Jean Hatzfeld

  • Sur les collines de Nyamata, Jean Hatzfeld part cette fois à la recherche des très rares Hutus qui ont résisté à la folie génocidaire au péril de leur vie. Au Rwanda, on les appelle abarinzi w'igihango, les gardiens du pacte de sang, ou parfois les Justes. Mais vingt-cinq ans après, ils restent des personnages silencieux, entourés de méfiance ; parce que aux yeux des Hutus ils incarnent la trahison, ou leur renvoient l'image de ce qu'ils auraient pu être, tandis que les Tutsis portent sur eux d'irréductibles soupçons et le plus souvent refusent d'admettre qu'il y ait eu des Hutus méritants.
    Beaucoup de sauveteurs ont été abattus par les tueurs, sans laisser de trace. Certains de ceux qui ont survécu racontent ici leurs histoires extraordinaires. Chacun trouve les mots pour relater ce chaos dans une langue étrange, familière et nourrie de métaphores, reconnaissable entre toutes pour ceux qui ont lu les précédents livres de l'auteur.

  • Deux mètres dix

    Jean Hatzfeld

    'Troisième tentative, Tatyana se reprend. Elle sort à une vitesse folle de sa courbe d'élan, mais au lieu de taper le sol du talon pour générer l'impulsion, elle l'effleure de la pointe, elle se laisse emporter dans les airs. Sa main et son bras s'élèvent en arabesque, le dos se cambre en un demi-cercle d'une élégance merveilleuse. Complices, les jambes virevoltent. Elle chute à la verticale sur la nuque, souple, termine en galipette plus qu'en roulade. Elle entend les clameurs avant d'ouvrir les yeux.'

    En pleine guerre froide, quatre athlètes s'entraînent pour les Jeux olympiques. Les rivalités entre les Américains, Sue et Randy, et les Soviétiques, Tatyana et Chabdan, sont teintées d'admiration et d'incompréhension réciproques. Des années plus tard, ils se retrouvent et lèvent le voile sur cette époque aussi sombre que lumineuse, qui cabossa ses héros.

  • Élie : '... Au fond, un homme c'est comme un animal, tu le tranches sur la tête ou sur le cou, il s'abat de soi. Dans les premiers jours, celui qui avait abattu des poulets, et surtout des chèvres, se trouvait avantagé ; ça se comprend. Par la suite, tout le monde s'est accoutumé à cette nouvelle activité et a rattrapé son retard... Le boulot nous tirait les bras...
    ... Personne ne peut avouer l'entière vérité. Sauf à se damner aux yeux des autres. Et ça, c'est trop grave. Mais un petit nombre commencent à raconter des bouts terribles. C'est grand-chose... Les fauteurs savent plus que des souvenirs et des précisions élémentaires, ils ont des secrets dans l'âme...' Il a toujours semblé que les tueurs d'un génocide, trop dépassés par l'énormité de leurs actes, ne pouvaient que mentir ou se taire. Dans un pénitencier près de Nyamata, une bourgade rwandaise, l'auteur a rencontré un groupe de tueurs. Des copains, sans contact avec le monde extérieur et déjà condamnés. Au fil de mois de discussions, ils ont montré l'envie de raconter ce 'brouhaha' de l'extermination, de dire précisément l'indicible. Pour renouer avec nous ? Renouer avec les braves cultivateurs ou instituteurs qu'ils avaient été ? Au plus près du mal absolu, le génocide, qu'il soit juif, gitan ou tutsi, leurs récits et les réflexions de l'auteur apportent autant de questions que de réponses.

  • Un papa de sang

    Jean Hatzfeld

    "Je ne sais pas si je pourrais tomber amoureuse d'un garçon hutu. À Nyamata, zéro risque, on se connaît tous. Si je découvrais mon amoureux hutu, je me verrais bousculée. Mais je pense que je pourrais bien ne pas l'abandonner. Comment le savoir ?"

