Langue française

  • « L'histoire que l'on écrit est toujours fécondée par le présent. Le projet de ce livre a pris forme à la fin des années 1990, dans un moment de grande morosité collective. Comme je ne voulais pas ajouter ma voix au concert des cyniques, et que je suis allergique à la fuite en avant des marchands de rêves, j'ai cherché dans notre histoire une autre génération confrontée à des défis semblables aux nôtres [...]. Par delà le siècle et demi qui nous sépare de la génération des réformistes, j'ai eu l'impression de retrouver des incertitudes similaires face à l'avenir. Les uns comme les autres vivent les lendemains troubles de grandes espérances. Le temps des réformistes n'est ni celui des mythes fondateurs, ni celui des Grands Soirs. C'est un temps désenchanté, morose même; un temps de prudence, non d'élans prophétiques. En allant vers les réformistes, mon but n'était pas de réhabiliter des personnages « illustres » ou de dénicher un programme d'action pour l'avenir [...]. J'ai plutôt voulu comprendre les questions qu'ils s'étaient posées et les réponses qu'ils avaient fournies, et voir comment, par la pensée et par l'action, ils avaient conjuré les angoisses d'un présent incertain. »

  • Durant les décennies qui ont suivi l'échec du mouvement patriote, aucun chef canadien-français ne s'est levé un matin pour annoncer les débuts de « l'hiver de la survivance », selon l'expression de Fernand Dumont. Malgré les villages brûlés et l'exil des principaux dirigeants du parti Patriote, malgré les procès truqués et les pendaisons injustifiées, la vie quotidienne de ce peuple de plus de 600 000 âmes reprenait son cours.

    Ce n'est que beaucoup plus tard que les historiens auront recours au concept de survivance pour résumer plus d'un siècle d'histoire. Or, si pour Lionel Groulx la survivance était en tout point admirable,
    car elle témoignait d'une volonté tenace de durer, certains penseurs issus de la Révolution tranquille reprendront le concept dans le but de déprécier les acteurs et les intellectuels canadiens-français du XIXe siècle.

    Mais cette survivance, de quoi est-elle faite ? Comment se manifeste-t-elle concrètement ?

    Dans cet essai, qu'on peut lire comme une suite des « Réformistes » (Boréal, 2009), Éric Bédard amorce un dialogue avec notre passé. En faisant preuve d'empathie pour toute une génération de Canadiens français qui s'est retrouvée plongée dans l'action, aux prises avec un contexte particulièrement difficile, il souligne ici le rôle de l'histoire, notamment de l'histoire politique. Les expériences vécues par nos devanciers ne peuvent-elles pas nourrir nos réflexions sur le présent et nous rendre plus lucides lorsqu'on cherche à entrevoir l'avenir ?

  • Grasp the unique history of Quebec? Easy. Packing in equal parts fun and facts, History of Quebec For Dummies is an engaging and entertaining guide to the history of Canada's second-largest province, covering the conflicts, cultures, ideas, politics, and social changes that have shaped Quebec as we know it today. "My country isn't a country, it is winter!" sings the poet Gilles Vigneault . . . Indeed, Quebec is winter, snow, cold, and freezing winds. It is also the majestic river Saint-Laurent and its numerous confluences across America. It is vast, dense forests, countless lakes, magnificent landscapes of Saguenay, Charlevoix, Côte-Nord, or Gaspésie. Quebec is also the "old capital" perched on the Cape Diamond facing the sea. It is Montreal, the first French city of North America, the creative and innovative metropolis, junction for different cultures and heart of a nation yearning to belong to the world's history. History of Quebec For Dummies tells Quebec's fascinating story from the early fifteen hundreds to the present, highlighting the culture, language, and traditions of Canada's second-largest province. Serves as the ideal starting place to learn about Quebec Covers the latest, up-to-the-minute findings in historical research Explores the conflicts, cultures, ideas, politics, and social changes in Quebec Lifelong learners and history buffs looking for a fun-yet-factual introduction to the grand scope of Quebec history will find everything they need in History of Quebec For Dummies.

