques essentiels et de définir l'ordre d'urgence des questions qui se posent au pays.

  • Pour la première fois, un homme qui a consacré sa vie au marxisme, et versé son sang pour son Parti, qui a connu la prison et qui souffre l'exil, affronte, pour les dépasser, les grands thèmes de la crise du Communisme à notre époque. Il appelle cent mille hommes au combat pour la régénération. Sa voix, c'est la voix de la révolution, franche, pure, libre de tout compromis politicien. Une voix tragique aussi, porteuse d'une vérité humaine, d'une lucidité et d'une logique implacables.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • C'est le résultat de longues années d'études sur l'économie française contemporaine que nous livre Paul Combe dans cet ouvrage. Il porte un diagnostic sévère sur la décadence économique de la France depuis un demi-siècle, mais s'applique à rechercher avec beaucoup de logique et d'autorité les remèdes possibles à cette terrible crise d'inadaptation. Notre pays subit une menace insidieuse, d'autant plus grave que le danger n'est pas immédiat. Le monde qui nous entoure s'est voué à l'évangile du rendement et de l'efficacité, non seulement dans le domaine de la production matérielle mais aussi dans celui de la puissance politique. A cette métamorphose, il semble que la France soit restée insensible. Pourtant sa démographie est en plein essor, le redressement de son industrie fait l'admiration même des techniciens américains et le renouvellement de ses institutions politiques permet d'augurer une renaissance de la nation. Comment expliquer alors ce tragique décalage entre nos possibilités accrues et la longue imprévoyance de notre politique ? Quel bilan pouvons-nous dresser à l'heure de vérité, dans un univers en proie à la machine ? Que faire pour adapter notre pays aux nécessités de notre temps ? Ces vastes problèmes ont trop souvent été traités en fonction d'un préjugé politique. C'est au contraire en toute objectivité que Paul Combe les aborde ici. Il examine les grandes questions économiques contemporaines dont on a pris l'habitude de parler avec abondance mais superficiellement. Il est probable qu'aucune enquête aussi poussée sur le retard français n'a été faite au cours de notre génération.

  • Depuis juillet 1958, la Radiotélévision française a « usé » six directeurs, nommés en Conseil des ministres, et trois présidents. Le statut de juin 1964 organisant l'Office, s'est écroulé dans le fracas d'un scandale, celui de la publicité clandestine. En un mois (juin 1972), un projet de réforme de l'Office est bâclé : voté au pas de charge, il passe malgré l'opposition du Sénat, c'est la loi du 3 juillet 1972. Durant l'automne de la même année, un Colloque réunissait - à l'Université de Paris 1 - des hommes politiques, des journalistes, des spécialistes des communications de masse, et des universitaires. Son but : établir un débat autour des problèmes que pose - dans notre pays - la circulation des images, des sons et des signaux. Le Colloque d'octobre 1972 faisait pressentir la crise profonde du monopole de la Télévision française. Un an après, en octobre 1973, le Président-Directeur général de l'Office était destitué, le ministre de l'Information remplacé.

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