    Jean Hatzfeld revient sur les collines de Nyamata, au bord de ses marais, vingt ans après le génocide. Il donne la parole ici non plus aux tueurs et aux rescapés dont les récits peuplaient ses précédents livres, mais à leurs enfants. Ils n'ont pas connu les machettes, mais ont grandi dans leur souvenir. Ils s'appellent Idelphonse, Fabiola, Immaculée, Fabrice, sont lycéens, couturiers ou agriculteurs. Ils partagent le génocide en héritage, mais pas du tout la même histoire familiale.

    Ils dansent ensemble, fréquentent les mêmes cafés internet mais ne parviennent jamais à parler des fantômes qui ont hanté leur enfance.

    Prix Mémoire Albert-Cohen 2016

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    Je me suis mis à crier, très fâché : " tu n'avais pas pensé que tu pouvais ne pas nous tuer ? " il répondit : " non, à force de tuer, on avait oublié de vous considérer. " maintenant, je pense que ce hutu ne couvait pas la férocité dans le coeur. on fuyait sans répit au moindre bruit, on fouinait la terre à plat ventre en quête de manioc, on était bouffé de poux, on mourait coupé à la machette comme des chèvres au marché.
    On ressemblait à des animaux, puisqu'on ressemblait plus aux humains qu'on était auparavant, et eux, ils avaient pris l'habitude de nous voir comme des animaux. ils avaient enlevé l'humanité aux tutsis pour les tuer plus à l'aise, mais ils étaient devenus pires que des animaux de la brousse, parce qu'ils ne savaient plus pourquoi ils tuaient. un interhamwe, quand il attrapait une tutsie enceinte, il commençait par lui percer le ventre à l'aide d'une lame.
    Même la hyène tachetée n'imagine pas ce genre d vice avec ses canines.

  • Jean Hatzfeld poursuit la chronique hypnotique du génocide tutsi dans la bourgade de Nyamata, au Rwanda. Il donne la parole à Englebert Munyambonwa, un personnage fantasque, rescapé des brousses, grand marcheur aussi érudit qu'alcoolique, qui arpente du matin au soir la grande rue. Le récit, dans une langue étonnamment métaphorique et poétique, d'un homme accompagné de ses fantômes dans un vagabondage sans fin, parce que, dit-il : "C'est ainsi désormais que je m'entends avec les gens et avec moi-même."

  • Un matin brûlant de mai 2003, une file de prisonniers franchit les portes du pénitencier de Rilima, en chantant des alléluias. Ces anciens tueurs rwandais viennent d'être libérés, à la surprise de tous, notamment des rescapés qui les regardent s'installer à nouveau sur leurs parcelles, à Nyamata et sur les collines de Kibungo ou Kanzenze.Que peuvent désormais se dire Pio et Eugénie, le chasseur et le gibier à l'époque des tueries dans la forêt de Kayumba, lorsqu'ils se croisent sur le chemin ? Comment Berthe et le vieil Ignace peuvent-ils se parler au marché puisque toute vérité est trop risquante ? Quels sont les maléfices qui les frappent ? De quelle façon partager Dieu, la Primus, la justice, l'équipe de foot ? Et revivre avec la mort et les morts ? Que ramène-t-on de là-bas ?« Moi aussi je me sens menacée de marcher derrière la destinée qui m'était proposée... De quoi ? Je ne sais le dire. Une personne, si son esprit a acquiescé à sa fin, si elle s'est vue ne plus survivre à une étape, si elle s'est regardée vide en son for intérieur, elle ne l'oublie pas. Au fond, si son âme l'a abandonné un petit moment, c'est très délicat pour elle de retrouver une existence. »Ce livre suit Dans le nu de la vie. Récits des marais rwandais et Une saison de machettes.