  • Les Québécois n'aiment guère leur passé, du moins celui d'avant 1960. Dans les débats publics, toute évocation un peu aimable du Québec d'auparavant est rapidement suspecte de sympathie envers la " Grande Noirceur ". Or, c'est moins un retour aux sources que la possibilité d'un recours aux sources qui fait cruellement défaut à la société québécoise, selon Eric Bédard. Les débats, les doutes et les erreurs des devanciers devraient pouvoir éclairer davantage le présent et l'avenir. En onze études brèves portant sur la culture et la politique québécoises au XXe siècle, l'auteur montre que le glorieux récit de la Révolution tranquille, largement fondé sur le rejet du passé, masque des réalités historiques paradoxales. Il découvre des thèmes religieux dans la pensée felquiste, par exemple, et du socioconstructivisme chez un pédagogue jésuite des années 60. Pendant qu'au Canada anglais le trudeauisme débouchait en fin de compte sur un patriotisme sentimental, au Québec les indépendantistes vidaient peu à peu leur projet de son contenu national...

  • Ce qui frappe le public et les observateurs de la scène politique durant les événements d'Octobre 1970, c'est le jeune âge des personnes arrêtées. Dans Chronique d'une insurrection appréhendée, Éric Bédard examine la place de la jeunesse dans le discours et la pensée felquiste des années 1960, mais aussi la perception qu'en avaient les autorités. Il montre qu'en octobre 1970 la jeunesse étudiante et politisée milite dans une myriade de groupuscules et qu'elle arrive difficilement à se mobiliser. La peur qu'inspire la jeunesse, deux ans après Mai 68 et quelques mois après les émeutes de la Kent University aux États-Unis, explique en partie le recours à la Loi sur les mesures de guerre. Un document inédit et longuement recherché montre que les arrestations qui suivent l'adoption de la loi d'exception ont toutes les allures d'une rafle de jeunes.

    Historien et professeur à l'Université TÉLUQ, Éric Bédard est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'histoire du Québec. Depuis 2015, il anime la série Figures marquantes de notre histoire diffusée sur MAtv.

  • CERTAINS ÉVÉNEMENTS PONCTUENT l'histoire des peuples. La crise d'Octobre, qui a secoué le Québec en 1970, fait partie de ces événements qui marquent profondément une société. Ceux et celles qui l'ont vécue de près sont encore sous le choc. Ils évitent souvent d'en parler de peur de voir resurgir de vieux démons que l'on préfère oublier. Les plus jeunes, nombreux à avoir visionné le film Octobre, sont fascinés : ils cherchent à comprendre cette crise dont plusieurs aspects sont demeurés dans l'ombre.L'auteur de cet ouvrage s'est penché sur le milieu universitaire afin de comprendre pourquoi la classe politique percevait les campus de Montréal comme de véritables poudrières à l'automne 1970." Éric Bédard rappelle avec justesse le climat qui régnait dans la communauté étudiante de l'époque. Pour qu'on se souvienne ! " Jean-François CRÉPEAU, Le Canada français.

  • Le 5 juin 1966, l'Union nationale est reportée au pouvoir. Pour les libéraux de Jean Lesage, la défaite est amère. Plusieurs croient que l'élan de la Révolution tranquille risque de se briser sur le récif d'un conservatisme rétrograde. Parmi ceux qui broient du noir durant l'été 1966, le fougueux René Lévesque, 43 ans, réélu député de Laurier. La défaite de son parti le prend de court. Malgré des réalisations importantes en tant que ministre des Ressources naturelles et de la Famille et du Bien-être social, il a l'impression de laisser de grandes réformes en plan. Il y avait encore tant à faire pour mettre fin à l'infériorité économique des Canadiens français, assurer à chacun un minimum vital, offrir à tous des chances égales!

    Pour les révolutionnaires tranquilles, cette défaite force la réflexion. Les années 1960 sont marquées par une sorte de révolution culturelle. Les guerres de décolonisation, la colère des Afro-Américains, les révoltes estudiantines, Vatican II, la critique radicale de la famille et de l'école traditionnelles, tout concourait à l'éclipse des repères anciens. René Lévesque allait être un témoin et un acteur privilégié de ces transformations. Le 11 septembre 1966, il publie sa première chronique. Pour ce communicateur d'expérience, c'est une nouvelle aventure qui commence. Elle se poursuivra presque sans interruption pendant dix ans. Dans ce premier tome, sont reproduites ses chroniques du Dimanche-Matin et du Clairon de Saint-Hyacinthe. Ces textes des années 1966 à 1970 sont présentés avec le souci scrupuleux de respecter leur état d'origine. De nombreuses notes de bas de page visent à éclairer des personnalités, des événements, des allusions.

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