  • Où en est la nuit

    Jean Hatzfeld

    Dans une oasis du désert d'Ogaden secouée par la guerre, à la frontière entre l'Éthiopie et la Somalie, Frédéric, journaliste, rencontre dans une tranchée un champion de marathon qu'il avait vu triompher dans le stade olympique de Pékin, à l'issue d'un dernier tour époustouflant. Double médaille d'or, coureur un peu mystique, Ayanleh Makeda est digne de la légende des hauts plateaux. Mais pourquoi a-t-il été déchu? Quittant le front, Frédéric tente de comprendre. Sa curiosité le mène sur les terres d'Abebe Bikila, où il rencontre un prêtre entraîneur, puis dans les bars d'Addis-Abeba à la recherche de Tirunesh, la brillante épouse du champion, puis à Paris, à Karlovy Vary et enfin, de retour dans le Sud, vers un autre désert, à Jijiga. La très contemporaine odyssée d'Ayanleh Makeda traverse deux mondes qui se mêlent sans se comprendre, menaçant, telle une malédiction, celui qui s'y laisse entraîner.

  • Au printemps 1992, les Serbes encerclent Sarajevo. Vahidin et Marija, deux athltes de l'quipe de tir yougoslave, s'entranent en prvision des jeux Olympiques de Barcelone. Tous deux sont bosniaques, et amants ; lui est musulman, elle est serbe. Ils vivent Ilidza, une banlieue de Sarajevo, sans s'tre jamais soucis de leurs origines. Pourtant, ils vont tre brutalement spars par le sige, puis au fil des mois enrls dans des camps opposs en raison de leurs exceptionnels dons pour le tir. Jean Hatzfeld reconstitue l'atmosphre de Sarajevo sous les bombardements, le basculement des mentalits, il pntre dans l'univers des tireurs d'lite, il dcrit leurs techniques, leur adaptation la topographie urbaine. Mais c'est avec les armes du romancier qu'il nous permet de vivre une tragdie contemporaine, travers la maldiction qui frappe deux amoureux pris malgr eux dans l'engrenage guerrier.

  • Frédéric, grand reporter, revient à Paris après un long séjour en Tchétchénie où il a vu toutes les horreurs de la guerre. Il retrouve Emese, sa jeune compagne, les plaisirs de la vie quotidienne, les amis, les cafés... Il pense fonder une famille, mais peu à peu, le doute s'installe en lui. Est-ce vraiment là sa place ? Peut-il tout oublier et ne jamais repartir ?

  • In two acclaimed previous works, the noted French journalist Jean Hatzfeld offered a profound, harrowing witness to the unimaginable pain and horror in the mass killings of one group of people by another in Rwanda. Now, in The Strategy of Antelopes, he talks with both the Hutus and Tutsis he'd come to know - some of the killers who had been released from prison or returned from Congolese exile, and the Tutsi escapees who must now tolerate them as neighbours. How are they managing with the process of reconciliation? In their hearts is it possible? The enormously varied and always surprising answers he gets suggest that the political ramifications of the international community's efforts to insist on resolution after these murderous episodes are incalculable. This is an astonishing exploration of the pain of memory, the nature of hope, and the ineradicability of grief.

  • S'il est un spectre qui hante l'Europe des XIXe et XXe siècles, c'est bien celui de la classe ouvrière. En témoignent les innombrables enquêtes qui lui sont consacrées : elles disent combien la " question sociale ", telle qu'elle s'invente avec l'industrialisation, est d'abord une inquiétude sur la condition ouvrière et son évolution. Ces mondes ouvriers, si prompts aux soulèvements, constituent une énigme que de multiples enquêtes visent à résoudre, le plus souvent pour conjurer une menace.
    Ce livre propose un voyage étonnant à ses lecteurs en les conduisant, par les yeux des enquêteurs, dans les taudis de Manchester, les cités minières du Borinage ou les usines Mirafiori de Turin. Il éclaire d'un jour nouveau des figures illustres des sciences sociales : Frédéric Le Play, Max Weber ou Maurice Halbwachs ; mais il les fait aussi voisiner avec des artistes (Zola et les écrivains naturalistes, les cinéastes autour de Chris Marker) et avec des collectifs soudés par un engagement - féministes, jocistes ou révolutionnaires.
    En explorant ce qui mêla indissociablement pratiques scientifiques et passions politiques, l'ouvrage offre une contribution originale à une histoire transnationale de l'Europe contemporaine.

  • On pense que les légitimités concernent les hommes et les situations de pouvoir ou de compétences. Poutant, de plus en plus souvent, il est question de légitimité à propos de personnes ou de faits ordinaires : qu'il s'agisse d'éducation, de procréation assistée, de luttes, d'expressions artistiques, que ce soit pour revendiquer ou dénier une légitimité. Poser la question « au nom de quoi ? », c'est interroger les fondements des légitimités électives et révéler les mutations du rapport au politique.

  • Yakoub Conan, fils de la nation biélorusse, est son héros inconnu et sa victime anonyme. Son ultime et unique survivant, dont voici l'histoire. Aujourd'hui, Yakoub, vieillard lucide au regard pétillant et parfois enfantin connaît l'essentiel de l'existence. L'essentiel de l'existence ? A travers les livres qui ont marqué son parcours et le récit de Yakoub, le dernier Biélorusse, l'auteur tente tout pour entrevoir la réponse.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Rien de moins romanesque que la vie d'un pasteur dans sa paroisse. Il y a la terre et ses saisons. Il y a la pluie, il y a le soleil. Il y a surtout des hommes et des femmes avec leurs travaux et leurs habitudes, leurs secrets et leurs histoires. Parmi eux le pasteur prêche chaque dimanche, visite les familles, instruit les enfants et préside les cérémonies religieuses qui ponctuent la vie, du berceau à la tombe. Cela implique beaucoup de soucis, beaucoup de tasses de café bues dans toutes les fermes et beaucoup de randonnées à bicyclette. Mais le pasteur de Lignie n'est pas seul dans ces courses. Est-ce Dieu qui l'accompagne ? Peut-être - mais sous la forme paradoxale d'une question lancinante : ce que je fais conserve-t-il un sens ? Notre religion est-elle encore le vase où l'Évangile est contenu ? Ou bien l'Église n'est-elle plus qu'une ruine qu'ont désertée tout à la fois l'Esprit et les hommes vivants ? Et chaque épisode de la vie paroissiale renouvelle la même inquiétude... Le pasteur de Lignie trouvera-t-il son chemin ? Sa paroisse lui deviendra-t-elle hostile ? Au milieu des contradictions et des souffrances, l'homme cherche à tâtons sa route. Ce livre est une question posée aux chrétiens d'aujourd'hui. Il faudrait cependant demander aux lecteurs catholiques de bien vouloir ne pas juger le protestantisme français d'après un pasteur si peu typique. Il faudrait aussi assurer aux lecteurs protestants que les personnages de ce livre sont imaginaires. Je donne ce double avertissement en pensant à une paroisse véritable, inoubliable pour moi, et que je ne voudrais pour rien au monde voir confondre avec celle de Lignie, dont ce livre parle mais qu'aucune carte, aucun registre ne mentionnent. Quant au reste... Force est de laisser ces pages courir leur chance comme on laisse aller dans la vie un enfant chétif et mal doué. Les coups qu'il recevra et qu'on prévoit d'avance, comment les lui épargner, puisqu'il vit ?

  • In this greatly reworked second edition of Engineering Haptic Devices the psychophysic content has been thoroughly revised and updated. Chapters on haptic interaction, system structures and design methodology were rewritten from scratch to include further basic principles and recent findings. New chapters on the evaluation of haptic systems and the design of three exemplary haptic systems from science and industry have been added.This book was written for students and engineers that are faced with the development of a task-specific haptic system. It is a reference book for the basics of haptic interaction and existing haptic systems and methods as well as an excellent source of information for technical questions arising in the design process of systems and components.Divided into two parts, part 1 contains typical application areas of haptic systems and a thorough analysis of haptics as an interaction modality. The role of the user in the design of haptic systems is discussed and relevant design and development stages are outlined. Part II presents all relevant problems in the design of haptic systems including general system and control structures, kinematic structures, actuator principles and sensors for force and kinematic measures. Further chapters examine interfaces and software development for virtual reality simulations.

  • Retrouvez dans ce dossier les premiers chapitres des titres de la rentrée littéraire 2013 des éditions Gallimard :

    Nelly Alard (Moments d'un couple) ; Laura Alcoba (Le bleu des abeilles) ; Thomas Clerc (Intérieur) ; David di Nota (Ta femme me trompe) ; Tristan Garcia (Faber) ; Yannick Haenel (Les renards pâles) ; Jean Hatzfeld (Robert Mitchum ne revient pas) ; Pierre Jourde (La première pierre) ; Antonia Kerr (Le désamour) ; Patrick Laurent (Comme Baptiste) ; Rosa Liksom (Compartiment N°6) ; Javier Marias (Comme les amours) ; Etienne de Montéty (La route du salut) ; Alix Ohlin (Inside) ; Christophe Ono-dit-Biot (Plonger) ; Pierre Péju (L'état du ciel) ; Maria Pourchet (Rome en un jour) ; François Sureau (Le chemin des morts) ; Frédéric Verger (Arden).

    Vous pouvez accéder directement à chaque extrait par la table des matières de ce dossier ou lire les extraits à la suite. Retrouvez aussi photographie et biographie des auteurs. Tous ces livres numériques seront disponibles entre le 22 août et le 12 septembre chez votre libraire.

  • Ville et emploi : deux termes auxquels, médiatiquement, on accole volontiers deux petites bombes. Représentations réductrices, détournées certes, mais questions porteuses d'une idée juste : là se jouent les relations des hommes dans les années qui viennent. S'il est bien sûr admis que ces questions sont liées et même solidaires, leur articulation dynamique est rarement explorée en tant que telle et dans une perspective de recherche de solution. En quoi la gestation de la ville permet-elle de comprendre les turbulences actuelles de l'emploi ? En quoi la tension portant sur l'emploi explique-t-elle certaines transformations de la ville ? Si ce livre tente d'éclairer ces questions, c'est qu'il a semblé aux auteurs, comme sans doute aux commanditaires de ce travail de recherche, que les réponses apportées peuvent ouvrir des pistes pour réfléchir, et pour agir, tant sur le devenir des villes que sur la crise actuelle du travail. Ce livre ne prétend bien sûr pas apporter des réponses définitives mais il contribue à les construire, à partir d'une réflexion théorique et d'une enquête de terrain menée à Paris Xe, Montreuil-sous-Bois et Aulnay-sous-Bois. Une analyse surprenante de la créativité de certains espaces dits marginaux.

  • Cet essai d'anthropologie religieuse reprend autrement la nature de la religion, abordée naguère par E. Durkheim. Pour l'auteur, la religion est l'oeuvre nécessaire par laquelle les sociétés, grâce à la tradition et au rituel, inventent, découvrent, élaborent et conservent les valeurs.

  • Les lascars

    Marc Hatzfeld

    On trouve de tout dans la transgression juvénile, des actes flamboyants et des gestes minables, des audaces généreuses et des crapuleries sordides.
    Non seulement la question n´est pas récente mais, dès lors qu´on la regarde sur le temps long, elle est fondatrice : la « faute » d´Ève et Adam, la fougue assassine de Roméo ou le mensonge effronté d´Antoine Doinel dans les Quatre Cents Coups sont autant d´actes qui émancipent.
    Le discours sur la « montée de la délinquance des jeunes » ou sur les « incivilités » apparaît comme un vaste malentendu, un dialogue de sourds conditionné par la peur des uns et l´avenir bloqué des autres.
    Les solutions sécuritaires font figure de déni de reconnaissance de la jeunesse elle-même.
    Tandis qu´entre policiers, philosophes, psychiatres, juges, parents, éducateurs, le débat s´embourbe, l´apport majeur de ce livre est de changer de cadre, de changer d´échelle.

    Son écriture ciselée invite chacun à ouvrir ses oreilles pour entendre ce que nous disent ces jeunes rebelles. Ce livre fait grandir.

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